Sermon 4ème dimanche de Pâques

Le 4° dimanche de Pâques, qu’on appelle le dimanche du bon pasteur, est celui de la journée mondiale de prière pour les vocations. Et le thème de cette année retenue par le pape François est « l’Eglise mère des vocations ». Je vous cite le début de son message : « Chers frères et sœurs, comme je voudrais, au cours du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, que tous les baptisés puissent expérimenter la joie d’appartenir à l’Église ! Puissent-ils redécouvrir que la vocation chrétienne, ainsi que les vocations particulières, naissent au sein du peuple de Dieu et sont des dons de la miséricorde divine.»

En ce jour donc, le pape François invite chaque baptisé à faire de sa vie une œuvre de joie et une source de miséricorde pour les autres. L’image qui nous est proposée par l‘évangile et les autres lectures de ce dimanche est celle du bon pasteur, terme présent dans le verset de l’alléluia. Voyons ensemble ce que signifie être un bon pasteur. Pour cela, laissons le Seigneur nous instruire: je suis, le bon Pasteur, dit le Seigneur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent.  Je leur donne la vie éternelle…

Le bon pasteur est celui qui connaît toutes les brebis. Connaître toutes les brebis, c’est vouloir les rencontrer toutes et s’intéresser vraiment à elles : quelles sont leurs conditions de vie, partager leurs joies, leurs peines, leurs espérances ; entendre leurs doutes, leurs questions, et leurs peurs pour les rassurer. Connaître exige du bon pasteur de prendre son temps au milieu de son peuple et aussi de porter dans son cœur et devant le Père le souci de chacune des brebis.

Si cela doit être au cœur de la vie des prêtres (donner des exemples) il doit l’être aussi dans la vie des consacrés et des fidèles : connaissez-vous les personnes présentes ici à la messe ? Savez-vous prendre le temps pour faire connaissance et accueillir les personnes nouvellement installées dans la paroisse ? (donner des exemples).

Le bon pasteur est celui que les brebis écoutent. Or si elles écoutent le pasteur, c’est qu’elles reconnaissent sa voix, qui leur est familière, elles en saisissent les intonations, les variations. Le bon pasteur est donc dans une relation de dialogue, de confiance avec ses brebis. Elles savent ses paroles réconfortantes, apaisantes, stimulantes, aimantes parfois aussi exigeantes et nourrissantes. Elles ont envie de suivre ce pasteur-là !

Si cela doit être au cœur de la vie des prêtres (donner des exemples) il doit l’être aussi dans la vie des consacrés et des fidèles : prenez-vous le temps de vous former pour aider les autres, pour les écouter et les faire grandir dans la foi et dans l’Eglise ? (donner des exemples).

Enfin le bon pasteur donne la vie éternelle à ses brebis. Comme le rappelle st Jean dans l’apocalypse : Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, ni le soleil ni la chaleur ne les accablera,  puisque l’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie. La source vive vers laquelle les brebis sont menées par le bon pasteur est la vie même du bon pasteur : c’est lui-même qui devient la source désaltérante, le pain nourrissant, le souffle rafraîchissant pour les brebis du troupeau. Le bon pasteur nous mène à Dieu, nous donne Dieu, nous introduit à la vie éternelle auprès de Dieu.

Si cela doit être au cœur de la vie des prêtres (donner des exemples) il doit l’être aussi dans la vie des consacrés et des fidèles : vivez-vous, comme le rappelle le Concile Vatican II, l’Eucharistie comme la source et le sommet de votre vie chrétienne? Prenez-vous le temps de vous nourrir suffisamment de l’Eucharistie (par la communion, la prière, l’adoration, etc..) pour devenir le bon pain de Dieu dans ce monde ?

Il y a urgence à ce que les baptisés vivent leur vocation chrétienne à l’image du bon pasteur : en développant la vie communautaire dans l’accueil et l’écoute des autres et la célébration joyeuse des sacrements. Alors ensemble, en Eglise nous répondrons au commandement du Seigneur que Paul rappel à Barnabé dans la première lecture : J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre.

Alors en cette journée de prière pour les vocations, prions les uns pour les autres, afin qu’en Eglise nous ayons souci d’être chacun à notre place de bons pasteurs autant les uns pour les autres que pour ceux qui ignorent encore le Christ.

Amen

Père Arnaud Brelot