Homélie 10° dimanche Temps Ordinaire.

Certaines rphoto jésus veuve naïmencontres, bonnes autant que mauvaises, laissent des traces dans nos vies. Les personnes, dont le chemin a croisé le nôtre, sont inscrites dans nos mémoires et dans nos cœurs. Et nos bouches, durant toute notre vie, chantent leurs louanges ou déversent, à leur propos, un flot de rancœur et de haine parfois. Le mal le plus immonde côtoie les plus grandes grâces. C’est exactement ce genre de situations qui nous sont relatées ce dimanche dans la liturgie de la Parole :

1/ des situations de morts dans toute vie: Le prophète Elie, accueilli par une veuve, va vivre avec elle la mort de son fils unique. Jésus croise le chemin de la mort odieuse d’un fils arraché à l’amour de sa mère ! Paul est une juif zélé qui persécute jusqu’à les tuer les membres de l’Eglise naissante.

Ce premier point exige de nous-mêmes une première interrogation : quelles sont les situations de mort dans ma propre vie : peut-être n’ai-je plus d’amour pour les autres, pour mon mari, pour ma femme, peut-être suis-je médisant, critique ou bien dis-je du mal, peut être que ma foi faiblit, que mon espérance d’un monde meilleur disparaît, que je ne trouve plus de sens à ma vie, etc.

2/ Quand la vie l’emporte sur la mort : chaque fois que le Dieu de la Vie rencontre une situation de mort, la puissance de son amour relève et rend la vie à ceux qui sont dans la peine. Ainsi, le Seigneur, à la prière dElie, rend la vie au fils défunt de la veuve qui l’accueillait chez elle ; Jésus, saisi de compassion, par la peine d’une mère, touchant le corps de son fils défunt, lui rend la vie; enfin, Paul découvre que Dieu le Père a trouvé bon  de révéler en moi son Fils, faisant de lui non plus un serviteur de la mort mais un apôtre de la vie.

Ce deuxième point vaut aussi pour nous. Alors que moi aussi je vais rencontrer le Christ ressuscité lors de la communion, alors que le chemin de la vie divine va croiser le mien, suis-je prêt à accueillir la puissance de vie de Jésus dans ma vie, là où je laisse la mort gagner du terrain ? Ai-je vraiment envie de vivre à nouveau et pleinement de la vie de Dieu ?

3/ la vie nouvelle que Dieu donne est pour les autres : Remarquons ensuite que la vie rendue par la puissance de Dieu est une vie qui devient, en quelque sorte, pour les autres. Ainsi a-t-on entendu dans le premier livre des rois qu’Élie prit alors l’enfant, de sa chambre il le descendit dans la maison, le remit à sa mère et dit,  » Regarde, ton fils est vivant ! ». Dans l’Evangile on nous relate que le mort se redressa et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. Enfin, Paul, serviteur de la vie, devient l’apôtre qui annonce la victoire de Jésus, le maître de la vie, parmi les nations païennes. Quand nous sommes comblés de la vie divine nous ne pouvons pas garder cela pour nous, car nous sommes alors institués comme source de vie pour les autres. Imaginez la joie de nos deux veuves de retrouver la chair de leur chair, et écouter un peu de qu’à vécu st Paul après sa rencontre avec le Seigneur : Aussitôt, sans prendre l’avis de personne, …je suis parti pour l’Arabie. La joie de sa vie nouvelle propulse Paul sur les routes du monde. C’est d’ailleurs grâce à lui, et à son zèle, que nous sommes ici ce matin !

Et pour nous, qu’allons-nous faire des fruits de notre rencontre avec le Seigneur dans le pain consacré ? Allons accepter d’être le bon pain de Dieu pour les autres ou alors, rentrant tranquillement chez nous, nous allons nous laisser rassir jusqu’à dimanche prochain, laissant perdre le précieux trésor que Dieu nous donne en son Fils ?

4/ enfin cette victoire du Christ sur toutes nos morts, provoque des chants d’allégresse et des actes de foi en Dieu et en ces envoyés. Ainsi la veuve de la 1ière lecture reconnait Elie comme un homme de Dieu, dans la bouche duquel la parole du Seigneur est véridique. Dans le psaume, le roi David remonté de l’abîme par Dieu, nous informe que son cœur est en fête pour Dieu et il invite les foules à la joie en disant : Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles, rendez grâce en rappelant son nom très saint. Dans l’Evangile enfin après le miracle de Jésus, la foule présente rendait gloire à Dieu  en disant :  » Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple ».

Et moi, est-ce que je me moque assez du qu’en dira-t-on et de l’image que je donne pour laisser éclater ma joie d’être au Christ ? Le salut qu’il me donne, est-ce que je le laisse transparaître à travers mes gestes, mon comportement, mes paroles ? Suis-je dans la vie de tous les jours, vie, joie et salut pour les autres ?

Puisse donc le Seigneur de la vie, en ce matin où nous célébrons sa victoire sur la mort, guérir en nous, par son corps offert en nourriture, toutes les actes et pensées mortifères de nos vies pour que nous soyons pour le monde de vrais vivants, exultant de joie et renouvelant à la face du monde notre foi en Lui. Amen