Homélie du 12° dimanche ordinaire C

pour vous qui suis-jeLes textes de ce dimanche peuvent se répartir en 3 lots : la lettre de st Paul et la première partie de l’évangile d’abord, ensuite la première lecture et la deuxième partie de l’évangile, enfin comme une synthèse la dernière partie de l’évangile.

1/ la lettre de st Paul et la première partie de l’évangile : dans l’évangile Jésus demande à ses disciples, donc à nous ce matin, de répondre à la question pour vous qui suis-je ? Chacun de nous pourrait donner sa réponse, pourtant notre présence commune dans cette chapelle tend à confirmer qu’ensemble, avec st Pierre nous pourrions dire à Jésus tu es le Christ, le Messie de Dieu. En effet, si nous sommes venus ce matin, c’est parce que nous croyons que Jésus est bien Dieu venu visiter les hommes, Dieu venu nous unir tous en un peuple fraternel où chacun jouit dans le regard de l’autre de la même gloire et de la même dignité. Comme le rappelle st Paul dans sa lettre aux galates : vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ … tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus.

La réponse de st Pierre et l’affirmation de st Paul nous découvrent notre avenir : la vie éternelle dans la communion fraternelle. Reste à savoir si c’est bien cela qui guide notre vie. Agissons-nous toujours comme des enfants de Dieu appelés à vivre dans le royaume de notre Père aux cieux ? Regardons-nous chaque personne, et plus encore chaque baptisé, comme un frère ou une sœur qui a la même dignité que moi, qui est comme moi héritier des promesses de la vie éternelle ?

2/ la première lecture et la deuxième partie de l’évangile.

Ces deux textes sont bien plus âpres et plus difficiles à aborder car ils concernent la souffrance et la mort. Tous ici que l’on soit patient, soignant ou visiteur nous sommes confrontés à la douleur, à la souffrance qu’elle génère et à la mort. Et chacun de nous ici encore appréhende la souffrance et la mort d’une manière très variée. Selon que vous la vivez en votre chair, que vous la soigniez ou l’accompagniez, vous n’aurez pas les mêmes paroles quant à la souffrance et la mort, vous ne leur donnerez pas la même signification. Pourtant, même si les discours divergent, permettez-moi ce matin de redire ce qu’en dit le Seigneur, comment il l’a vécu.

D’abord la première lecture nous invite à porter nos yeux sur la personne qui souffre, à ne pas détourner notre regard : Ils regarderont vers moi. Comment ne pas voir ici comme une annonce des hommes qui lèveront leurs yeux vers le Christ en croix ! Ensuite le Seigneur appelle à avoir de la compassion : Celui qu’ils ont transpercé, ils feront une lamentation sur lui …ils pleureront sur lui amèrement … Savons-nous encore nous émouvoir des épreuves des autres, les rejoindre pour être la présence silencieuse mais sincère de celui qui compatît à leur souffrance.

Ensuite Jésus dans l’évangile nous rappelle qu’Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup. Par cette parole Jésus nous redit qu’il est pleinement homme et qu’en tant que tel il passera aussi par les affres de la mort. Mais ce n’est pas l’intensité de la douleur que la croix inflige à Jésus qui nous sauve, mais sa souffrance, c’est-à-dire sa manière de vivre sa croix jusqu’à la mort : il offre à son Père le mépris des hommes, le poids de leurs péchés, leurs manques de reconnaissance. Il offre sa vie sachant que beaucoup ne comprendront pas son sacrifice, n’accueilleront pas le salut et la guérison qu’il permet.

porter sa croix

3/ la dernière partie de l’évangile est comme la jonction des 2 précédentes : Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. La souffrance a été ; est ou sera un jour le lot de chacun de nous, elle n’est pas à nier mais à regarder en face, car elle fait partie de notre humanité. Elle jalonne la vie de tout disciple qui se laisse guider par Jésus vers la vie éternelle. Mais Jésus nous affirme surtout qu’il pourra désormais rejoindre chacun de nous dans notre souffrance. Il viendra s’étendre sur nos croix pour nous assurer sa solidarité fraternelle dans nos combats et dans le plus grand de tous : faire naître en chacun de nous l’enfant de Dieu que nous essayons de devenir depuis le jour de notre baptême.

Puisse donc le Seigneur Jésus, qui s’unit à nous par la communion à son Corps, faire advenir un peu plus l’enfant de Dieu que nous avons à devenir pour la vie éternelle. Qu’il nous aide aujourd’hui et chaque jour à rejoindre aussi chacun de nos frères et sœurs éprouvés par la maladie ou la solitude. Amen