homélie du 13° dimanche

Dimanche prochain à la cathédrale de st Claude Vincent et William deux jurassiens vont être ordonnés diacre en vue du sacerdoce pour servir le Christ et son Eglise ! Trois autres jeunes : Alban, Gegeni et Ligori poursuivent leurs études dans ce même but et un 6° jeune homme commencera sa préparation en septembre. Nous avons donc des ouvriers qui se préparent à la moisson abondante dans notre Jura, pour autant ne baissons pas les bras et ne rangeons pas nos chapelets mais persévérons dans la prière et l’interpellation et demandons au Seigneur les prêtres dont notre Eglise de st Claude a besoin pour aider tous les baptisés à vivre pleinement leur mission au cœur du monde.

Justement, les textes de la liturgie de ce dimanche nous éclairent sur le processus de l’appel, voyons cela ensemble. Dans la 1° lecture Dieu choisi Elisée et passe par Elie pour le faire savoir. Dans le psaume, le rédacteur chante sa joie d’être à Dieu. Dans la lettre aux Galates, st Paul nous rappelle que nous avons été libérés par Jésus pour servir les autres dans l’amour. Dans l’Evangile Jésus lui-même appelle des disciples à le suivre et fixe leur mission. Tous les ingrédients de l’appel chrétien sont dans ces textes, reprenons-les en 3 points : l’appel de Dieu, la réponse de l’homme et la mission.

1/ l’appel de Dieu : quand le Seigneur appelle, quand il choisit quelqu’un, on parle d’élection. Celui qui est choisi devient l’élu de son cœur, devient son bien-aimé. Cette élection qui concernait dans l’Ancien testament le peuple juif ainsi que les prophètes, les juges et les rois ; concerne désormais tous les hommes qui sont appelés au Salut. Tous nous sommes appelés à devenir ses enfants bien-aimés. Pour ce faire, Dieu utilise deux modes d’appel : soit Il envoie quelqu’un appeler en son nom, comme dans la 1° lecture où Elie est envoyé appeler Elisée comme prophète ; soit Il appelle lui-même comme dans l’Evangile où Jésus dit à un homme : « Suis-moi. » Aujourd’hui comme hier ces deux modes se complètent : on ressent un appel de Dieu dans son cœur et ce sont les membres de l’Eglise qui le confirment. Cela veut dire pour nous aujourd’hui encore que tout appel du Seigneur que nous ressentons doit être confirmé par l’Eglise : ainsi les fondateurs d’ordres religieux demande l’aval et la bénédiction du pape ou de l’évêque ; les jeunes qui veulent devenir prêtre déposent leur discernement entre les mains des directeurs de séminaire et de l’évêque, et celles qui désirent entrer en religion se soumettent aux autres sœurs qui voteront ou non pour son intégration dans la communauté. De même le prêtre discerne et appelle ceux qu’il pense capables de faire du caté, de l’aumônerie, des funérailles, etc.

Vous comprenez ainsi qu’il faille que Dieu en appelle quelques uns particulièrement à son service pour que tous les baptisés puissent répondre à l’appel du Seigneur (le 1° appel étant la sainteté (dixit Vatican II)). Pour que tous les baptisés puissent exercer leur sacerdoce baptismal (c’est-à-dire prier, évangéliser et vivre en chrétien), il faut que certains parmi eux, qu’on appelle les prêtres, exercent le sacerdoce ministériel (c’est-à-dire la mission des prêtres au service de la mission des baptisés : célébrer les sacrements, enseigner et présider la communauté). Il n’y a pas d’opposition entre le peuple et les prêtres, mais une complémentarité, une saine collaboration pour que le règne de Dieu soit annoncé partout.

2/ Un appel qui exige une réponse. Dieu appelle, certes, mais il faut aussi que l’appelé réponde radicalement car, comme le dit Jésus, celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu. Ainsi, dans la 1° lecture, Elisée, pour faire comprendre à Elie qu’il sait que l’appel vient de Dieu va rendre un culte à Dieu : Élisée prit la paire de bœufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l’attelage. Puis il se leva, partit à la suite d’Élie. Dans le psaume : on peut lire : J’ai dit au Seigneur :  » Tu es mon Dieu !  Je n’ai pas d’autre bonheur que toi car si Dieu m’a choisi, à mon tour je choisis Dieu. Dans la lettre aux Galates, Paul nous rappelle que notre manière de nous comporter est notre réponse à l’appel de Dieu : Vous avez été appelés à la liberté…. mettez-vous, par amour, au service les uns des autres…marcher sous la conduite de l’Esprit de Dieu. Notre réponse est notre fidélité !

3/ une mission que l’on reçoit de Dieu. L’appel du Seigneur, une fois que nous l’avons discerné dans nos vies et que nous y avons répondu en nous rendant disponibles pour Dieu, fait de nous les ouvriers d’une mission qu’on reçoit du Christ. Dans l’Evangile Jésus fixe lui-même le contenu de la mission : Il envoya en devant de lui des messagers. Notre rôle de baptisés est de mener au milieu du monde une vie chrétienne cohérente (penser, parler et agir comme des chrétiens) afin de susciter le désir de Dieu dans les cœurs qui sont loin de lui et les préparer à recevoir Dieu en eux, à ouvrir devant eux le chemin du baptême et de la vie sacramentelle. Ils deviendront à leur tour, des missionnaires joyeux de la foi chrétienne. Pour que notre mission porte du fruit, Dieu lui-même va se semer en nous, dans la fidélité de l’ouvrier au maître de la moisson, accueillons-le humblement. Amen