homélie du 14° dimanche

Afficher l'image d'origineAvez-vous remarqué que la première phrase de la première lecture et la dernière phrase de évangile sont semblable ? Écoutez, Isaïe nous dire « réjouissez-vous avec Jérusalem » et évangile se conclut par « réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux ». Ce soir une invitation nous est faite de nous réjouir car nous sommes invités à passer de la joie de l’Ancien Testament à la joie du Nouveau testament : de passer de la Jérusalem terrestre dont parle Isaïe dans la première lecture à la Jérusalem céleste, les cieux dont parle Jésus dans l’évangile. Et c’est Jésus qui décuple notre joie. Notre joie n’est plus de pouvoir prier Dieu dans le Temple de Jérusalem mais de nous préparer à vivre par Lui, avec Lui, en Lui, de Lui, pour éternité. Notre Jérusalem, c’est le cœur même de Jésus, où sont inscrits nos noms.

Ainsi nous passons de la joie de l’Ancien Testament à celle du nouveau, du Temple de pierre à la cité du ciel. Et ce passage de la joie à la plénitude de la joie passe par le Christ, par sa mort et sa résurrection. Oui pour arriver à la plénitude de la joie que donne la vie éternelle, il faut d’abord passer par la mort qui fut elle aussi assumée par Jésus. St Paul rappelle aux Galates que la croix du Seigneur Jésus Christ reste son seul orgueil. La joie par la croix, voilà le grand paradoxe chrétien. C’est que la joie dont Dieu veut nous combler nous fut acquise à un prix élevé, mais plus encore elle est à recevoir comme un cadeau. La joie est un présent de Dieu, un don qui jaillit de sa victoire par la croix. La joie de Dieu passe à travers l’épreuve qui la purifie, qui la fortifie et l’assainit.

1/ Les épreuves sont diverses et souvent impossibles à éviter. Nous pouvons alors les relier à l’agir divin : dans la première lecture, le prophète Isaïe nous appelle à voir au-delà du mal et du péché du peuple élu l’enfantement dans la douleur d’un peuple nouveau qui prendra la tête d’une humanité pacifiée. Il s’agit de lever le nez de notre quotidien marqué par le péché, le renoncement, le découragement face aux épreuves pour fixer l’horizon et y contempler l’avenir joyeux que Dieu nous propose pour l’éternité : vous serez nourris de son lait, rassasiés de ses consolations ;alors, vous goûterez avec délices à l’abondance de sa gloire.

2/ Dans sa lettre aux Galates, Paul écrit trouver sa joie dans sa recherche d’une unité de plus en plus grande avec le Seigneur son Maître : Car moi, je porte dans mon corps la marque des souffrances de Jésus. Cette vie de stigmatisé qui fait si peur, Paul ne l’a pas voulue, mais dans l’amour et la joie de l’imitation de Jésus, il l’a acceptée. La joie de Paul, comme de tous les saints, c’est d’avoir été choisis, malgré leur indignité, pour être conformés au Christ. C’est encore là qu’aujourd’hui les prêtes par l’ordination, les religieux et religieuses par la consécration et tant d’hommes, de femmes et d’enfants par le baptême trouvent la source jaillissante de leur joie.

3/ Dans l’Evangile de Luc, il s’agit pour les 72 disciples envoyés avec les pouvoirs de Jésus, non pas de se réjouir de l’exercice de ce pouvoir, mais plutôt de se savoir définitivement aimés de Dieu ; de reconnaître que tout ce qu’ils ont fait, c’est l’Esprit du Fils agissant en eux qui l’a fait !

L’Evangile nous apprend aussi que notre joie est dans le regard que nous portons sur les autres, dans les relations que nous voulons établir avec eux. Le Seigneur Jésus nous l’affirme sans ombrage, mais l’entendons-nous ? : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups » ! Notre joie que nul ne peut ravir, c’est celle-là même de regarder chacun avec les yeux du Christ, de voir, même dans la mort, le scandale, le rejet, l’extrême dégradation morale, la possibilité d’une rédemption, l’attente d’un salut. Cette joie là, peu de chrétiens essaient de la vivre, d’en vivre, car elle est amour même de Dieu embrasant notre humanité : c’est la joie de François d’Assise embrassant un Lépreux, la joie du jeune st Louis de Gonzague portant sur ces épaules un pestiféré, c’est la joie de Jeanne Jugan accueillant une pauvre petite vieille chez elle, la joie de Mère Térésa aidant un hindou mourant à faire son passage, c’est aussi la joie de Jean Vannier portant sur son cœur un enfant Trisomique. La joie de Dieu est palpable en ces personnes. Alors, à notre niveau, comment devenir aujourd’hui des porte-joie sinon en devenant source de joie autour de nous. La solution est très simple notre joie est d’être offerts à Dieu pour qu’il fasse de nous, à la consécration une hostie vivante, pour qu’en recevant son précieux Corps nous devenions du bon pain pour ceux qui ont faim et soif d’être aimés, reconnus et aidés. Amen