homélie 15° dimanche

Afficher l'image d'origineLe souci du docteur de la loi qui interroge Jésus est de savoir comment accéder à la vie éternelle. Et Jésus en bon pédagogue l’aide à répondre en se remémorant le 1° commandement de la loi juive : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. Cela signifie que la vie éternelle est donnée à ceux qui aiment dans un même élan Dieu et leur prochain. Désirer la vie éternelle nous oblige à l’amour en acte et en vérité, envers Dieu et envers les hommes. Ainsi, connaître son prochain, c’est avancer vers le salut !

Qui donc est mon prochain n’est donc pas une question anodine et il nous faut bien scruter la réponse qu’en donne Jésus.

En nous racontant l’histoire du bon Samaritain qui prend en charge l’homme blessé, Jésus nous donne à comprendre que le prochain est celui qui prend soin des autres jusqu’au bout : non seulement il ramasse l’homme blessé et il lui prodigue les premiers soins, mais il lui donne aussi sa place sur sa monture, l’emmène à l’auberge et donne encore ce qu’il faut pour les autres soins. Ainsi Jésus nous fait découvrir que mon prochain n’est pas celui à qui je rends le service de la charité, mais celui qui me rend le service de la charité. Mon prochain, est celui qui prend soin de moi, jusqu’à donner plus que de raison pour me sauver, et c’est lui que je dois aimer comme j’aime Dieu !

Donc, si je sais facilement louer Dieu et lui rendre grâce pour toutes les bonnes choses de la vie, suis-je aussi capable de remercier et d’aimer ceux des hommes par qui ces bonnes choses arrivent ? Je prends 2 exemples : le 1ier : quand je me mets à table, est-ce que je pense, au moment de manger, à remercier Dieu pour les biens de la terre, mais aussi les paysans de France qui me fournissent la nourriture ainsi que celle (ou celui) qui a pris le temps de cuisinier tout cela pour moi ? 2ième exemple : je subis une grosse intervention chirurgicale, en sortant soigné de l’hôpital, je loue Dieu d’avoir recouvré la santé, est-ce que je pense aussi à remercier le personnel médical et surtout le chirurgien qui s’est fait mon prochain en me prodiguant des soins ! Et il en va de la même manière pour tous les actes de la vie.

Répondre à la question qui donc est mon prochain, c’est prendre le temps de regarder tous ceux dont ma vie dépend, à qui je suis redevable. Malheureusement on entend souvent ces phrases assez terribles : « je ne dois rien à personne ou je ne veux être une charge pour personne, etc…. ». Ces réflexions sont la parfaite illustration d’une société déchristianisée dans laquelle chacun désire rester dans son coin, et agit de manière à ne rien devoir à personne. Or les trois piliers d’une société chrétienne selon la doctrine sociale de l’Eglise sont :1°/ respecter la dignité de toute personne humaine car nous sommes tous image et ressemblance de Dieu, 2°/agir selon le principe de subsidiarité, c’est-à-dire que chacun fait ce qu’il peut pour les autres au niveau qui est le sien et 3°/ vivre la solidarité qui exige le partage concret de nos biens.

Ainsi me faire le prochain des gens autant que permettre aux autres de se faire mon prochain en prodiguant aide, réconfort et soins, c’est offrir à chacun d’accomplir la volonté de Dieu. En acceptant de reconnaître mes faiblesses et mes manques je permets à des personnes de me rendre service, de m’aider à mieux vivre. Agissant ainsi je travaille à la reconstruction d’une société chrétienne et au salut de mon prochain pour la vie éternelle.

Donc la place que je laisse aux autres dans ma vie devient ainsi un baromètre pour mesurer la place que je laisse au Christ dans ma vie. C’est ce que l’Evangile nous révèle ce matin. En effet, le bon samaritain qui se fait proche de l’homme blessé, c’est Jésus, le Fils de Dieu ! C’est Lui qui confie l’homme blessé à l’aubergiste, c’est-à-dire à la Sainte Eglise, à laquelle il donne tous les moyens possibles pour soigner, en son nom, l’humanité blessée ! Car le prochain de l’homme blessé par le mal et le péché, notre prochain à tous, c’est Dieu qui est venu nous soigner en donnant tout ce qu’il avait, jusqu’à sa propre vie, pour notre rétablissement! Il versera sur les plaies du péché des hommes, sur nos péchés, l’huile de sa Miséricorde et le vin de son pardon. Et se sont ces gestes que l’Eglise, l’auberge de la charité, qui accueille tous les hommes pour leur salut, prodigue encore maintenant. L’heure est venue, pour nous tous, de laisser le Seigneur panser nos plaies par l’Eucharistie acte suprême de la Miséricorde de Dieu qui pardonne nos péchés en nous donnant sa vie. Puissions-nous à notre tour, sortant de cette église, nous souvenir de tous ceux qui nous ont aidé et de les remercier de leurs soins à notre égard ! Amen