homélie du 16° dimanche

Afficher l'image d'origineLes invités seront bientôt là et évidemment, selon la formule consacrée : « rien n’est prêt » : il y a encore le pain à acheter, un brin de ménage à faire et la table à dresser. Du four à l’évier et de la table au placard : les pas s’accélèrent et la nervosité monte. Si en plus de tous cela vos invités ont le malheur d’être ponctuels, vous les trouverez à votre porte alors même que vous terminez de dresser la table. Pas d’autre solution que d’ouvrir votre porte avec un grand sourire, (même si votre première pensée est plus contrariée), et de les installer au salon, les confiant aux bons soins de votre mari ou de vos enfants.

Et aussitôt telle une tornade vous vous précipitez dans la cuisine : le retard s’accumule et l’énervement gagne. Vous entendez les premiers effets de l’apéritif : rires aux éclats et bonne humeur ; une ambiance joyeuse et chaleureuse s’installant chez vous mais sans vous. Vous vous sentez mis à l’écart ! Et les pires idées vous viennent à la tête quand vous comprenez que votre sœurette chérie, plutôt que de vous aider, aborde avec eux tous les sujets sérieux dont vous aimeriez discuter! Tous nous avons vécu cela, et ce n’est pas différent pour Marthe dans l’Evangile de ce dimanche. Imaginez qu’elle reçoit chez elle le Seigneur Jésus ! Il y a de quoi courir partout pour rendre toute chose parfaite. Plus encore, imaginez le nombre de questions et les sujets qu’elle aimerait aborder avec lui.

Comme vous l’avez remarqué, la scène de l’évangile qui nous est décrite est inachevée ! Donc ensemble, nous pouvons envisager plusieurs fins possibles qui seraient les différentes réactions de Marthe et Marie aux paroles de Jésus : 1°- Marthe cesse toute activité et comme Marie reste près de Jésus. 2°- Marthe, vexée par la réponse de Jésus, s’enferme dans sa cuisine et de colère passe tout le repas à la poubelle pensant en elle-même : « ils n’auront qu’à manger ce que ma sœur aura préparé!», 3°- Marie prise de pitié pour sa sœur se lève et lui donne un coup de main. On pourrait ajouter un 4° et 5°.

Le fait qu’il n’y ait pas de fin nous provoque et nous oblige à prendre position : moi à la place de Marthe j’aurai fait ou dit ceci, moi à la place de Marie, j’aurais pris la mouche, j’aurais dit et fait cela. Il nous faut donc choisir : ou c’est Marthe ou c’est Marie. Ce qui revient à dire : je suis plutôt comme Marthe ou alors comme Marie !

Pourtant, pour faire le bon choix, pour trouver la fin la plus « chrétienne possible » n’oublions pas que ce texte d’Evangile suit immédiatement celui du bon Samaritain que nous avons entendu la semaine dernière. A la question « maître que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » Jésus a répondu « aime Dieu et ton prochain ». Et bien, je vous invite à comprendre l’évangile de ce matin comme une application de l’enseignement de Jésus. En faisant ainsi, nous sommes obligés de reconnaître deux choses. Concernant Marthe : La tête dans le guidon, accaparée par les différents services elle oublie l’essentiel c’est à dire le Seigneur lui-même. Elle a Jésus chez elle et elle passe son temps dans la cuisine ! Du coup, ses paroles envers sa sœur sont amères. Ainsi en omettant d’être présente à Jésus, elle omet d’être charitable avec sa petite sœur ! En oubliant Dieu, en lui faisant même la leçon, elle oublie aussi l’amour du prochain, celui qu’elle doit à sa sœur.

Concernant Marie, la réponse de Jésus à Marthe sur l’agissement de Marie, rappelle l’exigence du premier commandement. Aimer Dieu de tout son cœur, c’est choisir la meilleur part ! Alors on peut imaginer que Marie, entendant le Seigneur, s’est mise au service avec sa sœur, par exigence du second commandement, celui de l’amour en acte  du prochain.

Être présent à la fois à Dieu et au service des autres, c’est l’attitude même d’Abraham dans la première lecture : si il courre partout pour préparer le repas pour ses trois invités, ensuite, il se tient debout près d’eux.  Les deux commandements sont intimement liés, ils sont les deux faces d’une même réalité. Jésus le dira autrement dans l’Evangile du jugement dernier en Matthieu : ce que vous avez fait à l’un de ses petits c’est à moi que vous l’avez fait. Paul le dit à sa manière dans la 2° lecture : le Christ est au milieu de vous. Servir avec attention nos frères et sœurs humains, c’est les considérer comme le Seigneur Jésus au milieu de nous. Alors tenons bien ensemble le service de Dieu et du prochain, mais en nous rappelant sans cesse que c’est en choisissant la meilleur part, c’est à dire le Seigneur Jésus lui-même que nous pourrons être au maximum au service des autres.

Cette meilleur part se donne à vous chaque dimanche dans l’Eucharistie. Elle fait de vous le corps du Christ donné au monde. En recevant la meilleur part, devenez pour votre prochain la meilleure part d’humanité qu’il puisse trouver. En vous rencontrant sur son chemin, il découvrira le Seigneur présent auprès de Lui ! C’est en tout cas ce que je vous souhaite pendant ses vacances ! Amen