homélie du 15 août 2016

assomptionAssomption : que fêtons-nous?

après des siècles de théologie mariale, et après la consultation de tous les évêques du monde ainsi qu’à la demande de millions de fidèles et de dizaines de milliers de prêtres, le pape Pie XII, par la constitution apostolique Munificentissimus Deus proclamait le dogme de l’Assomption de la Vierge Marie,  le 1er novembre 1950. 

«  »Nous affirmons, Nous déclarons et Nous définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la vie céleste. »    

L’ Assomption met en valeur une dimension essentielle de la foi chrétienne : à l’école de Marie, accueillir le don de Dieu dans sa vie, célébrer cette grâce qui élève les humbles et rabaisse les puissants » 

Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. Cette béatitude est au cœur de l’Evangile de la visitation que nous venons d’entendre ce matin. Le bonheur de la Vierge Marie rejaillit sur sa cousine Elisabeth et sur son fils, tout autant que sur nous tous aujourd’hui qui venons fêter celle qui est la patronne principale de la France depuis le vœu du Roi Louis XIII en 1638. Marie, par une grâce spéciale de son Fils bénéficie déjà au ciel de la gloire qui nous attend à la fin des temps. Si la joie de Marie est notre joie, son chemin de foi doit devenir notre chemin de vie car elle est en tout notre modèle.

Ainsi la béatitude qui concerne Marie doit devenir la nôtre, le bonheur du ciel notre seul désir. Elisabeth dans l’évangile annonce clairement la couleur : le bonheur réside dans le fait de croire à l’accomplissement des Paroles dites de la part du Seigneur. Le bonheur est donc une espérance : ce que nous croyons se réalise à chaque instant et s’accomplira en plénitude à la fin des temps. Le bonheur présent et à venir est donc l’objet, le cœur de notre foi ! Mais pas un bonheur à la petite semaine, ni trop matérialiste, non un bonheur sous forme de cadeau, de don total : vivre de la vie même de Dieu. Jésus prît chair en Marie pour nous donner, par elle, sa vie divine. Et ainsi Marie par une grâce spéciale du Seigneur, devient celle qui est le chemin de la divinisation : elle vit à la suite de son Fils une divinisation que nous espérons à la fin des temps pour nous-mêmes. Comme le rappelle le pape Pie XII dans le décret proclamant l’Assomption de la Vierge : « à la suite de son Fils, après avoir vaincu la mort, elle a obtenu d’être élevée, corps et âme, à la gloire suprême du ciel, pour y resplendir, en qualité de Reine, à la droite de son Fils, le roi immortel des siècles. »

Cette béatitude qui repose sur la foi en la réalisation de la Parole de Dieu dans nos vies doit être mise en parallèle avec une autre béatitude dite par Jésus lui même à une femme au chapitre 11 dans l’Evangile de Luc : « Heureux ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! ». En effet tout est lié : entendre et garder la Parole c’est croire en sa réalisation, en son accomplissement dans nos vies. !

Conjuguons ensemble ces deux béatitudes : heureux ceux qui entendent et gardent la Parole de Dieu : entendre : c’est écouter et comprendre : c’est lire et méditer la Parole. La Garder, c’est croire en son accomplissement dans nos vies, c’est à dire en faire des actes. C’est transformer cette parole en agir, c’est en faire la colonne vertébrale de notre vie. Accomplir la Parole, c’est devenir par toute notre vie un évangile de chair, le seul que ce monde déchristianisé puisse lire et comprendre. Qu’en voyant nos actes, qu’en entendant nos paroles, qu’en scrutant nos attitudes ils s’exclament : vraiment ces catholiques sont enfants de Dieu, leur vie est chemin vers le Christ et je veux désormais l’emprunter !

Chers frères et sœurs c’est à cela que nous sommes appelés : à être les lumières qui éclaire le chemin vers Dieu dans une société de plus en plus obscurcie par le péché et la culture de mort. Plus la parole de Dieu nous structurera, plus la foi sera le lait qui nous abreuve, la charité le pain qui nous transforme et que nous distribuons, l’espérance en la vie éternelle le message qui brûle nos lèvres, plus nous attirerons au Christ ceux de nos frères et sœurs qui se sont égarés.

Et Marie qui par son « oui » total à Dieu nous montre le chemin. Marie est pour nous la préfiguration parfaite de ce que nous sommes appelés à devenir et que nous nous préparons à vivre dans chaque eucharistie : le tabernacle de chair, les entrailles, qui portent le Corps du Seigneur ! Mais plus encore que Marie qui a porté le corps de chair de son Fils, nous avons la chance inouïe de porter en nous le corps glorifié du Seigneur, sa vie en plénitude. Cette grâce d’être des porteurs de Dieu, qu’en faisons-nous ? Nous arrive-t-il de demander à la Vierge bénie les voies et les moyens qu’elle a elle-même utilisés pour vivre cela ?

Ce matin demandons-lui de nous conduire, comme saint Maximilien Kolbe que nous fêtions hier,  abandonnons-nous entre ses mains maternelles: «  laissons-nous diriger par elle, laissons-nous conduire par sa main. Soyons sous sa conduite tranquilles et confiants : elle s’occupera de tout pour nous, elle pourvoira à tout, elle subviendra promptement aux besoins du corps et de l’âme, elle écartera elle-même les difficultés et les angoisses. » Amen