homélie du 20° dimanche

 

Beaucoup des détracteurs de l’Eglise accusent les chrétiens d’être pleutres et craintifs, fuyant le combat et détestant l’affrontement. Et on nous reproche souvent que nous sommes croyant par peur de la mort, pour ne pas l’affronter dans ce qu’elle a, pour ces gens, de radical et définitif. Peut être que dans notre assemblée ce matin des personnes partagent cet avis. Et il est vrai qu’on peut parfois faire le constat que la foi chrétienne s’est quelque peu féminisée. En effet, l’Eglise étant tenue à bout de bras le plus souvent par des femmes pieuses et saintes, des mères débordantes de tendresse et d’attention, de prévenances et de douceur, nous risquons de ne voir la foi que de leur point de vue. (à ce titre, le curé que je suis déplore que si peu d’hommes fassent de la catéchèse ou de l’aumônerie : leur présence et leur parole d’hommes disent autre chose et autrement des vérités sur Dieu). Cependant à bien lire les textes de la liturgie de ce dimanche nous pouvons affirmer qu’il y a aussi une part de virilité de la foi qu’il nous faut redécouvrir. Les termes employés dans les textes ce matin sont d’un autre ordre que ceux habituellement ressassés :

Dans la première lecture on découvre un prophète, Jérémie qui risque sa vie pour l’amour de Dieu et la défense de son nom. Et son combat lui fait frôler la mort, lui qu’on enferme dans une citerne pleine de boue pour le faire disparaître.

Dans la lettre aux Hébreux on lit : courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée. C’est-à-dire qu’on nous propose de vivre notre vie chrétienne comme une épreuve sportive, une course. Une course vers la sainteté, une épreuve qui est la lutte contre le péché qui nous détruit intérieurement. Et ce combat promet d’être rude à entendre le rédacteur de la lettre aux Hébreux affirmer : Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché. C’est donc un combat à mort que nous devons livrer contre le mal et le péché !

Dans l’évangile c’est la même chose : Jésus parle de baptême de feu, d’angoisse et de division : pas de guimauve en perspective, ni de petits gili-gili spirituels, mais une prise de position pour la vérité qui créera des oppositions, voir des divisions entre proches d’une même famille.

Ainsi la foi n’est pas que reposante et adoucissante, elle est aussi stimulante et parfois âpre, elle est éprouvante et exige le combat….

Cependant ne nous trompons pas, la foi chrétienne n’est pas un djihadisme, ni un appel à la violence contre les autres. Au contraire elle est un appel au combat intérieur. Car c’est là qu’est la plus grande épreuve : celle de notre conversion. Et le combat qu’on a à mener de manière virile, c’est celui de la vérité. Par elle nous obtenons la victoire : la vérité est dérangeante mais nécessaire !

Il faut donc lutter pour la vérité quelque soit le prix, et Jésus notre maître a payé le prix de la croix pour redire sa filiation divine et notre salut. On aimerait souvent faire des arrangements avec la foi et les vérités qu’elle implique, sur Dieu et  sur l’humanité. On dit souvent pour éviter le débat : « on a le même Dieu » alors que Allah n’est pas semblable au Père de Jésus le Christ et qu’on ne peut pas confondre Jésus et bouddha ! On affirme aussi « vous savez je suis catho, mais je ne suis pas d’accord avec les dogmes, les enseignements de mon Eglise ! » et pour se justifier on dit tout haut « je suis tolérant » pour ne pas froisser, pour ne pas dire ce que nous croyons être la vérité de la foi, enseignée par le Christ et transmise par l’Eglise.

Il est vrai que quand nous redisons ce qui fait notre foi et ce que sont nos valeurs : dignité de toute vie de son commencement à sa fin naturelle, respect du mariage comme l’union dans la fidélité d’un homme et d’une femme, aide sans hésitation des plus pauvres et accueil des immigrés, on nous dit comme au prophète Jérémie : ce n’est pas le bonheur du peuple qu’il cherche, mais son malheur ! Alors il faut assumer et se rappeler les paroles de Jésus : Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division et également faire nôtre les paroles de l’épître aux Hébreux sur Jésus : il a enduré la croix en méprisant la honte de ce supplice. Craignons plus la perte de notre âme que celle de notre fierté ou amour propre. Surtout pour ne pas craindre l’affrontement rappelez-vous les paroles du psaume : le Seigneur m’a tiré de l’horreur du gouffre, de la vase et de la boue ; il m’a fait reprendre pied sur le roc, il a raffermi mes pas.

Comme nous le rappelle donc les textes de ce matin, la vie spirituelle est parfois un combat, osons donc le mener pour la vérité sur l’homme et sur Dieu ! Que notre Eucharistie ce matin, nous nourrissant de la vie du Christ, nous fortifie dans la foi et la vérité. Amen