homélie du 23° dimanche

Rappelez-vous, dimanche dernier deux thèmes : l’humilité et la joie étaient abordés dans les textes de la liturgie, aujourd’hui deux autres thèmes sont proposés: la Sagesse dans la première lecture et le psaume et le renoncement dans la seconde lecture et évangile (on peut aussi utiliser le mot plus désuet, mais très parlant de mortification). Et aujourd’hui encore l’Eglise fait le lien entre ces deux thèmes et cela exige que nous les mettions en écho.

1/ D’abord la Sagesse. Dans la 1ière lecture, tirée du livre de la Sagesse, nous avons entendu : qui aurait connu ta volonté, si tu n’avais pas donné la Sagesse et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ? Ce verset nous informe que c’est Dieu qui nous fait deux dons : la sagesse et l’Esprit Saint pour nous permettre de faire sa volonté et de venir à lui. Si nous les accueillons, ils ont un effet immédiat sur notre comportement : les sentiers des habitants de la terre sont devenus droits. L’Esprit Saint, que nous avons reçu en nous au jour de notre baptême puis de notre confirmation, agit en nous, nous guide sur les chemins de la foi et nous prépare par la méditation des Ecritures, par la prière silencieuse, par l’Adoration et par la vie sacramentelle à la pleine communion avec Dieu dans la vie éternelle. Car tel est notre objectif, et notre désir doit être d’apprendre ce qui plaît à Dieu, en l’appliquant d’être sauvé et en le vivant, d’accéder à la vie éternelle.

Or, pour nous chrétiens, la Sagesse de Dieu c’est Jésus Christ lui-même. La sagesse c’est donc en premier suivre Jésus, l’imiter. Et pour que cela soit possible, Jésus, la sagesse de Dieu, s’est fait nourriture pour vivre en nous et nous rendre capable de faire la volonté de Dieu. Ainsi notre désir d’aimer Dieu en faisant sa volonté exige de recevoir la vie du Christ en nous le plus souvent possible, donc de venir communier le plus souvent possible au corps du Christ. Vous ne vous en lasserez pas car  « jamais celui qui monte n’arrête de désirer ce qu’il connaît déjà » disait St Grégoire de Nysse.

Ainsi Dieu nous a donné Le Christ et le Saint Esprit pour avancer dans la vie terrestre jusqu’au jour de notre passage vers la vie éternelle. Jésus est donc notre sage compagnon de route et notre modèle de vie et l’Esprit Saint, reçu à notre confirmation, la boussole qui nous guide sur le chemin qui mène vers le Père. Et il faut prendre la route avec eux sans tarder car nos jours sur cette terre sont comptés. Prenez aujourd’hui la décision de vous mettre en route vers Dieu, de vous laisser guider par la Sagesse dans l’Esprit Saint.

Se laisser guider par un autre, laisser à Dieu les rênes de notre vie pour faire de nous des saints, voilà qui n’est pas facile, c’est comme faire un sacrifice. C’est renoncer à tout décider seul, c’est accepter de mêler Dieu à toute nos décisions.

2/ Le renoncement ou mortification est alors abandon de soi, comme la mort à soi-même pour le Christ, pour Le revêtir et n’être qu’à Lui. Ce progrès dans l’union de plus en plus grande avec Jésus ne va pas sans souffrance, sans porter sa croix. C’est ce que révèle l’Evangile : la mortification n’est pas dans l’ordre de la douleur physique, elle est de l’ordre du renoncement à des tas de choses et attitudes inutiles ou plutôt secondaires. La mortification, c’est Christ premier servi dans nos vies, dans nos actes : cela implique parfois de dire non à nos amis pour telle occasion, à notre famille pour tel rassemblement, d’accepter de faire des kilomètres pour recevoir sa vie dans le Pain eucharistique, ou encore de renoncer à nos idées ou à l’attrait des idées du monde pour s’attacher à l’enseignement du Christ par celui de l’Eglise, enfin, dans la 2ième lecture c’est aussi pour Philémon de renoncer à Onésime un esclave pour le recevoir à cause du Christ, comme un frère.

Jésus nous a prévenus : se mettre à sa suite c’est d’abord un projet à bâtir et ensuite un combat à mener : il faut donc se donner les moyens pour devenir saint et ne pas rêver qu’on peut se perfectionner spirituellement sans passer par la croix. En effet, « le chemin de la perfection passe par la croix, il n’y a pas de sainteté sans renoncement et sans combat spirituel » rappelle Le N° 2015 du CEC. Commentant cet évangile, Bède le Vénérable nous indique ce qu’est le renoncement dans ce monde : « c’est une obligation pour tous les fidèles …d’user des choses du monde, sans en devenir jamais l’esclave dans le monde. » Le projet est assez simple, il s’agit de vivre une vie juste et bonne dans ce monde en gardant toujours l’œil sur le Christ, notre modèle et en laissant l’Esprit Saint nous guider vers l’éternité. Puisse le Seigneur ce matin être notre seule fin et la faim du Seigneur notre unique motivation, pour que nous progressions sur le chemin de la sainteté à sa rencontre. Amen