homélie du 18 septembre

dieu-et-argentVous ne pouvez pas ouvrir votre téléviseur ou surfer sur internet sans tomber sur des dénonciations de scandales bancaires ou des révélations d’affaires financières sulfureuses : détournements de bien sociaux, liquidations d’entreprises ou délocalisations pour avoir une charge salariale moindre, fraudes à la sécurité sociale, à la déclaration d’impôts, etc….la course à l’argent est partout devenue comme un sport. Comme dans nos familles où nous assistons (dit-on pour des raisons de justice et d’égalité) à des affrontements violemment inhumains lors des successions ou avec nos amis dont l’amitié vole en éclat lors d’un problème de remboursement d’une somme qu’on leur avait promis de rendre rapidement. Aujourd’hui encore, mais comme hier et demain certainement, des personnes tueront « père et mère » pour de l’argent et des gestionnaires malhonnêtes des biens publics ou privés sauront en détourner et avec l’argent malhonnête se faire des amis…

Rien n’est moins évident que de savoir garder un rapport sain à l’argent. Notre rapport à l’argent se situe non pas dans la quantité d’argent possédé mais plutôt dans la qualité du lien. Ainsi le rapport à l’argent n’est pas une histoire de méchants riches ou de gentils pauvres, mais plutôt la qualité de la relation des uns et des autres à l’argent. Ce dont le Seigneur Jésus nous entretient dans l’évangile, c’est du risque d’idolâtrie avec l’argent. Car si l’argent et tant dénoncé par le Seigneur c’est que le culte qu’on lui voue est souvent comparable à celui que l’on a pour Dieu. Le mot grec dans l’évangile qui est traduit par « argent » est « mamon ». Jésus est clair, on ne peut plus clair : Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. La conséquence est très logique pour un chrétien : vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent (Mamon). Dieu étant notre seul Maître, nous devons considérer l’argent pour ce qu’il est, un moyen et non une fin.

Notre manière d’user de l’argent, nous rappelle Jésus, est donc révélateur de notre lien à lui… nos actes doivent être le reflet de nos choix spirituels. Que veut donc dire aujourd’hui mépriser l’argent ? Comme je l’ai déjà dit, il s’agit d’abord de le considérer comme un moyen et non une fin. Il n’est donc pas à accumuler, mais à faire circuler pour le bien de tous. « Qui que vous soyez, rappelez-vous que vous n’êtes que le dispensateur de biens qui ne vous appartiennent pas, et que vous n’avez sur eux que les droits d’un usage transitoire et passager. » rappelait déjà st Jean Chrysostome au IV°s !

Mamon, l’argent n’est pas dieu, et il ne peut pas faire de nous des dieux ! La toute puissance qu’il procure n’est qu’en vue d’un égocentrisme plus grand qui nous place en position de concurrent à Dieu. L’autre Nom de Mamon est aussi bien diable car en attirant l’homme vers lui, il le coupe de la vraie Vie qui est Dieu le Père.

Il existe encore un autre risque plus sournois pour nos âmes que d’idolâtrer l’argent, c’est de « mamoniser », de «financiariser » notre relation à Dieu. D’une certaine manière c’est vouloir acheter Dieu et ses bonnes dispositions. Par exemple : quand nous posons un acte de charité est-ce par amour de Dieu ou pour acheter notre paradis ? (raconter l’histoire de la dame des Landes voiture du curé). Quand nous sommes présent à la messe, quand nous prions sommes-nous à ce que nous faisons ou alors n’est-ce qu’une parenthèse dans une relation constante à l’argent, comme le dénonce le prophète Amos dans la première lecture ?

Gardons éveillée notre conscience et vive notre foi pour être gratuitement et simplement présents à Dieu. Que notre temps pour Dieu, notre relation à Lui soit vraiment pour Lui et en vue du salut de tous les hommes car rappelle Paul à Timothée Dieu notre Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité. Et pour que cela soit possible il ajoute : j’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité.  Prier ainsi, c’est prier pour des conditions de vie sociales et économiques dignes pour tous. C’est surtout demander au Seigneur l’énergie et la force de travailler nous aussi, selon le principe de subsidiarité si cher à l’Eglise, à plus de justice sociale et matérielle. Chacun à notre niveau œuvrons en ce sens. En reconnaissant en tout homme l’image de Dieu, utilisons l’argent malhonnête pour en faire des amis, afin que ces amis nous accueillent dans les demeures éternelles. Amen