homélie 28° dimanche

Afficher l'image d'origineS’il est parfois difficile de trouver un thème commun aux 3 lectures du dimanche, ce n’est pas le cas aujourd’hui. En effet, on peut affirmer que la foi est la vertu déployée dans les 3 textes de la liturgie : dans la première lecture, la foi de Naaman le Syrien, un Païen guéri par Dieu ; dans l’Evangile la foi d’un Samaritain lépreux lui aussi guéri par Dieu et dans la 2° lecture, la foi de st Paul qu’il partage avec Timothée. Ces trois textes sont comme trois étapes de la vie de foi, voyons cela ensemble.

1/ D’abord Naaman le lépreux Syrien : en obéissant à l’ordre du prophète Elie, il va se baigner dans le Jourdain et en ressort purifié, sa chair redevenant semblable à celle d’un petit enfant. A travers son acte de confiance dans les paroles d’Elie il saisit la puissance salvatrice du Dieu d’Israël. Lui qui est un chef en Syrie, il doit se soumettre aux ordres d’un prophète et s’abandonner entre les mains de Dieu. Par son acte de foi il reconnait que le Dieu des juifs est au dessus de lui, le seul vrai Dieu : Désormais, je le sais : il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël ! Et Naaman en tire les conséquences pour sa vie de foi : je ne veux plus offrir ni holocauste ni sacrifice à d’autres dieux qu’au Seigneur Dieu d’Israël  »

Laissons nous interpeler par l’attitude de Naaman : nous qui connaissons déjà le seul vrai Dieu, avons-nous renoncé à toutes nos idoles, avons-nous brisé nos liens avec les choses et les idées contraires ou opposées au Dieu de Jésus Christ? Pouvons-nous dire que, à cause de Lui, dans notre vie, nous avons dit « non » à des propositions, à des idées, à des paroles ou à des actes contraires à notre foi ? A quoi ce matin décidons-nous de renoncer pour vivre un peu plus en enfant de Dieu ?

2/ avec le Samaritain lépreux de l’Evangile on fait un pas de plus. Le Dieu qui le guérit a désormais un visage : celui de Jésus Christ. Le Samaritain pose en acte de foi en Jésus son maître, et dès qu’il se rend compte de sa guérison, il retourne vers Lui car il reconnait par là que Jésus est la source de sa guérison. Reconnaître l’action de Jésus dans sa vie provoque deux choses chez ce Samaritain : d’abord il glorifie Dieu à pleine voix, et il se jette face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce..:

Laissons aussi l’attitude de ce Samaritain  nous interpeler : nous que la lèpre du péché recouvre encore savons-nous reconnaître l’action salvatrice de Dieu dans nos vies et le remercier pour sa vie qu’il nous a donnée par le baptême et qu’il nous donne encore dans chaque sacrement ? Le remercier pour toute son œuvre de création, pour la paix que nous procure notre pays et notre niveau de vie, etc….et comme le lépreux de l’évangile, posons-nous encore un geste de vénération quand nous entrons dans une église ? Saluons-nous encore avec respect le Saint Sacrement, présence réelle du Seigneur Jésus dans notre monde ? La foi en Christ exige aussi que nous découvrions le visage du Christ dans celui des pauvres. Ainsi est-ce que notre souci des pauvres est assez vivace ? Avons-nous souci de leur accueil et de leur service chez nous, à travers le soutien économique, matériel ou scolaire pour les plus jeunes, à travers la visite des malades, des personnes en deuil, dans l’épreuve ou alors en portant la communion à ceux qui sont âgés ? Car servir les pauvres s’est embrasser les pieds Christ !

3/ ayant fait notre acte de foi en Christ agissant et présent dans nos vies, avec Paul et Timothée, nous sommes appelés à annoncer la bonne nouvelle à tous : souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d’entre les morts, le descendant de David : voilà mon évangile. Paul, saisi par le Christ Jésus, sauvé par lui, devient missionnaire. Il veut que chacun puisse entrer en relation avec la personne de Jésus Christ, que chacun puisse faire l’expérience salvatrice du Ressuscité. C’est de cette rencontre avec le « Vivant » que jaillit le comportement nouveau de l’homme de foi. Saint Paul le décrit ainsi : je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis, afin qu’ils obtiennent eux aussi le salut par Jésus Christ, avec la gloire éternelle. Paul accepte d’être configurer au Christ pour faire passer expérimenter le salut à tous.

Laissons l’attitude de Paul et Timothée nous interpeler : acceptons-nous d’imiter Jésus jusqu’au bout, d’agir autant que possible comme lui ? Sommes-nous prêts à évangéliser de la sorte, à donner toute notre vie pour cela ? Si nous manquons de foi, dit Paul, lui reste fidèle à sa parole, car il ne peut se rejeter lui-même. Cette fidélité de Dieu à notre égard, nous permet de toujours le choisir à nouveau, de toujours lui donner la première place.

Alors aujourd’hui, venant recevoir le pain qui nous fait vivre, le corps du ressuscité décidons de poser un acte de foi : Il est bien là présent donné à nous pour nous donner sa vie et pour que nous la transmettions aux autres. Amen