homélie 29 dim

le psaume de ce dimanche chanté….

«Faire justice », voilà, selon les paroles du Seigneur Jésus, ce que Dieu désire faire sans tarder à ses élus qui le prient avec persévérance. Croire en la réalisation de la justice de Dieu, croire que l’injustice et le mal ne peuvent pas avoir le dernier mot, c’est poser un acte de foi en la vie éternelle et vivre l’espérance qu’un jour toute justice sera rendue, cela est très difficile et d’ailleurs, Jésus termine là-dessus : le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? Ainsi se trouvent liées la justice et la foi dans la bouche du Seigneur.

Garder ferme la certitude que la justice triomphera, alors que sur terre elle paraît corrompue, faussée, etc., exige que nous considérions que toute chose sera correctement jugée dans la vie éternelle. Notre foi en une vie en Dieu, dans la justice et la paix véritables pour l’éternité est le signe que le Seigneur craint que nous perdions. Si nous ne croyions plus collectivement au jaillissement, à la victoire, de la justice suprême et impartiale de Dieu, affirmée sur la croix et qui sera définitivement rendue à la fin des temps, nous risquons de ne plus avoir envie de nous battre pour que cette justice soit connue de tous les hommes et servie dès ici bas ; car dans le régime de la foi, nos actes sur terre, ici et maintenant, doivent devenir les signes que la justice de Dieu est déjà à l’œuvre.

C’est le pape Benoît XVI qui l’affirme dans son encyclique Spe Salvi qui traite de l’espérance au N° 43, je cite : je suis convaincu que la question de la justice constitue l’argument le plus fort en faveur de la foi en la vie éternelle….il est impossible que l’injustice de l’histoire soit la parole ultime ; la nécessité du retour du Christ et de la vie nouvelle devient totalement convaincante.

Ainsi se battre pour la justice, c’est fortifier sa foi en Dieu.

La seconde chose que l’on peut souligner dans l’évangile de ce soir, c’est le lien que le Seigneur établit entre la justice et la prière : il nous rappelle qu’il faut demander sans se lasser que la justice s’établisse. Est-ce à dire que Dieu aime ce faire prier ? Qu’il prend plaisir à voir l’homme patauger dans sa misère ou sa détresse ? Parce que pour beaucoup, pour moi en tête ; peut être êtes-vous comme moi, j’ai l’impression que Dieu ne me fait pas justice ; qu’il ne me donne pas ce que je lui demande : ni des prêtres en quantité, ni de réduire l’indifférence au malheur des autres, la violence ou la faim et la misère dans le monde. Qu’il laisse, malgré mes suppliques, mes prières sans réponses, mes adversaires se déchaîner, etc…

En fait, le temps que prend Dieu est celui de notre ajustement à sa volonté : être justifié par Dieu c’est d’abord être ajusté à Lui : quand notre demande de justice se limite à la vengeance, le Seigneur nous apprend à pardonner. Le temps qui nous est nécessaire est celui de notre conversion : nous rendre compte que notre victoire est d’abord un don de Dieu mais qui voit sa réalisation passer par nos mains : c’est le cas de la première lecture : les soldats bataillent, mais c’est la prière persévérante de Moïse à Dieu qui donne la victoire : derrière le cocasse de la situation : Moïse aux bras soutenus par Aaron et Hour, Dieu rappelle que c’est avant tout Lui seul qui fait justice et donne satisfaction. A nous d’être tournés vers Dieu de qui tout vient mais en agissant aussi sur le terrain comme les soldats de la première lecture.

Pour être tourné vers Dieu, connaître et servir la vraie justice, Paul dans sa lettre à Timothée nous invite à méditer l’Ecriture : je cite : Toute l’Écriture est inspirée par Dieu ; elle est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice ; grâce à elle, l’homme de Dieu sera accompli, équipé pour faire toute sorte de bien. Le vrai justicier sur terre est donc celui qui se nourrit et applique la Parole de Dieu : livrés à elle par la prière, nous devenons les instruments de la réalisation de la justice de Dieu. La justice à la fin des temps exige notre investissement maintenant, de nous mouiller au risque de déplaire aujourd’hui : je cite Paul : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire

La justice selon Dieu n’est donc pas la réalisation de nos petites demandes individuelles mais orientation de notre désir vers la vie éternelle. Le Seigneur nous demande, pour que son projet de salut se réalise, de participer dès cette vie, à édifier le royaume qui vient. Pour cela nous devons agir selon sa justice, et oser redire, en fidélité à l’enseignement de l’Eglise, ce qui est bon ou non pour l’homme et la femme de notre temps, comme le font aujourd’hui de nombreuses personnes à Paris pour dire non à la GPA! Amen