homélie de Toussaint

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean

Moi, Jean,  j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de faire du mal à la terre et à la mer :     « Ne faites pas de mal à la terre,
ni à la mer, ni aux arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. »  Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël.

    Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer,
une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.
    Et ils s’écriaient d’une voix forte : « Le salut appartient à notre Dieu
qui siège sur le Trône et à l’Agneau ! »  Tous les anges se tenaient debout autour du Trône,
autour des Anciens et des quatre Vivants ; se jetant devant le Trône, face contre terre,
ils se prosternèrent devant Dieu.  Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »
    L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Ces gens vêtus de robes blanches,
qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? »     Je lui répondis : « Mon seigneur, toi, tu le sais. »
Il me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. »

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Etre heureux ! Voilà que Jésus appelle 9 fois ses disciples à être heureux dans l’évangile que nous venons d’entendre. Et au cours des siècles, tous nos amis les saints, que nous fêtons en ce jour, ont aussi poursuivi cette recherche du bonheur et de la joie. Comme saint Philippe Néri qui trouva le sien à servir Jésus en éduquant les enfants des rues de Rome ainsi que nous l’avons vu dans le film. Et aujourd’hui encore Jésus nous appelle à vivre et à témoigner du bonheur et de la joie de croire, nous qu’il a rendu saints par le baptême.

Pour ne pas se tromper il faut bien saisir quelle joie Jésus nous propose. Et pour la découvrir voyons d’abord ce qu’elle n’est pas : Ainsi certains pour être joyeux ont besoin de se nourrir du malheur des autres, d’ailleurs il est proverbe qui dit que « le malheur des uns fait le bonheur des autres », ce n’est pas la joie que Jésus propose. Pour d’autres la joie ne jaillit qu’après avoir ingurgité une grande quantité d’alcool ou sous l’emprise de drogues dites douces ou dites dures qui vous font vivre une fausse joie aux lendemains qui déchantent, ce n’est pas la joie que Jésus propose. Pour d’autres encore la joie se trouve dans l’accumulation des biens et souvent des personnes : voitures grosses et puissantes, maisons cossues, appareils électroniques dernier cri, et parfois aussi des relations extraconjugales pour courir après une joie (en fait un plaisir) qui vous quitte dès que vous croyez la saisir, ce n’est pas la joie que Jésus propose. Pour d’autres enfin, la joie se trouve dans un amour narcissique et idolâtrique d’eux-mêmes : quête d’un corps zéro défaut sculpté par le sport ou la chirurgie, ce n’est pas la joie que Jésus propose.

Alors si la joie n’est pas dans le malheur des autres, ni dans un paradis artificiel, ni dans l’accumulation de biens et des plaisirs sans lendemain, ni dans une image parfaite de soi, où est-elle ? Laissons Jésus nous la faire découvrir :

Il y a de la joie à être pauvre de cœur, à être doux, à pleurer, à être affamé et assoiffé de justice, à pardonner, à travailler à la paix et à subir l’insulte à cause de Jésus. …C’est étrange, mais je ne vous sens pas frères et sœurs bondir intérieurement, je ne vous sens pas désirer cette joie là qui pourtant, nous rappelle Jésus, est celle qui ouvre les portes du Royaume des cieux ! C’est que nous sommes tellement rongés par l’esprit de ce monde, que mille fois nous préférons l’esclavage des joies passagères et superficielles de ce monde à la liberté et à la vraie joie que Dieu nous offre. Un Saint, de ceux que nous fêtons aujourd’hui, est justement celui qui a su renoncer à l’esprit du monde pour devenir un ami de Dieu. Est-ce impossible, est-ce au-delà de nos forces ? Lisons ce que nous relate St Jean dans la première lecture alors qu’il a une vision de la vie au ciel : j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer… ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau.

Toutes ces personnes sont des hommes et femmes comme chacun de nous, des personnes qui sont restés fidèles au Christ en demeurant fidèles à la foi de l’Eglise. La joie dont les saints rayonnent n’est pas une joie hors de notre portée, mais seulement la certitude qu’ils sont accompagnés, relevés, soutenus par Jésus lui-même dans la vie qu’ils mènent et les épreuves qu’ils traversent. Être saint c’est accepter de dépendre d’un autre, c’est vivre de la joie d’être comme un enfant vis-à-vis de son père. Dans la deuxième lecture c’est encore st Jean qui le proclame : Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père … dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu !

La joie que nous donne la foi c’est d’être l’enfant de Dieu. Et pour goûter à notre joie attachons-nous à être comme un enfant dans les bras de son Père, sachant que, nous élevant jusqu’à lui, il nous fera reposer sur son cœur. Ses bras vigoureux, son cœur battant d’amour pour nous, nous rendent invincibles et capables de traverser les épreuves. Demandez-vous honnêtement depuis 2000 ans quelles autres joies que celles de la foi ont subsistés et traversées les âges ? Certes, le péché nous fera parfois tomber en l’emportant dans nos cœurs sur la vérité et la vie, parfois nos regards se dirigeront vers les idoles de ce monde plutôt que vers le Dieu Unique, mais toujours, Dieu par son Fils Jésus nous offrira le pardon pour peu que nous sachions le lui demander. Frères et sœurs et vous mes jeunes amis du catéchisme, du scoutisme et des aumôneries, Jésus est le chemin de vie que nous devons imiter, il est notre joie présente et à venir, notre joie éternelle et impérissable. Ne craignez pas de le prendre pour maître, lui seul ne déçoit pas, lui seul est la gloire des saints, lui seul est notre gloire présente et à venir ! Amen