homélie du 33° dimanche

livrAfficher l'image d'originee du prophète Malachie 

« Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme la fournaise. Tous les arrogants, tous ceux qui commettent l’impiété, seront de la paille. Le jour qui vient les consumera, – dit le Seigneur de l’univers –, il ne leur laissera ni racine ni branche. Mais pour vous qui craignez mon nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement. »

Le jour de Dieu ! C’est un acte de foi pour les chrétiens que de croire au retour du Christ pour juger en toute justice, pour confondre le mensonge, faire éclater la vérité et faire mourir la mort. Ce jour qui doit être le dernier de l’ancien monde et le premier du monde nouveau, est à la fois espéré et craint car c’est le jour grand et redoutable du retour de Dieu… Un jour grand car il provoquera la joie de toute la création, comme le souligne le psaume : au son de la trompette et du cor, acclamez votre roi, le Seigneur et plus loin : que les fleuves battent des mains, que les montagnes chantent leur joie et aussi un jour redoutable car ce sera celui du jugement comme le rappelle la première lecture : Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme une fournaise.  Mais il sera également un jour imprévisible et auquel il faut se préparer comme le dit Jésus dans l’Evangile : Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom,… ne marchez pas derrière eux !

Selon notre spiritualité personnelle, nous serons plus sensible à l’un ou l’autre versant de ce jour qui vient : ainsi certain souhaiteront son avènement chaque jour, quand d’autres diront : « surtout le plus tard possible ». Certains y voient déjà la joie d’une vie pleinement habitée par Dieu, d’autre le jour où il faudra rendre des comptes. Pour certains ce jour-là on chantera « Ad Cenam Agni Providi  », c’est-à-dire« l’Agneau nous invite à sa table »  et pour d’autre on chantera plutôt « Dies ire dies illa » c’est-à-dire « jour de colère que ce jour là ! ». Ces deux visions de la fin des temps sont-elles incompatibles ? Non, d’ailleurs la liturgie de ce matin lie les deux aspects comme les deux faces d’une même médaille, celle de la vie éternelle. Tout à la fois ce jour sera celui de la joie et celui de la peine, celui de la glorification des justes et des saints et de la damnation des ennemis de la croix. Ce jour la lumière de l’amour rayonnera dans chaque vie, mettant en relief nos bonnes œuvres, révélant nos péchés et nos faiblesses. Notre douleur naîtra non pas de la colère de Dieu, mais bien de notre attitude face à nos oublis d’aimer en acte et vérité. Cette la défaillance de notre amour qui transformera ce jour en jugement. Dieu n’y est pour rien, sa présence seule révèlera notre différence d’avec Lui, non pas pour nous damner, mais pour nous offrir de nous ajuster à Lui si nous reconnaissons humblement nos faiblesses et nos manques. Cette reconnaissance là s’opérait jadis par les rites des derniers sacrements, par un abandon confiant dans les mains de Dieu. Combiens, aux dernières heures, même parmi les personnes athées convaincues ont été surprises murmurant le Notre Père, ou ont appelé un prêtre pour se préparer au face à face? Certains y verront de la lâcheté, d’autre la grande miséricorde de Dieu.

Tout cela souligne que rien n’est moins facile que de faire le passage, et même dans la foi, de le souhaiter. Car enfin, chaque jour nous devrions attendre de mourir en cette vie pour naître en la vie éternelle. Oserons-nous proclamer comme Paul aux Philippiens : « pour moi vivre c’est le Christ et mourir m’est un gain ! » ou bien encore avoir sur les lèvres les paroles de la grande Thérèse d’Avilla : « Ô mort qui donnes la vie ne tarde pas, vers toi j’aspire, je meurs de ne pas mourir » ? C’est bien souvent un manque de foi qui nous fait douter du bienfondé de souhaiter mourir. Je dis bien souhaiter mourir et non souhaiter la mort. Il s’agit de désirer le passage de notre vie terrestre vers sa plénitude éternelle et non en finir avec la vie en ce monde. Mourir dans la foi c’est souhaiter vivre au maximum !

Alors pour nous conforter ou plutôt pour pallier nos manques de foi, des tas de dérivatifs ont jailli ou nous sont proposés : les sectes millénaristes annoncent régulièrement la date de la fin du monde. Souvenez-vous de Pacco Rabane en 2000, de la secte du Temple Solaire, et en cette décennie la fin était prévue pour le 21 décembre 2012 selon le calendrier Maya. Ne désespérez pas, d’autres dates devraient bientôt être annoncées ! Pourtant je vous rappelle les Paroles du Maître : «beaucoup viendront sous mon nom, en disant : ‘C’est moi’, ou encore : ‘Le moment est tout proche’. Ne marchez pas derrière eux » Pour ceux qui s’affirment Chrétiens, la victoire est déjà acquise, le nouveau monde est déjà semé, Christ est Vivant : l’Eglise, peuple des croyants, à l’heure voulue par Dieu s’épanouira en Royaume. Pour l’instant, dans ce monde qui souvent nous méprise et nous condamne, et qui attend pourtant une espérance, il nous faut oser redire le message qui nous fait vivre, réaffirmer l’espérance qui est la nôtre. Comme le Seigneur nous y invite dans l’Evangile : Ce sera pour vous l’occasion de rendre témoignage. … Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction. On y Croit ! Amen