homélie 01 janvier 2017

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né
couché dans la mangeoire.
Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.
Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient
de ce que leur racontaient les bergers.Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

 

Avez-vous remarquez les deux attitudes différentes face à l’enfant de la crèche ? A savoir l’attitude de Marie qui retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur et de celle des bergers qui glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu. Se souvenir et méditer d’un côté, glorifier et louer Dieu de l’autre paraissent être des attitudes opposées pourtant elles sont complémentaires : en effet, il faut d’abord comme Marie retenir et méditer dans son cœur l’histoire du Salut et ensuite comme les bergers glorifier et louer Dieu. Intérioriser le salut pour le proclamer à tous : voilà deux objectifs atteignables pour l’année qui vient ! Creusons ensemble ces deux étapes de la vie spirituelle.

1/ comme Marie retenir tous ces évènements et les méditer dans son cœur. Il s’agit d’une part de faire mémoire des merveilles que Dieu a faites pour nous dans nos vies et ensuite de les méditer, c’est-à-dire d’en tirer un enseignement pour notre vie aujourd’hui.

a/ Faire mémoire : On imagine Marie, tenant dans ces bras l’enfant Jésus et voyant les bergers venir à la crèche se souvenir de toutes les étapes de ce parcours atypique : la visite de l’Ange à Marie pour lui demande de prendre sa part dans l’histoire du salut en portant le Fils de Dieu en son sein, la visite de l’Ange à Joseph pour assurer la protection de Jésus, le départ pour Bethléem, l’accouchement dans une pauvre crèche, la mangeoire comme unique berceau pour le fils de Dieu !… que d’évènements mystérieux à méditer pour Marie qui, en 09 mois de grossesse, a certainement plus appris de Dieu que durant toute sa vie : Dieu qui demande humblement son aide pour sauver l’humanité, Dieu qui accepte des conditions précaires pour venir au monde, ce roi qui accepte une crèche comme palais et une mangeoire comme trône !

et nous-mêmes, prenons-nous le temps de faire mémoire de notre histoire avec Dieu, du jour de notre création dans le sein de notre mère, du jour de notre baptême où nous sommes devenus son enfant bien aimé, nos années de caté, les sacrements et évènements ecclésiaux qui ont ponctué notre vie: première communions, profession de foi, confirmation, JMJ, mariage, retraites spi, etc.

b/ méditer dans notre cœur. Une fois que nous avons fait mémoire des nombreuses visitations de Dieu dans notre vie, nous devons aussi en tirer des enseignements pour vivre aujourd’hui… quand ai-je dis mon dernier « oui » à Dieu, comme Marie, comme Joseph, pour prendre ma part dans le salut de notre monde ? Est-ce que mes rencontres avec Dieu m’ont changé, ont changé ma manière de voir les choses et les hommes de mon temps ? Ai-je essayé d’approfondir ma foi et d’améliorer mes temps de prière ou d’oraison ? Ai-je simplifié ma vie comme Jésus naissant humble et pauvre l’a fait ? Est-ce que j’accepte de descendre de mon piédestal pour rejoindre chaque homme, comme le Roi des rois l’a fait en venant sur terre ?

Seulement, il ne suffit pas de faire mémoire et de méditer nous rappellent les bergers, il faut aussi se mettre en route, aller sur le terrain à la rencontre des gens pour leur partager notre joie.

2/ avec les bergers : glorifier et louer Dieu. La joie que nous procure le Salut n’est pas que pour nous, elle est à donner aux autres pour construire avec eux un monde de paix. Et vu l’état de déprime de notre société, nous avons du pain sur la planche pour rendre la joie au monde ! Il faut faire de nos vies une louange à Dieu afin que toutes nos actions et nos paroles le servent et le glorifie. Nous n’attirerons pas nos frères et sœurs croyants mais éloignés de l’Eglise par des comportements opposés à l’Evangile : alors pour l’année qui vient plus de médisance, plus de jugements hâtifs, plus de course effrénée à l’argent et à la gloriole mais uniquement l’évangile dans le cœur et au bout des mains.

Parmi toutes les initiatives possibles pour glorifier et louer Dieu, en ce 1° janvier nous sommes invités par le pape François à travailler à la paix. Pour cela il nous propose d’adopter la non-violence comme principe d’action. Dans son message intitulé « La non-violence: style d’une politique pour la paix», il fait le constat que L’Église s’est engagée pour la réalisation de stratégies non-violentes de promotion de la paix dans beaucoup de pays, en sollicitant même les acteurs les plus violents dans des efforts pour construire une paix juste et durable. Car rappelle-t-il, La violence est une profanation du nom de Dieu. Ne nous lassons jamais de le répéter : « Jamais le nom de Dieu ne peut justifier la violence. Seule la paix est sainte. Seule la paix est sainte, pas la guerre ! ». Il fait alors ce souhait : puisse la non-violence devenir le style caractéristique de nos décisions, de nos relations, de nos actions, de la politique sous toutes ses formes ! Et pour cela il nous invite à commencer par nos familles : Si l’origine dont émane la violence est le cœur des hommes, il est alors fondamental de parcourir le sentier de la non-violence en premier lieu à l’intérieur de la famille. … La famille est le creuset indispensable dans lequel époux, parents et enfants, frères et sœurs apprennent à communiquer et à prendre soin les uns des autres de manière désintéressée, et où les frictions, voire les conflits doivent être surmontés non pas par la force, mais par le dialogue, le respect, la recherche du bien de l’autre, la miséricorde et le pardon. De l’intérieur de la famille, la joie de l’amour se propage dans le monde et rayonne dans toute la société. Et il termine par cette exhortation : En 2017, engageons-nous, par la prière et par l’action, à devenir des personnes qui ont banni de leur cœur, de leurs paroles et de leurs gestes, la violence, et à construire des communautés non-violentes, qui prennent soin de la maison commune. « Rien n’est impossible si nous nous adressons à Dieu dans la prière. Tous nous pouvons être des artisans de paix »  Amen.