homélie de l’Epiphanie

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Mardi lors de la séance de caté avec les CM1 je demande aux enfants ce que l’on va fêter dimanche…. Après un pieux silence l’une d’elle s’écrit « on fête la galette des rois ! »… et je nous imaginais tous ce soir (matin) à genoux devant une galette… Alors nous mangerons certainement de la galette des rois car nous fêtons l’Epiphanie. Et ce joli mot grec signifie… (interroger les gens) manifestation. L’Epiphanie du Seigneur, c’est sa manifestation, sa révélation au monde. C’est un évènement important que la prière d’entrée souligne bien : « aujourd’hui, Seigneur, tu as révélé ton Fils aux nations ». En effet, par la visite des mages venus d’Orient, la naissance de Jésus devient un évènement international.

Et notre rôle important aujourd’hui c’est de faire en sorte que le monde entier découvre la Bonne nouvelle du Salut que Jésus vient donner de la part de son Père et donc que tous les hommes se dirigent vers la crèche ! Or, en ces temps où notre foi et fragilisée et moquée, on pourrait avoir envie de rester entre bons croyants, de rester tous collés et agglutinés autour de la crèche au risque d’empêcher d’autres personnes d’y accéder ! Or, j’ai relevé dans la première lecture : « débout ! Regarde, lève les yeux alors tu verras ». Mais qu’y a-t-il à voir exactement ? Et bien je crois qu’il y a à voir les millions de personnes qui errent sans foi, sans but dans la vie, sans trouver de sens à donner à leur existence, à leurs épreuves parfois…. A tous ceux-là montrons-nous le chemin de la crèche ? Indiquons-nous celui qui s’est fait homme pour les rejoindre ? Pour marcher avec eux et les conduire au ciel ?

Vous aurez compris que je veux vous mettre en garde contre cette attitude de foi qui consiste à craindre que Dieu soit souillé et ainsi à vivre cachés avec notre Dieu, à vivre enfouis avec notre secret du bonheur. Nous aimons bien garder pour nous, les initiés, la splendeur révélée de l’homme et le salut que le Christ procure à ceux qui croient en Lui. En effet, si tous, nous nous accordons pour dire qu’il faut transmettre la foi, qu’il faut évangéliser ; les textes de l’épiphanie nous pousse à passer des vœux pieux d’aider, d’éclairer et de sauver les hommes à une évangélisation réelle ! Vous noterez au passage dans les textes que le plus gros du travail est fait par les nations, dans la première lecture, se sont les nations qui affluent vers le Seigneur et dans l’Evangile, se sont les rois-mages, représentant les nations qui viennent pour adorer le Seigneur. Ainsi donc notre rôle principal consiste à ne pas obstruer le passage vers le Seigneur. En guidant lui-même, par l’étoile, les rois-mages vers Jésus, Dieu nous préserve de tout accaparement du don qu’il nous fait. Il ne s’agit pas de « mon Jésus » mais de « notre Seigneur ». Il ne s’agit pas tant de « ma foi » que de la foi de l’Eglise. Il ne s’agit pas de mon salut mais du salut de tout le genre humain. Il nous faut bien comprendre que si Dieu nous a révélé le Mystère du Christ ; ce n’est pas pour nous seul mais pour que nous le fassions connaître au monde entier : comme le rappelle St Paul : « Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile ». Il nous appartient désormais d’annoncer cette Bonne Nouvelle du salut pour tous ceux qui veulent l’accueillir.

Ainsi, comme modèle d’annonce de la foi, je vous propose la Vierge Marie. Depuis la visite des bergers, Marie garde tous les évènements dans son cœur mais elle ne refuse pas l’adoration des bergers, ni celle des rois-mages. Elle laisse simplement la lumière de son Fils resplendir sur elle et sur toutes les représentations de l’Adoration des mages, Marie montre son Fils et le tend aux mages.

Nous recevons chacun, par notre baptême et à chaque Eucharistie la charge d’un trésor qui nous fait vivre : le Seigneur Jésus. Nous n’avons pas à le cacher, mais à l’imitation de Marie nous devons laisser cette divine lumière irradier à l’intérieur de nous et nous devons tendre le Christ aux hommes. Nous devons être des lampadaires, des phares pour éclairer les chemins des nations vers le Christ pour que se réalise les paroles du psaume : « tous les pays le serviront. »

Cette attitude nouvelle que je vous propose pour l’année à venir ne doit pas vous effrayez ! Et si vous craignez d’annoncer publiquement votre foi, d’avoir à découvrir votre trésor au monde, rappelez-vous les paroles d’Isaïe : « Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi. Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. » Voilà tout ce que je vous souhaite pour 2017, qu’à chaque Communion, remplis de la présence et de la lumière du Seigneur, vous vous tourniez vers ceux qui sont loin de la foi. Alors vous verrez, vous serez radieux et votre cœur frémira et se dilatera pour les accueillir et les aimer tous. Amen