homélie du 3° dimanche ordinaire

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Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie,

Mais j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »

Si, maintenant, comme ça, je vous demandais qu’elle est la seule chose importante que vous aimeriez demander au Seigneur ? J’aurais des réponses assez homogènes. Ainsi les personnes malades ou d’un âge avancé répondraient « la santé » ; les personnes tristes, « la joie », les personnes seules, « l’amour », les personnes dont la famille est désunie, « le retour à l’entente », quelques unes qui ont souci de leur salut diraient « le pardon des péchés » etc… tout cela est certainement bon, pourtant toute vie, même en bonne santé s’achèvera par la mort et à une maladie succédera une autre ; il sera toujours possible qu’une nouvelle épreuve entame la joie qui apaise notre cœur ; il y aura toujours un risque de rupture dans une famille où l’on a bien du mal à communiquer ; à peine sortis pardonnés du confessionnal nous serons à nouveau pécheurs, …. Alors que demander à Dieu si notre vie est si précaire et sensible aux aléas de la vie ? La mort pour être enfin apaisés ? Certainement pas ! Mais plutôt la vie, la vie en Lui, avec Lui, pour Lui ! Parce que Dieu est le Dieu de la vie, de la vraie vie. C’est d’ailleurs la seule chose à demander à Dieu selon le psaume qui nous dit : J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. La seule chose à chercher et à demander à Dieu pour chaque jour de ma vie serait donc d’habiter sa maison ? De quelle maison parle-t-il ? De son Royaume à venir ? De nos églises de pierres, de l’Eglise peuple de Dieu ? Allez, réfléchissons un peu ! Où est-ce que Dieu peut bien habiter ? Oui vous brûlez…. Osez le dire ! EN NOUS ! Car depuis le jour de notre baptême nous sommes le Temple de Dieu, la demeure du Très Haut ! La maison du Seigneur c’est donc notre corps et pas seulement notre corps mais aussi toute notre vie, toute notre chair qui fait de nous des vivants !

Alors là les choses se compliquent un peu : je dois demander au Seigneur d’habiter ma vie tous les jours de ma vie ? Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire, habiter sa vie tous les jours ? Cela veut dire vivre dans le présent de notre histoire. Car Dieu en se faisant homme a fait surgir l’éternité dans notre temps et donc lui, l’éternel présent vient nous rejoindre dans le présent de notre vie quotidienne. Ne cherchons pas Dieu dans les regrets d’hier ni dans les désirs de demain, mais dans l’aujourd’hui de nos vies et de nos actes. Au lieu de nous lamenter sur nos échecs et de nos péchés d’hier et de nous leurrer sur nos perfections de demain, habitons le présent de nos vies.

Car nous sommes trop souvent absents de notre propre vie, surtout quand nous laissons d’autres la prendre en main. Avez-vous remarqué que le monde dans lequel nous vivons veut à la fois nous projeter vers demain (à peine en vacances on nous parle de la rentrée, à peine la Toussaint passée on nous pousse à préparer Noël, à peine vos enfants entrer à l’école primaire on vous conjure de préparer leur entrée à la fac, à peine avez vous commencé à travailler qu’il faut préparer votre capital retraite et toujours bien vivant on vous propose des conventions obsèques pour préparer votre mort, etc…) et en même temps, notre société nous maintient dans le regrets des jours d’avant, les meilleurs, la messe s’était mieux avant, les relations humaines c’était mieux avant, la musique c’était mieux avant ; même celui qui nous parle, qui agit aujourd’hui, nous le replaçons dans ses erreurs, ses fautes, ses actions d’hier, nous avons du mal à être en vérité, dans le moment avec ceux qui sont auprès de nous. … L’œuvre du Satan est là qui projette nos vies dans le futur en gardant nos cœurs dans le passé. C’est cela qu’il faut changer : il nous faut être présents à nos vies aujourd’hui, affronter nos vies et nos épreuves aujourd’hui. Recevoir et écouter les gens pour ce qu’ils ont à nous dire et à faire aujourd’hui. Car nous croyons que la parole de Dieu est une parole vivante, une parole pour vous, pour moi, pour chacun de nous aujourd’hui ! Alors c’est aujourd’hui que se réalise la prophétie d’Isaïe, le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés. C’est fait par Jésus, sur la croix, une fois pour toute, sa mort et sa résurrection ont fait briller sur nous la lumière éternelle du salut de Dieu. Désormais Dieu a prodigué la joie et fait grandir l’allégresse dans toutes les vies de ceux qui acceptent que Jésus les regarde et les accueille tels qu’ils sont aujourd’hui : sans jugement, sans hypocrisie, sans faux-semblants. Il est le Dieu qui nous regarde comme nous sommes pour nous transformer en ce qu’il est !

Habiter la maison de Dieu tous les jours de sa vie, c’est donc descendre au plus bas de notre propre vie, non pas pour y rencontrer le pire, mais pour y découvrir la radieuse lumière de la beauté divine. Dieu ne peut habiter qu’un temple vivant, rayonnant de sa présence. Alors soyons présent à notre vie maintenant pour être plus proche des autres, rencontrant Dieu au plus profond de nous-mêmes, nous saurons aussi le voir chez les autres et ainsi réaliser la demande de Paul aux corinthiens, dans nos familles, dans notre Eglise catholique et avec tous ceux qui invoquent le nom du Seigneur; qu’il n’y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et d’opinions. Ce qui n’est pas la moindre des demandes en ce dimanche qui est au cœur  de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Amen