homélie du 29 janvier

en ce dernier dimanche de janvier et désormais à chaque fois qu’il y aura dans le mois un 5° dimanche, nous rassemblerons les deux paroisses des Roches et st Désiré en une seule célébration aux Cordeliers…

1° lettre de st Paul Apôtre aux Corinthiens : 

Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu. C’est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes dans le Christ Jésus, lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption. Ainsi, comme il est écrit : Celui qui veut être fier, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur.

Dans l’un des épisodes de « la Bible », une série télévisée programmée sur canal + il y a quelques années, on voit la scène de l’appel de Simon Pierre. Jésus, monté dans la barque de Pierre, lui fait vivre la pêche miraculeuse. Abasourdi par ce qu’il qualifie de miracle, Pierre se tourne vers Jésus et lui demande : « qu’allons-nous faire » et Jésus de lui répondre « changer le monde » ! Rien que ça ! Et on comprend bien ce projet divin quand on entend les lectures de ce dimanche. Dans chacune des lectures il y a un changement de perspectives par rapport aux réalités du monde. Comme si l’esprit du monde était bousculé par l’Esprit du Seigneur. Les propositions qui nous sont faites par le Seigneur sont simplement une inversion totale des réalités actuelles et humaine :

Ainsi quand notre monde ne jure que par la force d’un pays et le nombre de ses habitants, le prophète Sophonie dit au nom du Seigneur : Je laisserai chez toi un peuple pauvre et petit.

Quand notre monde ne jure que par l’intelligence brillante, la raison triomphante et un certain « m’as-tu vu ? », l’Apôtre st Paul dit au nom du Seigneur : ce qu’il y a de fou dans le monde, ce qu’il y a de faible dans le monde, ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi.

Quand notre monde ne jure que par un plaisir sans lendemain, une richesse ostentatoire et déploie l’individualisme, le Seigneur nous rappelle : « heureux les pauvres de cœur, heureux ceux qui ont faim de la justice, heureux les artisans de paix… »

L’appel du Seigneur à changer le monde n’est donc pas un appel à le détruire, mais à le transformer, à lui faire vivre une conversion, un retournement. Depuis la chute des hommes et le péché originel, notre histoire devient celle d’un ressourcement du monde,  de sa réorientation vers le désir premier de Dieu. Notre histoire humaine devient donc chemin vers les réalités divines, vers le plein accomplissement du projet de Dieu pour nous. Et pour que cette conversion soit efficace et possible, c’est Dieu lui-même qui va montrer l’exemple. C’est ce qu’il faut bien comprendre du texte des béatitudes. Ces Béatitudes, si belles qu’on aime les entendre proclamer sans se lasser, si inaccessibles ou irréalisables qu’on les relègue aussitôt au rang d’une douce utopie en affirmant : « ce n’est pas pour moi » ou « il faut être saint pour vivre cela ! » En effet, les béatitudes que nous venons d’entendre sont d’abord un portrait du Seigneur Jésus. Elles décrivent ce que Jésus lui-même a voulu vivre au milieu des hommes de son temps. Ces béatitudes révèlent son programme d’amour pour le monde ! Et nous savons tous, vous les futurs mariés autant que les couples qui empilent les dizaines d’années de mariage, nous tous frères et sœurs dans la foi qui essayons dans nos communautés de vivre comme une seule famille, que l’amour est une chose délicate, fragile et souvent difficile à vivre pleinement. Mais réaffirmer que cela est difficile ne veut pas dire déclarer que c’est impossible, car le Christ Jésus, en donnant l’Esprit Saint à son Eglise, offre à chaque baptisé les moyens et les forces nécessaires pour vivre au quotidiens les béatitudes.

Je vous partage les propos du pape François lors de son homélie de Toussaint 2016, car c’est ce jour-là que nous entendons aussi proclamer les béatitudes : Si il y a quelque chose qui caractérise les saints, c’est qu’ils sont réellement heureux. Ils ont trouvé le secret de ce bonheur authentique, niché au fond de l’âme et qui a sa source dans l’amour de Dieu. C’est pourquoi on appelle bienheureux les saints. Les béatitudes sont leur chemin, leur but vers la patrie. Les béatitudes sont le chemin de vie que le Seigneur nous enseigne, pour que nous suivions ses traces. … Les béatitudes sont de quelque manière la carte d’identité du chrétien, qui l’identifie comme disciple de Jésus. Nous sommes appelés à être des bienheureux, des disciples de Jésus, en affrontant les souffrances et les angoisses de notre époque avec l’esprit et l’amour de Jésus.

Nous pourrions pour aujourd’hui ajouter bien des béatitudes : heureux les jeunes mariés qui savent dialoguer et se pardonner l’un à l’autre, car ils bâtissent leur couple sur du solide, bienheureux les paroissiens qui s’ouvrent à l’accueil des différences et déploient la solidarité, car ils construisent ici bas le royaume de Dieu.

Vivre les béatitudes, c’est permettre au Seigneur Jésus de vivre et d’agir en vous. Lorsque vous viendrez communiez à son Corps, laissez-le vous vous revêtir de sa présence alors vous sentirez son amour vous saisir et vous verrez votre vie devenir béatitude pour transformer ce monde ! Amen