homélie du 5° dimanche

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Vous êtes le sel de la terre.
Mais si le sel devient fade,
avec quoi sera-t-il salé ?
Il ne vaut plus rien :
on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

    Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.
    Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.  De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

Avez-vous déjà prêté attention aux différents comportements des personnes qui sont à table avec vous et partagent le même plat. Certains, sans même avoir gouté ce qui leur est servi, vont réajuster aussitôt l’assaisonnement, salant et poivrant vigoureusement. D’autres après avoir goûté, trouveront le plat à peine trop (ou trop peu) salé. Et chacun ira de son couplet justificatif : « j’aime bien quand les plats sont très relevés », ou « l’assaisonnement est parfait, bravo ! » ou encore « ça manque à peine de sel ! »… et il en va de même quand vous entrer avec des convives dans une pièce dont il faut régler l’éclairage, certains préfèreront l’éclairage direct et franc, d’autres l’éclairage tamisé ou indirect et des justifications semblables seront données « c’est plus intime » ou « on y voit mieux » etc.. Le plus important dans ces deux exemples est que chacun trouve son confort, qu’il soit papillaire ou oculaire.

Eh bien, ce qui vaut pour ces actes de la vie quotidienne vaut aussi pour notre vie de foi et notre agir de missionnaire ! je veux dire par là que nous trouverons parfois que les paroisses où nous arrivons, les personnes que nous fréquentons, les activités ou groupes auxquels nous adhérons manquent de foi, de piété, de spiritualité, de fidélité à l’enseignement de l’Eglise, parfois même de connaissance de la personne de Jésus, etc…et alors nous serons tentés d’y mettre notre grain de Sel, d’apporter notre rayon de Lumière. Et c’est bien l’invitation du Seigneur ce matin qui nous appelle à être sel et lumière pour les hommes et les femmes de ce monde. Jésus nous demande de donner le gout de la bonne nouvelle au monde et d’éclairer les hommes par notre foi. Mais il n’a pas dit de le faire de telle ou telle façon. Chacun de nous a sa manière et toutes les manières sont complémentaires, comme chacun sale ou éclaire à sa manière… ainsi, avant de juger des manières de saler et d’éclairer de chacun, voyons comment ce que disent et font les autres donnent le gout de la foi et rayonnent de la lumière du Christ. Je vais exposer quelques cas typiques :

Cas N°1 : salage immédiat et lumière vive. Beaucoup de nos jeunes catholiques (et certains moins jeunes) sont dans cette posture, portant sans crainte une croix, un tee-shirt ou un sweet-shirt avec message explicite : « souris, Jésus t’aime », « Jésus 1ier dans ma vie » ou les logos de la manif pour tous…. Ils aiment alterner adoration du saint sacrement et concert de pop-rock (comme nos jeunes des samedis de st Dé !). Jeunes ou moins jeunes capables d’aller à la rencontre des gens sur les plages, de faire de l’évangélisation de rue, etc…. Ils occupent le terrain sans peur et annoncent le christ Sauveur de manière claire et décomplexée.

Cas N°2 : après avoir pris le pouls de la situation, léger salage supplémentaire et augmentation légère de l’éclairage. Nous avons là une bonne part des chrétiens aujourd’hui, qui osent encore proposer le baptême ou le caté à leurs petits enfants et qui veillent à ce qu’à Noël en famille on ne pense pas qu’au gros bonhomme rouge sur son traineau et qu’à Pâques on ne fasse pas que chercher les œufs dans le jardin. De nombreux chrétiens sont dans cette posture d’essayer de donner un supplément d’âme à leur entourage : proposant de bénir le repas le dimanche, de faire un simple signe de croix sur le pain, d’entrer dans une église avec les petits enfants pour y brûler une bougie lors des vacances, de faire avec eux la crèche à Noël, de vivre la veillée pascale, de leur apprendre discrètement le Notre Père ou le « je vous salue Marie » pour qu’ils y découvrent la joie de la présence de Dieu. Etc.

Cas N°3 : on s’accommode de la situation : ni salage, ni lumière en plus. Il s’agit pour ces personnes-là d’être présent au milieu des autres, sans rien ajouter. Ils sont seulement des personnes vivant leur foi au quotidien : ils revendiquent d’être enfouis dans ce monde, comme un feu de braise sous les cendres qui continue, sans être vu, de prodiguer de la chaleur. Ce sont là de nombreux fidèles chrétiens qui prient plus avec leurs bras et leurs mains qu’avec un chapelet. Ils retroussent les manches pour donner un coup de main à telle ou telle association caritative, d’insertion, d’accueil des migrants.

Mais dans chacun de ces cas, c’est toujours l’amour de Jésus, la foi au Dieu Trinité qui pousse à agir. Ces trois façons de faire sont complémentaires et indispensables à la vie paroissiale. Et je me réjouis de pouvoir compter sur des chrétiens vivant de ces trois façons-là dans notre doyenné, grâce à elles sont rejointes toutes les personnes habitant chez nous et ainsi sous tous les modes possibles le Seigneur est servi et glorifié. Merci à tous d’avoir le souci de la mission et du témoignage de votre foi. Que le même Pain que nous allons partager lors de l’Eucharistie fasse de nous un seul Corps gouteux et lumineux, pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Amen