parler de politique avec les parents des enfants catéchisés…

Ce samedi 01 avril  de 17h00 à 19h00, pendant le temps fort du pardon pour les enfants catéchisés, j’ai pu rencontrer les parents qui le désiraient. Avec une cinquantaine d’entre eux nous avons parlé de politique à partir du document « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique » rédigé par la conférence des évêques de France. après avoir brièvement présenté ce document (présentation consultable ci-dessous)

cef election 2017

doc CEF 2017

nous avons réfléchi et échangé autour du chapitre 6 intitulé :l’éducation face à des identités fragiles et revendiquées.


20170401_1743011/ Une prière à l’Esprit Saint

Esprit Saint, mets dans mon cœur l’amour fraternel
qui me permettra d’aller à la rencontre des autres
dans un esprit d’échange et de partage
au-delà de leurs différences.
Que chacun apprenne à découvrir les richesses de l’autre.
Esprit Saint, apprends-nous à nous écouter mutuellement
avec patience et humilité,
pour que chacune de nos rencontres devienne un carrefour
où chacun reçoit autant qu’il donne,
même si nous venons de chemins très différents.
Esprit Saint, donne-nous la force de la foi et rassemble-nous
dans une volonté commune d’annoncer  la bonne nouvelle à tous.
Apprends-nous la joie de la foi, de l’espérance,
de l’amour qui transforme le monde
et libère tout homme de ses pêchés, de ses misères spirituelles ou matérielles.
Esprit Saint, pousse chacun vers le grand large,
vers la civilisation de l’amour
où ce qui nous rassemble nous libérera de ce qui nous divise. Amen

2/ Débattons autour du N°6

« L’interpénétration croissante des sociétés est devenue une caractéristique majeure de la mondialisation que connaît notre époque. Cette nouvelle réalité fait apparaître comme en écho le besoin profond des êtres humains et sociétés de reconstruire leur différence chaque fois que leur identité est secouée, malmenée. Cette question de l’identité travaille notre société française. Et beaucoup de nos concitoyens, confusément ou non, s’interrogent : qui suis-je vraiment ? A quoi est-ce que je crois ? Quelles sont les valeurs qui m’ont façonné et qui comptent pour moi ? D’où viennent-elles ? Quelles sont mes appartenances, mes fidélités ? Plus largement, au niveau de tout un peuple, ce sont les mêmes interrogations : quelle est notre véritable identité ? De quoi se nourrit une identité nationale ? Mais aussi quel sens y-a-t-il à vivre ensemble, quelle reconnaissance, quelle utilité sociale ? Ce sont des questions importantes parce que nous savons que l’identité donne des racines, inscrit dans une histoire, et en même temps permet d’accéder à un groupe. Il est très important que notre société s’empare de ces questions, à la fois pour percevoir ce qui a construit et forgé notre pays, mais aussi pour prendre la mesure de la richesse que des identités plurielles peuvent lui apporter en faisant émerger les liens d’unité au cœur même de cette diversité. Il ne faudrait pas que les recherches et affirmations d’identités débouchent sur des enfermements identitaires. Plus que d’armure, c’est de charpente que nos contemporains ont besoin pour vivre dans le monde d’aujourd’hui.

A cet égard, le parcours de ces jeunes de nationalité française, le plus souvent d’origine arabe mais pas tous, qui sont partis combattre en Syrie ou en Irak pour Daech ne peut que nous interpeller. On peut apporter différents éléments d’explication. Mais il semble assez clair qu’il s’agit de jeunes déstructurés qui n’ont pas trouvé leur place dans la société, et qui pour certains avaient déjà basculé dans de la petite délinquance. Ils vont trouver dans un discours clé en main et un engagement radical, l’opportunité de donner immédiatement un sens à leur existence, de la faire sortir de la médiocrité, et de contester la société dans laquelle ils n’ont pas su s’insérer. Sans minimiser en aucune façon leur responsabilité ni celle des commanditaires qui ont manipulé leur destin, il convient de se demander pourquoi l’intégration n’a pu s’opérer, et comment notre société a laissé une partie de sa jeunesse se perdre dans de telles aventures mortifères et meurtrières.

Pour cela, il ne suffit pas de regarder notre société et de reconnaître qu’elle est devenue plurielle : il est nécessaire de s’interroger sur la crise que traverse depuis plusieurs décennies notre système éducatif. La famille, en tant que premier lieu d’éducation, a vocation à ne pas enfermer l’enfant et à lui donner les premiers éléments de son entrée dans une communauté humaine toujours plus vaste que son milieu d’origine. Cette œuvre éducative n’est pas achevée par la famille : elle se poursuit jusqu’à l’âge adulte grâce à l’école, lieu par excellence de socialisation et d’exorcisation de la violence. Mais la tâche éducative va plus loin : au-delà de la nécessaire transmission des savoirs et de la non moins nécessaire acquisition des compétences, elle se doit d’ouvrir les jeunes à l’universel par la culture, seule en mesure de rendre possible le dialogue entre les cultures.

Dans notre société, profondément redevable à l’égard de son histoire chrétienne pour des éléments fondamentaux de son héritage, la foi chrétienne coexiste avec une grande diversité de religions et d’attitudes spirituelles. Le danger serait d’oublier ce qui nous a construits, ou à l’inverse de rêver du retour à un âge d’or imaginaire ou d’aspirer à une Eglise de purs et à une contre-culture située en dehors du monde, en position de surplomb et de juge. La révélation chrétienne ne conduit pas à une telle contre-culture, car depuis les origines elle fait alliance avec la raison et reconnaît des « semences du Verbe » dans la culture, définie par Jean-Paul II comme ce par quoi « l’homme devient plus homme » (UNESCO, 2 juin 1980). »

Voici les questions à partir desquelles ils ont travaillés et quelques une de leurs réponses

  • Comment définiriez-vous votre identité ?

beaucoup se sont retrouvés dans la phrase suivante : Plus que d’armure, c’est de charpente que nos contemporains ont besoin pour vivre dans le monde d’aujourd’hui.

ils ont mis en confrontation retrancher / protéger  et construire. Ils se sont demandé quelle était la charpente avant notre génération car toute la société paraissait plus solide : il semblerait qu’on ait perdu quelquechose depuis la génération des grands-parents dans la capacité à intégrer les autres et leurs différences.

les parents présents considèrent la religion comme une valeur refuge. Il trouve que se définir uniquement par rapport à son travail, son patrimoine, son lieu de naissance ou de vie est insuffisant; ils faut avant tout dire ce qui nous enracine, les valeurs qui nous structurent pour garder le « cap », une ligne de conduite dans la vie. Ils essaient de rester le plus proche possible de ce qu’ils ont reçu dans leur jeunesse : des valeurs chrétiennes qui ont bâti la société : tolérance, amour du prochain, paix, etc.

  • Quelle doit être la place des chrétiens dans la société ? Que peuvent-ils apporter à celle-ci ?

tous on souligné l’image négative de la foi catholique dans la société (intégrisme, affaires de pédophilie) …Il est de plus en plus difficile d’être chrétien aujourd’hui car le petit nombre de croyant créé un effet de marginalisation y compris pour les enfants qui n’osent pas dire qu’ils sont chrétiens, qu’ils vont au caté ou à des célébrations!

alors est intervenu une maman arrivée d’Italie : elle est surprise qu’en France la foi n’aille pas de soi, qu’il faille toujours négocier avec l’enfant. Chez elle la foi et le caté ça va de soi pour tous les enfants!

ils sont assez partagés quant à savoir s’il faut parler de sa foi en public et oser dire qu’on est croyant à ses collègues…. car pour certains la foi est avant tout une affaire privée!

ils se sont interrogés sur une société qui serait dirigée par la religion, serait-ce possible (le curé a rappelé que ce fut le cas durant 1000 ans en France, avant la révolution!)

enfin ils perçoivent la place des chrétiens, comme ceux qui vivent les valeurs évangéliques : être présents aux autres, vivre un partage en vérité.