homélie du jeudi Saint

 

messe de la sainte Cène à st Luc …

1° lettre de st Paul aux Corinthiens

Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.

homélie donnée aux Cordeliers pour la sainte Cène : 

Ce soir nous faisons mémoire du dernier repas du Seigneur Jésus au cours duquel il offrît sa vie dans le pain partagé avant de déposer sa divinité aux pieds de toute l’humanité dont il se fait le serviteur. Deux grands gestes scandèrent ce repas : Jésus brisa son Corps pour en nourrir l’humanité, Jésus agenouilla son corps se faisant serviteur de l’humanité.

Ces deux gestes d’amour absolus, c’est ce soir que nous les vivons avec lui. Ce soir le Christ livre son Corps en nourriture et son Sang en boisson pour notre salut. Ce soir il se met aux pieds de ses disciples, à nos pieds, pour se faire notre serviteur à jamais. C’est aussi ce soir que le Seigneur entrera en agonie, ce soir que nos lâchetés le laisseront seul alors qu’il s’offrira au Père pour nous, ce soir que nous aussi nous nous endormirons sans le rejoindre et l’aider de notre regard, de notre prière dans son œuvre de salut.

Frères et sœurs, je vous livre là le cœur de la foi eucharistique de notre Eglise : à chaque Eucharistie que nous célébrons nous actualisons, c’est-à-dire que nous rendons présent ce soir-là, ce dernier repas de Jésus. D’une certaine manière nous pouvons dire que c’est la même eucharistie qui est offerte depuis 2000ans, car c’est toujours le Christ qui s’offre à nous, il ne cesse de s’offrir pour nous donner la vie jusqu’à la fin des temps.

Tout ce qu’est l’Eucharistie, tout ce qu’elle annonce est déployé pour nous ce soir : à la fois, un repas et un sacrifice, une offrande au Père et un service des hommes, un mémorial des merveilles du Seigneur et un gage de la vie éternelle.

L’eucharistie est un repas dans sa forme au moins, du fait que le Seigneur l’institua lors de son dernier repas partagé avec ses disciples. Elle est le repas qui rassemble chaque dimanche toute la famille des croyants et les amis du Christ convoqués par Lui selon ce que rapporte st Paul aux Corinthiens : « Faites cela en mémoire de moi. »

L’Eucharistie est aussi un sacrifice, car ce qui est offert n’est pas que nourriture humaine, mais pain et vin devenu Corps et Sang du Christ. Jésus donne sa vie dans l’Eucharistie et, pour nous faire comprendre ce don immense, il l’associe au don de sa vie sur la croix pour le pardon des péchés. C’est le même acte d’amour : livré dans les mains des hommes pour être mangé, livré dans les mains des hommes pour être crucifié. C’est Paul qui nous le fait comprendre : Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur.

L’Eucharistie est une offrande : le Christ s’offre à son Père pour que nous devenions son Corps offert aux hommes. Oui, mes amis, c’est vous que le prêtre offre à Dieu, pour faire de vous le bon pain de Dieu pour le monde.

L’Eucharistie nous met au service des hommes. Christ se laisse manger par nous pour que nous puissions être offerts au monde, pour que nous devenions son Corps qui nourrit le monde de sa vie, de sa joie, de sa charité ! Désormais nous devons être son corps agenouillé devant toute l’humanité pauvre et blessée, nous mettant à son service car dit le Seigneur Jésus : c’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.

L’Eucharistie est un mémorial des merveilles du Seigneur, un gage de vie éternelle. Si le sang de l’agneau immolé en Egypte et  mis sur les deux montants et sur le linteau des maisons protégea le peuple juif du fléau de la mort, combien plus, le Sang précieux du Seigneur qui coule en nos veines par l’Eucharistie consommée, détruit en nous la mort et le péché et y fait jaillir la vie éternelle :

Alors sachant tout cela nous pouvons comprendre l’affirmation du Concile Vatican II faisant de l’Eucharistie « La source et le sommet de la vie chrétienne »

Oui Frères et Sœurs, le Seigneur Jésus est là, réellement présent dans son Eucharistie ! Il est là dans toute sa gloire divine, présent dans le pain et le vin que l’Esprit Saint par la main des prêtres transforme en Corps et Sang du Christ.

Si nous pouvions voir avec des yeux purs la liturgie céleste, alors nous verrions des milliers d’anges recueillis tout autour de l’autel, lorsque le prêtre, étendant les mains, consacre le pain et le vin pour en faire la nourriture de notre salut. Car alors l’autel devient la porte du ciel et ce sont les mains sanctifiées des prêtres qui en sont la clé.

Ne croyez pas que je veuille me la jouer, ce mystère s’il vous dépasse,  me dépasse encore bien davantage, comme il dépasse tous les prêtres de notre Eglise catholique. Mais c’est cela que le Seigneur a voulu pour son peuple en appelant des hommes célibataires pour le réaliser. Alors pour que nous ne manquions jamais de l’Eucharistie, priez pour que des jeunes (et – jeunes) hommes entendent et répondent à l’appel du Seigneur et se mettent à son service et aux vôtre et priez aussi pour que les prêtres et diacres que nous sommes, tiennent fidèlement, dans leur mission, ainsi la mémoire du Seigneur ne s’éteindra jamais dans le doyenné de Lons. Amen