homélie du jour de Pâques

Ces derniers jours ont été rudes pour les amis de Jésus : leur maître et Seigneur est mort. Celui en qui ils avaient mis leur espérance, celui qui avait rempli leur cœur du feu de Dieu git au fond d’un tombeau depuis 2 jours déjà. Celui qu’ils ont vu avec autorité guérir les malades, chasser les démons, pardonner les péchés, réaliser de grands miracles est mort. Ils n’ont même pas eu le courage de se tenir au pied de la croix pour le soutenir dans son agonie. Il est mort et mis au tombeau, comme ils ont mis en berne leur joie, leur espérance, leur envie de vivre. Ils sont au plus bas, anéantis par leur souffrance. Et c’est là, quand les ténèbres semblent l’emporter, quand la mort croit être victorieuse que jaillit un évènement qui fait renaître la flamme de l’espérance, le souffle de la vie dans les cœurs et les âmes prisonniers des regrets et de la culpabilité.

Cet évènement n’est rien de sensationnel pour l’instant, juste un petit brin de femme, Marie-Madeleine qui s’en revient du cimetière en courant, elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »

Qu’est-ce qui se passe dans la tête des disciples ? que comprennent-ils des mots de cette femme ? Quel crédit accorder aux paroles d’une femme qui se prostituait ? Et en même temps une force qu’ils ne peuvent contenir les envahit et les sort de leur tristesse et de leur torpeur. Une puissance, celle de l’espérance peut-être, les remet sur pieds et voilà nous dit l’Evangile que Pierre partit avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble. Du fond de leur tristesse, du fond de leur misère et de leurs doutes une force les relève, les met en marche et les aide à courir ensemble, dans le même sens, vers le même but, le Tombeau de leur ami Jésus.

Cette force nouvelle les conduit vers un lieu de mort, c’est étrange non ? Et si cela signifiait que tout recommence là où ils ont cru de tout était fini ? Et si le tombeau n’était plus désormais l’abîme des années perdues mais plutôt la porte vers la vie éternelle, le portail qu’il faut franchir pour vivre réellement une vie d’homme pleine et entière ! Alors nos disciples courent vers le tombeau de leur Maître, vers le tombeau de leur Dieu car ils sentent que c’est de là que tout recommence. C’est de la mort que jaillit la vie, c’est du tombeau que jaillira l’homme nouveau, le Christ ressuscité….

Et nous où allons-nous ? Vers quoi courons-nous durant nos années de vie ? Quelle espérance nous nourrit, quel bonheur attendons-nous ? En ce jour de grande fête, comme les disciples sachons revenir à la source, là où tout commence à nouveau, là où tout revient à la vie, là où nous ressuscitons, libres et vainqueurs de nos peurs, de nos péchés, de nos faiblesses et de toutes ces morts qui nous empêchent de vivre vraiment. Dans sa souffrance, dans son agonie, dans sa mort sur la croix  Jésus a pris tous nos péchés, toutes nos faiblesses, toutes nos peurs avec lui, sur lui! Il a fait mourir sur la croix tout ce qui nous empêche de vivre vraiment. Plus encore, grâce à sa mort, nos faiblesses, nos peurs et nos péchés sont aussi mis au tombeau avec lui.

C’est donc au cœur de l’amour qui a pris sur lui notre mal et qui a tout donné de lui-même que notre vie peut repartir, que notre vie peut reprendre sens. Parce qu’il a tout donné par amour pour nous, jusqu’à sa propre vie, nous pouvons tout recevoir de lui. Dans les heures d’angoisse au jardin des oliviers, en s’abandonnant à la volonté de Dieu son Père, il nous a appris à faire une absolue confiance à Dieu dans la traversée de nos épreuves. En offrant et en remettant toute sa vie, jusqu’à son dernier souffle, entre les mains de son Père, il nous indique la source et le but de notre vie : les mains et le cœur de Dieu. En pardonnant jusqu’à l’extrême ses bourreaux, il nous apprend que toute vie en société exige l’amour plus fort que la haine, le pardon plus fort que l’offense, la réconciliation plus forte que la rancune, la vie plus forte que la mort ! En jaillissant vivant pour toujours du tombeau, Il nous apprend que notre destinée est le ciel, c’est st Paul qui nous le rappelle ce matin : Frères, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : rechercher les réalités d’en haut cela commence par vivre aujourd’hui sur cette terre comme des ressuscités : c’est-à-dire glorifier Dieu par nos prières et nos louanges, annoncer à tous les hommes la Bonne Nouvelle de leur salut en Christ et servir tout homme et chaque homme dans le respect et la vérité.

En ce jour de Pâques chacun de nous est appelé à jaillir de son tombeau, à revêtir l’homme nouveau, le Seigneur Jésus Christ, qui s’offre à nous dans la communion à son Corps. Laissez-le Christ, votre Dieu descendre en vous, vivre en vous, faire de vous des ressuscité. Amen