homélie 12° dimanche du temps ordinaire

Lecture du livre du prophète Jérémie

Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c’est à toi que j’ai remis ma cause.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits.

Le moins que l’on puisse dire c’est que les mots employés dans les textes de la liturgie, surtout dans la 1° lecture et l’évangile détonnent par rapport à ce que nous pouvons entendre habituellement le dimanche. Certes elles nous bousculent, mais elles sont aussi Parole de Dieu, elles sont autant que les autres un enseignement du Christ pour nous, pour notre vie chrétienne à Lons ce 25 juin.

Il faut dire que, dans notre esprit chrétien occidental, nous avons passablement aseptisé le message de Dieu délivré par l’Ancien Testament et les Evangiles et surtout la figure du Christ Jésus dont nous avons fait un gentil garçon qui accepte tout sans broncher et même nous sourit encore malgré nos péchés, nos infidélités à sa Parole et parfois le reniement à son enseignement ! Excusez-moi, mais j’ai du mal à croire qu’on attirera des personnes à Jésus en leur présentant une espèce de personnage tout mou, sans saveur et sans profondeur. Être chrétien, c’est-à-dire être disciple du Christ exige des combats, des renoncements et des choix auxquels se tenir. Et les textes de ce jour en sont une bonne illustration.

1/ Ne pas entrer dans la spirale de la vengeance, ou alors d’y entrer à la manière de Dieu ! En effet, dans la première lecture, quand nous voyons le prophète Jérémie, moqué et haï par les habitants de son pays nous nous sentons rejoins par lui. Nous aussi à cause de notre foi en Dieu et des exigences qu’elle implique (comme défendre le mariage et la famille traditionnelle, la filiation biologique ou redire notre horreur de l’avortement, comme réaffirme la nécessité de ne pas laisser à la porte de notre société les milliers de migrants, ou défendre la dignité de tout homme à vivre de son travail, etc.) nous pouvons être comme Jérémie, moqués, méprisés et parfois persécutés comme nos frères d’orient. Alors peuvent monter à nos lèvres les mêmes paroles guerrières que celles de Jérémie : le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable : mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas. Leur défaite les couvrira de honte, d’une confusion éternelle, inoubliable.  Oui nous aussi parfois dans nos prières nous implorons Dieu de nous venger, comme Jérémie : Seigneur de l’univers, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c’est à toi que j’ai remis ma cause.

Mais il nous faut accepter que la revanche de Dieu soit différente de notre vision. Dieu ne se venge pas par le meurtre, mais par le don de sa vie sur la croix ; il ne désire pas la mort de ses ennemis mais leur conversion. La vengeance de Dieu c’est de réaffirmer sans cesse que son amour est pour toujours, c’est laisser la porte du salut ouverte. Cependant, il appartient à chacun de la franchir, de se laisser guérir par Dieu…. De fait, notre plus belle revanche sera de voir nos ennemis au paradis, preuve alors qu’ils ont gouté, grâce à nos prières, à la joie du salut !

2/tout pour la mission. L’être même du chrétien, c’est la mission, nous n’existons et ne croyons que pour devenir un maillon dans la chaine de l’annonce du salut. Comme je le disais dimanche dernier aux 1ier communiants : Dieu fait de nous son bon pain à donner au monde. Un chrétien est eucharistié pour devenir le pain de Dieu pour les hommes. Ainsi notre « oui » à Dieu par notre acte de communion à son Corps devient notre « oui » à la mission qui consiste à devenir le haut-parleur du bon Dieu : Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Eh oui mes amis, ce que Dieu vous dit dans le cœur lors de la communion, vous devez aller le dire au monde entier : Dieu vous aime, il veut vous nourrir de sa vie pour que vous viviez !

Il n’y a donc pas d’eucharistie sans acte de charité, sans témoignage concret de la foi. Une fois qu’on a communié on a fait que 50% du boulot… après il faut porter et partager cet amour et cette force reçus aux autres, à son mari, à ses enfants, à ses voisins, à l’inconnu qui vient à moi….Jésus l’affirme sans détour : Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. Ainsi c’est la foi vécue et partagée en fidélité au Christ qui est chemin de salut pour chacun de nous, nous seront jugés sur le nombre d’eucharisties que nous auront transformées en actes d’amour concrets !

3/ il faut donc prier pour que nous ne manquions jamais de prêtres pour célébrer l’eucharistie qui est la source où l’Eglise puise l’amour pour devenir servante de l’amour. Aujourd’hui, Vincent et William sont ordonnés prêtres, demain qui recevra l’imposition des mains pour cette grande aventure du sacerdoce ? Certes, il vous faut prier, mais vous êtes aussi « appelés à appeler » : interpellez vos jeunes pour qu’ils réfléchissent à la voie du sacerdoce comme chemin de bonheur et d’épanouissement,  invitez les prêtres chez vous, pour que vos enfants et petits enfants les voient et réalisent le bonheur qu’il y a à servir le Christ et son Eglise.

En résumé ? : Soyez des chrétiens audacieux : priez pour vos ennemis, annoncez sans crainte votre foi et interpelez les jeunes sur les vocations… de quoi vivre en famille un bel été missionnaire ! Amen