Présentation des travaux de restauration des peintures murales et du missel de l’église de Revigny

Ce vendredi 23 juin, à l’invitation de la mairie de Revigny, une foule nombreuse et passionnée s’est retrouvée à l’église de Revigny. Depuis qu’ont été découvertes les peintures murales représentant la passion du Christ dans le choeur de l’église, de nombreuses personnes ont à coeur de les faire connaître et restaurer.

en plus, dans un missel du XVI° siècle retrouvé par l’une de nos paroissiennes il est fait mention, par le curé de l’époque, d’un événement  miraculeux à l’origine de la fête « de la mont carmel » dans le village. Ce missel a lui aussi été restauré …. 

les mots que vous lirez ci-dessous sont de Madame Annette Fusier

L’église de Revigny était bondée le 23 juin 2017 après-midi (du monde jusque dans la tribune) pour la présentation de deux restauration :    

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 –  les peintures murales du chœur de l’église

– le missel de la mairie.

Monsieur le maire Jean-Yves Bailly a donné le récapitulatif des travaux :

effectués : le toit  (2012-2013),

à venir : cloche, fissures du chœur. Montant 160.900 euros avec financement en cours d’organisation avec l’aide de la Région, du Département, de la fondation du patrimoine (appel au peuple : donnez et réduisez vos impôts ! ) et le prix : Pèlerin  Patrimoine en 2016 de 13 500 €. La procédure de classement est en cours.

En l’absence des restauratrices de Vesoul les peintures ont été expliquée par Mme Lanczitk  sui pour se faire entendre a dû se résoudre à « monter en chaire » (une idée de l’éventuelle féminisation du clergé et pour Monsieur l’abbé Brelot peut-être l’envie de réutiliser les chaires de ses églises !)

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Avec M. Buzelin de la DRAC, Mme Lanczitk  nous a exposé l’histoire de ces peintures et dans un 2ème temps le public est monté dans le chœur pour mieux voir. Révélées fortuitement par une infiltration en décembre 2013 – provoquée sans doute par les fissures dues au poids du clocher bâti au XVI° siècle sur l’église datant du XV°.

Dégagées de novembre 2014 à janvier 2015 les 17 scènes de la passion du Christ ne sont pas toutes bien reconnaissables, surtout sur le côté sud plus humide. Deux et demi ont été restaurées (moitié supérieure du fait de la fenêtre percée plus tard). L’arrestation de Jésus avec le baiser de Judas est l’élément principal – on remarque Jésus tenant l’oreille coupée par Pierre au serviteur du grand prêtre (avant de la replacer ) Pierre qui replace son épée dans le fourreau. Les visages ne sont pas refaits dans cette scène mais sont très expressifs dans la suivante où les guerriers ont des mines farouches (Jésus devant Pilate sans doute).

Les couleurs ont été restituées avec minutie suivant une technique pointilliste qui masque les piquetages (350 par m ) effectués lorsque quelques siècles plus tard les peintures démodées ont été remplacées par d’autres enduits, piquetages qu’on voit bien sur les scènes non encore restaurées. Les techniques utilisées lors de la réalisation puis de la restauration sont clairement démontrées.

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Après ces explications données en un duo très dynamique, le public s’est rendu à la salle polyvalente pour découvrir le missel restauré.

En très mauvais état, victime des usures du temps, il a bénéficié entre les moines de Cyndy Landry d’un véritable lifting expliqué de façon très précise, documents à l’appui. Cet ouvrage compte 384 pages mais manquent les pages de 128 à 216. Il date du XVI° siècle (1589 imprimé à Besançon). Désormais restauré pour le contenu le voir à la mairie.

Mais ce que tout le monde attendait c’est l’histoire de l’événement  …. relaté sur une page du calendrier : le récit du vicaire de Revigny : Antoine Roux. C’est Mme Annie Gay qui, avec son talent oratoire bien connu et sa compétence révélée de longue date qui a éclairé cette histoire.

D’abord la date : le 16 juillet 1634 dit le texte – mais en se référant à Mme Guyard  directrice des archives départementales, une erreur de transcription doit être rectifiée : les faits datent du 16 juillet 1637.

C’est un événement lié à la guerre de Dix Ans  lors d’une des tentatives de conquête par la France de cette terre espagnole des paysans réfugiés dans les grottes (Baumes), de Revigny ont été attaqués et ont échappé au désastre. La légende et la tradition attribuent cette victoire à l’intervention de la Vierge qui a détourné les balles sur un essaim d’abeilles lequel a mis les assaillants en fuite. De ce miracle est issue la fête du 16 juillet où Notre Dame est célébrée en procession vers l’oratoire des Monts de Revigny. Cette brillante explication n’est ici que résumée avec des moments savoureux :

– Comment la pauvre armée comtoise imprudemment avancée devant le duc de Longeville remontant du Bugey a été « patafiolée » (écrasée ?) à  Cornod  le 16 mars 1637.

La mise au point sur la résistance collective conduit par des chefs de bande … dont le célèbre Lacuzon à Montaigu et St Laurent la Roche, ou La Courbière en Bresse et ici à Revigny le curé de St Maur qui ne se contentait pas de protéger et soutenir religieusement les paysans réfugiés (21 baptêmes de 1631 à 1648) et d’ aider lors d’une épidémie de peste mais aussi les dirigeait lors des escarmouches, comme d’autres prêtres ailleurs dans la comté…)

Cette après-midi culturelle s’est achevé par un « pot de l’amitié » dont le buffet de qualité exceptionnelle est à signaler. Et le public nombreux et attentif attend la suite des restaurations de ces peintures murales qui sont rares en Franche Comté.