homélie du 14° dimanche ….

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Cet Évangile que nous entendons lors de la fête du Sacré Cœur, fête de l’infinie miséricorde de Dieu pour tous les hommes, il nous est donné de l’entendre ce dimanche 14° du temps ordinaire. Dans les propos de Jésus nous pouvons distinguer trois moments distincts : une prière de louange adressée au Père, une affirmation sur la connaissance de Dieu et enfin un appel à devenir disciple. 3 moments, donc 3 parties dans mon homélie :

1/ L’Évangile commence donc par une prière d’action de grâce de Jésus. Jésus rend grâce à son Père car ses apôtres, de simples pêcheurs, se sont laissés instruire par l’Esprit Saint. Jésus exulte de joie pour les moyens que son Père utilise pour se faire connaître des hommes. Il passera par ceux qui sont devant lui le cœur disponible, l’âme ouverte.

Cette parole de Jésus est un aide mémoire pour chacun de nous. Ce que nous savons de Dieu, nous le savons par révélation du Père. Nous n’avons pas à en tirer orgueil, c’est toujours Dieu qui fait le premier pas en notre direction. Certes, par nos capacités à réfléchir (qui sont elles aussi cadeaux de Dieu), nous pouvons accéder à la connaissance de Dieu et la déployer pour la faire comprendre aux autres. Mais n’oublions jamais que Dieu ne peut venir remplir de sa présence que des cœurs qui L’attentent, des intelligences qui Le cherchent et des âmes qui désirent Lui ressembler. Alors demeurons pauvres pour qu’Il nous enrichisse !

2/ l’Evangile se poursuit par une affirmation sur la connaissance de Dieu : Si Dieu vient jusqu’à nous, c’est pour faire alliance avec nous, pour nous connaître. Connaître Dieu est d’abord une initiative divine, une invitation du Seigneur. C’est Dieu qui nous appelle à nous unir à Lui et il le fait par son Fils Jésus qu’il a envoyé dans le monde pour sceller son alliance éternelle avec l’humanité. Car qui mieux que le Christ connaît le Père, lui qui s’est fait le plus petit parmi les petits ? Lui qui est venu réaliser la volonté de Dieu au milieu des hommes ? 

Ainsi Jésus veut se communiquer aux autres, à nous ce matin, il veut se faire connaître de nous et faire connaître son Père. Comment donc le laisser œuvrer en nous ? D’abord en méditant sérieusement les textes bibliques car ils vous aideront à comprendre combien le projet de Dieu est cohérent, lui qui a choisi un peuple pour y naître et pour ouvrir ses promesses à tous les hommes. C’est ce que nous rappelle le prophète Zacharie dans la première lecture : Voici ton roi qui vient à toi :… Il brisera l’arc de guerre, et il proclamera la paix aux nations. Sa domination s’étendra d’une mer à l’autre.

Celui qui parcoure la Bible, avec le secours de l’Esprit, découvre que l’amour divin du Père enfante sans cesse notre monde et le relève avec patience. Comme le laisse entendre le psaume : le Père est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour, Il soutient ceux qui tombent et redresse les accablés.

Ensuite, vous le savez bien, puisque vous êtes ici, Jésus se fait connaître à nous et nous révèle le Père à travers les sacrements et surtout l’Eucharistie. La communion à son Corps ressuscité est union à sa vie divine, elle est prémices des noces éternelles dans la joie. Alors où en êtes vous vraiment de votre foi eucharistique ? Pouvez-vous affirmer tout à l’heure en recevant l’hostie consacrée : « Jésus tu es mon Seigneur et mon Dieu : c’est ta vie divine que je reçois quand je communie » ?

3/ L’Évangile se termine par un appel de Jésus à devenir son disciple, car la véritable connaissance du Christ qu’offrent la méditation de l’Ecriture et la communion à son Corps, suscite le désire de le faire aimer, de le communiquer. Nous sommes eucharistiés pour devenir le pain de Dieu qui nourrit tous les hommes. Voilà le joug que Jésus nous propose de prendre : celui du témoignage de l’amour, de celui qui est doux et humble de cœur.  Il est notre modèle pour agir dans notre monde et aimer ceux que nous rencontrons. Ce n’est pas facile pensez-vous car nous sommes de pauvres pécheurs ! Certes, mais alors écoutez la réponse que vous fait st Jean Chrysostome : « Venez, vous tous qui vivez dans l’anxiété, dans la tristesse, dans le péché ; venez, non pour recevoir le châtiment de vos péchés, mais pour en être délivrés ; venez, non pas que j’ai besoin de la gloire que vous pouvez me procurer, mais parce que je veux votre salut… je vous ferai jouir d’un repos complet. ». Oui frères et sœurs venez recevoir à la communion la source de Vie et vous deviendrez source de vie divine et de salut pour les autres. Amen