homélie 15 août, fête de l’Assomption

Évangile de J-C selon saint Luc

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ;  Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle

Dieu se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. Par ces mots qui la relient à l’histoire d’Israël son peuple, Marie affirme que par elle, Dieu réalise ses promesses : Il vient « en personne » se rendre visible aux yeux des hommes. C’est sa cousine Elisabeth, remplie d’Esprit Saint, qui le confirme : D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Elisabeth ne se trompe pas, elle voit en Marie l’arche de la nouvelle alliance, le temple de chair qui contient le Sauveur du monde et le livre de l’Apocalypse nous apprend aussi, si nous en faisons une lecture spirituelle, que Marie est aussi la bergerie dans laquelle grandit Jésus qui sera le berger de toutes les nations. Ainsi Marie tient toute sa gloire de son Fils Jésus. Mais cette gloire rejaillit sur nous et sur l’Eglise dont Marie est une image.

1/la gloire de Marie jaillit sur nous. Fille d’Anne et Joachim, Marie préservée du péché en vue de sa mission, est pleinement et uniquement humaine ; elle est du côté des hommes. Et c’est cela qui l’a rend si abordable. Elle fut mère comme vous toutes chères sœurs qui l’êtes. Elle a mis au monde son fils et la pris dans ses bras de mère comme vous-même l’avez fait avec vos enfants. Elle a encouragé Jésus à exprimer sa personnalité lors des Noces de Cana comme vous avez encouragé vos enfants à grandir et à se responsabiliser. Elle a pleuré et rit avec Jésus et Joseph comme vous avez pleuré et ri avec votre mari et vos enfants, elle a souffert au pied de la croix comme vous avez pu souffrir au pied du lit de vos enfants malades ou mourants. Cette pleine humanité de Marie nous donne de nous tourner simplement vers elle.

Mais aujourd’hui, nous célébrons bien plus que cela. En effet, si c’est bien Christ qui glorifie et divinise notre humanité, l’assomption corps et âme de Marie la toute humaine, renforce et concrétise notre espérance. Elevée par son Fils jusqu’auprès de Lui dans les cieux, Marie réalise le projet propre à toute l’humanité. Grâce à son Assomption, notre espérance de devenir participant de la nature divine devient une réalité pour tous les hommes, une réalité pour chacun de nous ce matin.

A cause de cela, nous devons prendre Marie comme modèle de vie. Elle nous apprend à être serviteurs en ce monde en obéissant aux motions de l’Esprit Saint pour qu’au terme de notre vie, comme elle, nous soyons exaltés par Dieu.

2/ Marie est une image de l’Eglise. Si le texte de l’apocalypse, à travers l’image de la femme qui enfante est une image de Marie donnant naissance à Jésus, elle peut être aussi vue comme une image de la maternité de l’Eglise. En effet, par les sacrements du baptême et de l’Eucharistie, l’Eglise enfante à la vie spirituelle les fils et les filles de Dieu, les hommes et les femmes qui peupleront son Royaume.

On peut aussi lire, dans la manière dont Marie part à la rencontre d’Elisabeth pour lui apporter son aide, l’image de l’Eglise qui sillonne les chemins du monde pour apporter son aide à toute l’humanité. Ainsi, comme Marie portait en elle le Sauveur du monde en visitant sa cousine, l’Eglise, en visitant le monde à travers les siècles, lui porte la Bonne Nouvelle du Salut.

Mais, comme le rôle de Marie ne fut pas simplement de porter Jésus, mais aussi de l’élever dans la foi et l’amour de Dieu, le rôle de l’Eglise est aussi de former ses enfants à la vie en Dieu et à la connaissance de Dieu. Il est même de sa fonction maternelle d’apprendre à ses enfants à lutter contre les forces du mal et de la mort. Ainsi, l’Eglise, comme une mère, entraîne ses enfants en les préparant au combat spirituel. Pour cela elle les nourrit des sacrements, les instruits de la vraie foi, et leur apprend à discerner la volonté de Dieu. L’Eglise ne veut rien d’autre pour ses enfants que de voir en eux la vie divine pleinement déployée, elle veut par-dessus tout que le Christ vive en chacun d’eux, qu’il règne sur chacun d’eux, pour qu’un jour ils soient totalement vainqueur de la mort.

C’est pourquoi, l’Eglise nous demande chaque dimanche au moins, et le plus souvent possible, de rejoindre une église pour la messe. En effet, c’est là qu’elle nourrit de la vie divine ceux qui s’approchent de la communion, car le Corps du Christ ressuscité irrigue nos corps et nos âmes de la vie éternelle.

Que notre eucharistie ce matin réalise pleinement son œuvre, comblés de la vie divine, devenons comme Marie, serviteurs des hommes et cause de joie pour tous ceux que nous rencontrerons. Amen