homélie Christ Roi

Lecture du livre du prophète Ézékiel

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. C’est moi qui ferai paître mon troupeau, et c’est moi qui le ferai reposer, – oracle du Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la panserai. Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître selon le droit. Et toi, mon troupeau – ainsi parle le Seigneur Dieu –, voici que je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs.

Aujourd’hui c’est le dernier dimanche de l’année, pourtant personne n’en a parlé ni à la télé, ni sur les réseaux sociaux ! Je m’explique : vous avez surement remarqué que sur une année nous revivons les principales étapes de la vie de Jésus et de l’Eglise : en décembre nous nous préparons à la naissance de Jésus : c’est le temps de l’Avent (qui commencera dimanche prochain). Puis nous célébrons sa naissance à Noël et nous rappelons en avril sa mort et sa résurrection. En mai nous célébrons son ascension (retour vers le Père) et 10 jours après la pentecôte (don de l’Esprit Saint). On appelle les mois suivants (de juin à novembre) le temps ordinaire. C’est symboliquement le temps pendant lequel l’Eglise grandit et part en mission dans le monde pour annoncer la bonne nouvelle de Jésus à tous les hommes. Sa mission durera jusqu’à ce que Jésus revienne à la fin des temps dans la gloire… et c’est le dernier dimanche de novembre qu’on célèbre une grande fête qui nous dit qu’un jour Jésus reviendra pour instaurer définitivement son royaume parmi les hommes. (D’ailleurs nous prions pour cela tous les jours en disant dans le Notre Père : « que ton règne vienne »). C’est cette fête qu’on appelle du Christ Roi que nous célébrons aujourd’hui…

Mais la manière dont Jésus est Roi est bien différente de la vision que les hommes ont de la royauté. Voyons cela ensemble :

1-Le premier fait remarquable concerne le Royaume. Celui de Jésus « n’est pas de ce monde » et pourtant « il est parmi nous ». Il n’est pas de ce monde car il est le royaume des Cieux et pourtant il est parmi nous car le Fils éternel de Dieu, en se faisant homme au milieu des hommes a transféré son Royaume au milieu de nous. Jésus, en quelque sorte, c’est le Royaume de Dieu parmi nous. Jésus est la pierre angulaire sur laquelle se construit, dès ce monde, le royaume de Dieu. Alors vous en déduisez aussi que le royaume de Dieu qui est en germe sur terre, c’est l’Eglise qui est le corps du Christ.

2-La seconde caractéristique concerne les conditions d’émigration pour entrer dans ce royaume. D’abord on le reçoit en héritage, comme le rappelle l’Evangile : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous » et cet héritage est nôtre « depuis la fondation du monde». Ce sont donc des personnes très aimées de Dieu qui peuvent accéder au royaume. Ensuite pour y entrer, deux nécessités : d’abord avoir franchi la mort avec le Christ comme le rappelle Paul aux Corinthiens : « En effet, c’est en Adam que meurent tous les hommes ; c’est dans le Christ que tous revivront.». Ensuite il faudra fournir le bon  justificatif: non pas un certificat de baptême, mais celui de la charité envers le prochain. Car dans ce royaume tout acte envers le prochain touche le Roi lui-même : « ‘Vraiment, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

3-La troisième caractéristique concerne son souverain qui est atypique. Au lieu de se considérer comme une élite, il se compare à un berger comme le rappelle le prophète Ezéchiel : « Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau, ainsi je veillerai sur mes brebis. » et il va lui-même au boulot : il fait paître et reposer son troupeau, il va chercher la brebis perdue et ramène l’égarée, il soigne celle qui est blessée et revigore celle qui est faible, etc. Mais ce qui le distingue encore plus des autres souverains, c’est le trône et la couronne qu’il a choisit : une croix et une couronne d’épine.

Ainsi décrit comme le règne de Dieu au milieu de nous, l’Eglise est la semence du royaume à venir. Par Elle le royaume de Dieu est déjà là : L’Eglise, c’est-à-dire vous et moi, le peuple des baptisés, doit être une grande famille où chacun est attendu, accueilli, reconnu comme frère ou sœur. Elle n’est pas que l’annonce des biens à venir et des consolations dans le futur ; elle doit être aussi, aujourd’hui, ici dans le doyenné de Lons l’amour vécu en acte et vérité, la joie rayonnante du ressuscité, l’hôpital de compagne qui soigne les malades de ce monde comme aime à le rappeler le pape François. !

Ce matin, notre Grand Roi Jésus le Christ va nous nourrir de son propre Corps. Par le pain de ce jour qu’il nous partage à la communion il sème en nous sa vie laissons-le faire de chacun de nous des pierres vivantes avec lesquelles il édifiera son Royaume d’amour et de Paix dans notre doyenné. Amen