homélie du 1° dimanche de l’Avent

Lecture du livre du prophète Isaïe

Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï dire, nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi agir ainsi pour celui qui l’attend. Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice, qui se souvient de toi en suivant tes chemins….

PSAUME 79 (80)

Berger d’Israël, écoute, resplendis au-dessus des Kéroubim ! Réveille ta vaillance et viens nous sauver.
Dieu de l’univers, reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois : visite cette vigne, protège-la, celle qu’a plantée ta main puissante.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez

Pour nous faire comprendre ce qu’est le temps de l’Avent, l’Eglise nous propose, dans les textes de la liturgie, trois verbes qui sont comme des refrains : Venir, Revenir et Veiller. Trois verbes donc trois parties dans mon homélie.

1/ Venir. C’est un verbe important pour la foi car nous croyons que Dieu est venu parmi les siens. Notre Dieu n’est pas un Dieu lointain et inaccessible, il est le Dieu qui se fait proche comme s’en émerveille le prophète Isaïe dans la première lecture : Voici que tu es descendu… Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï dire, nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi agir ainsi. Dieu vient à notre rencontre, mais à condition que nous ayons, nous aussi, pris le chemin pour le retrouver. Ce chemin selon Isaïe c’est celui de la justice pratiquée avec joie : Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice, qui se souvient de toi en suivant tes chemins.

Comment vient-il à la rencontre des hommes ? Et bien c’est la personne de Jésus qui nous donne la réponse : Dieu est venu lui-même, il s’est approché jusqu’à devenir l’un de nous. Désormais Jésus, c’est Dieu qui  vient à la rencontre du juste en étant lui-même le pauvre à nourrir, l’affligé à consoler, le prisonnier à libérer, le malade à visiter ? Cela annonce déjà la parole de Jésus dans le jugement dernier : ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.

Ainsi l’Avent c’est aller à la rencontre de Dieu qui vient à nous en se faisant homme. Vivre l’Avent c’est accueillir et servir Dieu qui vient à notre rencontre à travers tous nos frères et sœurs humains, surtout ceux qui sont dans le besoin. Interrogeons-nous : Prenons-nous le temps de rencontrer le Seigneur en le contemplant dans le visage de nos frères et sœurs ?

2/ Revenir. La chance d’avoir un Dieu qui s’est fait homme est de savoir d’où vient notre foi et qu’elle repose sur des faits concrets et précis : la vie de Jésus. Jésus est la réalisation de la promesse de Dieu. Le prophète Isaïe a annoncé et désiré voir Dieu qui se fait proche et Jésus a réalisé ce désir. Jésus est Dieu qui tient sa promesse, qui vient visiter l’humanité. Ainsi, ayant accompli les promesses, Jésus s’en est retourné vers le Père, promettant de revenir. Et si nous pouvons croire fermement qu’il reviendra ce parce qu’il est déjà venu. Il est le Dieu qui tient ses promesses. Le temps de l’Avent est donc aussi un entrainement à lever nos regards non plus seulement vers le Dieu qui vient (c’est-à-dire la nativité du Seigneur) mais vers le Dieu qui reviendra (c’est-à-dire le retour du Seigneur Ressuscité dans la gloire). C’est pourquoi nous pouvons faire nôtre les paroles du psaume : Dieu de l’univers, reviens ! visite cette vigne, protège-la, celle qu’a plantée ta main puissante. L’Eglise est la vigne que Jésus a plantée il y a deux milles ans. Et elle attend le retour du vigneron qui récoltera ses fruits. C’est Jésus lui-même qui le dit dans l’Evangile : Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison.

Entre ces deux postures, l’origine et la fin, il convient de garder le cap, de veiller.

3/ Veiller. Le Seigneur a promis de venir et il est venu, il a promis de revenir et il reviendra, nous devons donc toujours l’attendre, veiller pour être prêts à l’accueillir. Veiller c’est donc faire fructifier nos vies en faisant connaître celle du Christ, comme le rappelle st Paul aux Corinthiens : le témoignage rendu au Christ s’est établi fermement parmi vous. Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ. Rendre témoignage au Christ déploie en nous tous les dons spirituels pour tenir dans la mission. Cela signifie qu’à chaque fois que nous témoignons de Jésus et des merveilles qu’il fait dans nos vies, nous recevons des dons spirituels pour poursuivre cette mission de témoignage. Veiller c’est donc témoigner sans cesse de Jésus, car C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout.

Vivre l’Avent c’est veiller en témoignant de Jésus. Alors sommes-nous des veilleurs ? Avons-nous à cœur de le rendre visible dans nos vies à travers des paroles et des actes qui témoignent qu’il est déjà venu nous sauver et qu’il reviendra achever son œuvre de salut ?

Pour que vous puissiez vivre l’Avent autrement, Jésus va maintenant, par mes mains et mes paroles, venir jusqu’à vous sur l’autel. En vous offrant son Corps en nourriture il vous donne ce qui est nécessaire pour attendre son retour avec confiance. En livrant sa vie dans vos mains à la communion, il vous comble de la puissance de son amour pour que vous viviez comme des veilleurs, comme des hommes et des femmes de justice. Alors prêts pour une nouvelle année ? Amen.