homélie 2° dimanche de l’Avent

Évangile de J- C selon saint Marc

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint.

Commencement de la Bonne nouvelle de Jésus Christ, le Fils de Dieu. C’est ainsi que débute l’Evangile de Marc. Marc utilise le même 1ier mot pour son évangile que celui qui débute la Genèse, 1ier  livre de la Bible, au commencement Dieu créa….. L’histoire que Marc raconte fait écho à l’histoire de la création du monde, c’est aussi une histoire de création, de recréation. Et cette recréation est une Bonne Nouvelle, et cette Bonne Nouvelle est une personne : Jésus Christ, le Fils de Dieu ! Il y a donc un lien entre la première création, celle de l’homme image et ressemblance de Dieu et la création nouvelle que Dieu opère en Jésus qui vient partager la condition des hommes.

En reliant ces deux moments de l’histoire, Marc établit un lien entre l’Eternité et le temps des hommes. Un lien se créé entre le Dieu Eternel qui créé le temps des hommes et qui se fait homme lui-même et chaque homme qui est appelé, par Jésus, à la vie éternelle avec Dieu. Ce jaillissement de l’éternité de Dieu dans le temps des hommes peut nous laisser perplexes : en effet, il y a des évènements qui sont annoncés et déjà réalisés ou qui se réalisent ou qui se réaliseront. Ces questions du ‘quand cela arrivera-t-il ?’ sont posées depuis toujours ! Déjà dans l’Ancien Testament, l’écrivain biblique trouvant Dieu trop long à agir, lui dit dans le ps 44 : Réveille-toi, pourquoi dors-tu, Seigneur ? Sors de ton sommeil. Quant à Pierre (2ième lect), en rappelant que Dieu n’est pas en retard, il remet, c’est le cas de le dire, les pendules à l’heure. C’est que le temps n’est jamais perçu de la même manière : nous connaissons ceux qui ne voient pas le temps passer et ceux qui s’ennuient à cent sous de l’heure ; ceux qui ne se sont pas vu vieillir et ceux dont les heures sont comptées, etc. Ajouter à cela la notion du temps de Dieu pour qui mille ans sont comme un jour et vous obtenez de grands malentendus. L’Eglise doit jongler entre l’éternité de Dieu et l’immédiateté de notre société. Dans son discours elle tient une triple dimension du temps : le Seigneur Jésus est venu, il reviendra et il est toujours présent parmi nous.

Ainsi, dans l’Ecriture, toute prophétie est simultanément passée, présente et future ! Toute parole des prophètes est déjà réalisée, se réalise et est encore à réaliser ! Nous le comprenons bien, si nous lisons attentivement la lecture du livre d’Isaïe que nous avons entendue : la parole d’Isaïe est réalisée par st Jean le Baptiste, comme st Marc lui-même le dit dans l’évangile et nous savons que c’est à nous désormais, dans les déserts de nos villes et villages de préparer le chemin du Seigneur ;  de tracer droit, dans les terres arides,  une route pour notre Dieu. De même cette tâche incombera autant aux croyants du futur !

Alors, sans perdre de temps, devenons prophètes de Celui qui est, qui était et qui vient. Pour ce faire, laissons-nous guider par les lectures de ce matin :

Le prophète Isaïe nous dit de consoler le peuple et lui parler au cœur, d’élever la voix avec force et de dire ‘voici votre Dieu, il vient avec puissance’. Donc être prophète, c’est élever la voix pour proclamer notre foi en Dieu. Et cela passe par des gestes concrets à prodiguer à côté de chez soi, dans sa propre famille parfois! Tels : consoler ceux qui sont tristes, être proche de ceux qui souffrent, être attentifs à ceux qui sont seuls.

Le psaume l’affirme : la vérité germera de la terre. Être prophète de Dieu c’est être témoin de la Vérité. Chercher la vérité sur l’homme, c’est découvrir Dieu en Christ et voir Christ en chaque homme ! Etre prophète, c’est défendre cette vérité sur l’homme : voulu par Dieu il est appelé à partager sa condition divine.

St Pierre dans sa lettre nous le redit : voyez quels hommes vous devez être,  en vivant dans la sainteté et la piété. Etre prophète c’est témoigner par notre vie qu’une autre manière de vivre, d’être au monde, est possible : une vie dont la prière et la contemplation du Christ Sauveur sont le cœur !

Enfin st Marc dans l’Evangile nous rappelle que Jean le Baptiste proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Être prophète c’est aussi annoncer aux hommes qu’ils ne sont pas Dieu, mais seulement des créatures aimées et désirées, pardonnées et rachetées. C’est rappeler à tous que Dieu offre gratuitement à chaque homme de devenir, par adoption, son fils ou sa fille bien-aimé.

C’est ce mystère de notre Salut, de notre adoption divine qui se renouvelle en chaque Eucharistie. Puisse notre communion de ce soir nous faire devenir de vaillants prophètes du Seigneur qui veut que tous parviennent à la conversion. Amen