homélie du dimanche 31 décembre fête de la sainte famille

évangile de Jésus-Christ selon st Luc :

il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

Avec vous ce matin j’aimerais commenter la prière de Syméon à Dieu après qu’il eut pris Jésus dans ses bras : Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. Dans l’Eglise on appelle cette prière le cantique de Syméon et on le chante chaque soir avant d’aller se coucher. C’est un véritable acte de foi, puisque chaque soir on redit à Dieu que nous sommes prêts à mourir car nous avons vu la lumière de Dieu jaillir en Jésus dans nos vies. Plongeons ensemble dans les paroles de ce cantique mais en prenant les paroles dans le désordre pour bien le comprendre.

1/ mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples. Le vieillard Syméon, en regardant Jésus, a vu et reconnu l’accomplissement des promesses de salut de Dieu. En affirmant que ce salut est préparé depuis toujours par Dieu, Syméon découvre que le grand désir de Dieu est de venir sauver les hommes. Il réalise que le salut n’est ni un acte magique ni exceptionnel, ni grandiloquent, mais que c’est un petit d’homme qui sauvera toute l’humanité. Le salut prend un visage, un nom, un corps, il appartient à une famille dans laquelle il grandira et se fortifiera, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu sera sur lui.

Syméon voit en Jésus le salut de tout le genre humain. Un salut qui ne s’impose pas, mais qui se propose à tous les peuples. Ce salut doit donc être accueilli, d’ailleurs il passe des bras de Marie à ceux de Syméon. Désormais chacun de nous doit aussi le prendre dans ses bras, l’accueillir dans sa vie. Et tout à l’heure vous allez vous aussi, dans la communion à son corps, recevoir le salut de Dieu dans vos mains, oserez-vous alors, comme Syméon, dire dans votre prière « mes yeux ont vu le salut » ?

2/ lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. La gloire d’Israël est d’être le terreau humain dans lequel le Fils de Dieu a pris chair. La lumière qui éclairera désormais tous les hommes de tous les temps est un enfant juif, né de Marie et de Joseph ! Mais comme le rappelle Syméon cette lumière doit atteindre les extrémités de la terre, elle doit briller sur toutes les nations. En naissant parmi les hommes il y a 2000 ans, Jésus désirait déjà que le salut promis aux juifs atteigne aussi les autre peuples, aujourd’hui il ne désire pas que nous l’enfermions dans nos Eglises, dans nos tabernacles et que nous le fréquentions qu’entre nous. Mais il veut que nous le prenions dans nos bras pour le porter au monde, pour répandre sa lumière partout où l’obscurité du péché, du mensonge, de la violence et de la mort recouvre les cœurs et les âmes.

A nous frères et sœurs, qui deviendrons par la communion des lampadaires pour le Seigneur, d’aller éclairer les chemins de vie tous ceux qui vivent dans les ténèbres. En effet, si vous vous laissez allumer et embraser par l’amour du Christ, c’est que vous acceptez de répandre sa lumière. Nous avons donc à approfondir les vérités de la foi en méditant la Bible, en apprenant et en diffusant le catéchisme de l’Eglise catholique. Tout homme a droit au Salut dont vous bénéficiez par les sacrements et par la foi. C’est pourquoi Jésus attend vos bras, vos jambes, vos paroles et vos actes pour se répandre et se communiquer autour de vous.

3/ Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Quand on a découvert en Jésus le visage du salut paternel de Dieu et quand on a essayé de travailler tout le jour à faire croître en nous et à propager autour de nous la lumière du Salut, alors à la fin de la journée, comme Syméon nous pouvons nous remettre entre les mains du Seigneur. Les serviteurs quelconques que nous sommes peuvent désirer le rejoindre pour entrer dans la joie du maître car nous aurons accompli la mission que le Seigneur nous a fixée. Celui qui a travaillé aux œuvres de Dieu ne craint pas de passer dans l’autre monde, il doit même n’attendre que cela, car notre joie et notre paix sont avec Dieu pour l’éternité. C’est donc notre énergie et notre vitalité dépensées en ce monde pour la gloire de Dieu qui nous permettent, dans la confiance, d’acquiescer à la mort pour passer à la vie éternelle !

Voilà donc un beau programme pastoral pour 2018 proposé à chacun des baptisés que nous sommes : pour vivre dans la paix et accepter le jour du grand passage il faut redécouvrir le Salut que Dieu nous donne en Jésus, l’accueillir en nos vies et le faire connaître autour de nous ! Facile n’est-ce pas ? Alors au boulot ! Amen