homélie du 2 dimanche temps ordinaire

Lecture du premier livre de Samuel

En ces jours-là, le jeune Samuel était couché dans le temple du Seigneur à Silo, où se trouvait l’arche de Dieu. ….le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. » Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et il ne laissa aucune de ses paroles sans effet.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. »  Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi). André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.

De la vocation de Samuel à celle des premiers disciples de Jésus : les textes de la liturgie de ce jour sont une bonne méthode pour apprendre à répondre à l’appel de Dieu dans nos vies.  On découvre d’abord que Dieu nous est toujours présenté par un tiers : le prêtre Eli pour Samuel, Jean le baptiste pour les deux disciples, nos parents, nos catéchistes, nos amis, un prêtre ou un pauvre. Et ces personnes nous ouvrent à la relation avec Dieu, à sa réalité, à sa connaissance. Ainsi le petit dialogue entre le prêtre Eli et Samuel comme celui qui s’instaure entre Jésus et les deux disciples de Jean-Baptiste, nous font comprendre que pour entrer en relation avec Dieu il faut d’abord avoir recours à la Parole d’un autre, à la connaissance que celui-ci a de Lui.  Ensuite Le savoir et la méthode qu’il nous transmet permettent, qu’à notre tour, nous accédions à Dieu et puissions témoigner de Lui.

La réponse à l’appel de Dieu se fait donc en 4 étapes :  1°/une personne me parle du Christ, 2°/je pose alors un acte de foi : je crois à mon tour en Christ, 3°/ je vis alors selon ma foi en imitant le Christ et enfin 4°/ je témoignage de ma foi en parlant à mon tour du Christ.

1/ Une personne me parle du Christ. Toute notre vie de chrétien est ponctuée de personnes qui nous ont transmis la Bonne Nouvelle de Jésus le Christ. Elle commence dès le baptême puis on écoute nos catéchistes, nos animateurs du groupe biblique, nos prêtres comme les disciples de l’Evangile écoutèrent Jean ou comme Samuel dans la première lecture écoutait Eli. Les uns et les autres sont là pour mettre en relation avec le Seigneur : en disant voici l’Agneau de Dieu, Jean le baptiste révèle le nom du Seigneur à ses disciples. En invitant Samuel à dire parle Seigneur ton serviteur écoute,  Eli donne à Samuel le moyen d’entrer en contact avec Lui. Cependant celui qui transmet peut avoir toutes les bonnes paroles qu’il veut, cela ne suffit pas à faire un chrétien de celui qui l’écoute.

Car toute quête spirituelle ne mène pas forcément au Christ, dire « je crois en Dieu » ne veut pas dire de nos jours « je crois en Jésus Christ !! ». Choisir Jésus comme Dieu, c’est renoncer à certaines conceptions du divin. Et C’est pour cela que Jésus interpelle les deux disciples en leur demandant que cherchez-vous, il ne veut pas que ces derniers le suivent bêtement. Le chrétien est celui qui ayant posé des questions et réfléchi au contenu de la foi, s’engage à la suite du Christ.

2/ je pose alors un acte de foi : je crois à mon tour en Christ. Choisir le Seigneur Jésus comme Dieu c’est utiliser notre intelligence pour cerner et comprendre qui il est. C’est cela que font nos deux disciples de l’Evangile en demandant à Jésus : où demeures-tu ? Il ne s’agit évidemment pas de connaître la maison dans laquelle Jésus réside. Le verbe ‘demeurer’, qui se dit Méno en grec, a trois sens dans son emploi biblique : le lieu, le temps et l’état de vie. Demander à Jésus où demeures-tu ? C’est lui demander : « en ton corps, en ta personne, le Dieu éternel et tout puissant est-il toujours présent ? » Cette question doit encore être la nôtre, croyons-nous que le Christ est Dieu, Dieu fait homme, Dieu Sauveur, Dieu pour toujours avec nous dans les sacrements? Croyons-nous qu’il est bien réellement présent dans l’Eucharistie et dans l’Eglise qui sont les deux formes actuelles de son corps ?

3/je vis alors selon ma foi en imitant le Christ. Jésus invite les disciples à venir et voir par eux-mêmes. Car la foi, si elle est un donné, un contenu auquel j’adhère, elle est aussi un déplacement et une expérience. Quand Jésus nous dit venez il nous invite à quitter des habitudes, des manières de voir et de penser pour cheminer avec Lui. Quand il nous dit vous verrez il nous demande le temps de l’expérimentation, de la découverte. Etre disciple du Christ c’est se mettre en mouvement, avancer avec Lui, le laisser nous transformer, nous étonner et toujours nous élever jusqu’à son Père en devenant son familier.

Enfin, 4/ je témoignage de ma foi en parlant à mon tour du Christ. Prenons l’exemple d’André dans l’évangile : il découvre le Christ et il l’annonce à son frère Simon : nous avons trouvé le Messie, ensuite il présente son frère à Jésus. André devient pour son frère ce que Jean Baptiste fut pour lui c’est à dire celui qui montre l’Agneau de Dieu. À mon tour, comme prêtre, prenant la suite d’André, de Pierre et de tant d’autres, avant la communion, je vous dirai « voici l’Agneau de Dieu. » Et en communiant vous allez poser un acte de foi et Jésus viendra demeurer en vous. Alors frères et sœurs, voulez-vous bien aujourd’hui prendre le relais de l’apôtre André, voulez-vous auprès des vôtres, de vos voisins et amis annoncer Celui qui est la Vie ? Amen