homélie du 4° dimanche du temps ordinaire

autorité 1Évangile de J-C selon saint Marc

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

Dans l’évangile que nous venons d’entendre, deux personnages ne peuvent absolument pas cohabiter : Jésus et l’esprit impur. Tout les sépare, et pour souligner cette impossibilité, l’évangéliste Marc nous transporte dans une ville dont le nom est Capharnaüm, ville d’origine de Pierre et d’André qu’il vient d’appeler à sa suite (c’était dimanche dernier). Vous savez que ce nom signifie pour nous, occidentaux,  grand bazar, ou, pour dire clairement : un sacré bordel. Rappelez-vous que c’est ainsi que vos parents qualifiaient l’état indescriptible de votre chambre, ou que vous-même le faites avec vos enfants. Mais on pourrait aussi appeler ‘Capharnaüm’ l’état mental et spirituel du pauvre homme possédé par un esprit impur ; car en lui aussi tout est sens dessus dessous ! D’un côté une situation de désordre, de l’autre Jésus, dont l’autorité et l’enseignement remettent de l’ordre là où règne le désordre !

Si l’enseignement de Jésus est aussi efficace, nous devons en connaître le contenu et l’autorité ! L’évangile lu ce matin se trouve au début du chapitre 1ier de Marc, et à ce stade nous n’avons que trois Paroles de Jésus, deux que nous avons entendues la semaine dernière : l’une adressée à tous : Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. Et l’autre dite à André et Pierre : venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. La troisième parole, ce matin, est à destination de l’esprit mauvais : Tais-toi ! Sors de cet homme. On retrouve en ces 3 paroles un résumé de l’évangile : Jésus est venu dans le monde pour annoncer le royaume de Dieu, pour libérer les gens du mal et choisir des disciples pour poursuivre son œuvre.

D’où vient l’autorité de l’enseignement de Jésus ? Nous savons que Jésus réalise les Ecritures : il est le prophète annoncé par Moïse dans la 1ière lecture : au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi  et vous l’écouterez. Et plus loin Dieu dit je mettrai dans sa bouche mes paroles. Quoi de surprenant qu’il parle avec autorité, puisque Jésus est la Parole de Dieu ! Quand il dit le règne de Dieu est tout proche, Jésus dévoile qu’en sa personne, le Règne de Dieu est là, Il est Dieu parmi nous ! D’ailleurs l’esprit impur ne s’y trompe pas, Il sait qui est Jésus : Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu En effet, personne, mieux que le mal, ne connaît l’autorité de Dieu !

Ce que l’esprit mauvais sait de Jésus, nous devons en faire notre profession de foi : Jésus n’est pas qu’un homme, fut-il le meilleur, il est le Saint de Dieu venu pour perdre le malin. Nous ne devons jamais douter que Dieu et le mal ne peuvent demeurer ensemble. Ce grand affrontement entre eux trouvera son point culminant sur la croix. Beaucoup croiront alors à la victoire du mal sur le bien, de la mort sur la vie, du renoncement sur l’espérance, de la haine sur l’amour, de l’abandon sur la foi. Pourtant, en donnant sa vie, Jésus cloue le mal et la mort sur la croix : il s’offre pour que nous ne souffrions plus d’être séparés de lui. Depuis, chacun de nos péchés est déjà consumé sur la croix, et chaque Eucharistie vient revivifier en nous l’autorité de ce don.

L’autorité du Christ, c’est la puissance de son amour qui lui permet de nous contempler sans cesse comme celui que nous devons devenir. Et l’Eglise à sa suite fait de même, par son enseignement, elle contemple chaque homme en voyant en lui, l’image et la ressemblance de Dieu restaurées par le Christ sur la croix. L’enseignement de Jésus et celui de l’Eglise sont tout un car le Christ a revêtu ses apôtres et leurs successeurs de son autorité pour enseigner, sanctifier et gouverner son peuple. Nous devons garder en nous la certitude que le Seigneur par le don de l’Esprit Saint assiste son l’Eglise et tout particulièrement le Saint-Père dans les décisions qu’il doit prendre. Je fais mienne pour vous ces paroles de l’apôtre Paul : C’est dans votre intérêt que je dis cela ; ce n’est pas pour vous tendre un piège, mais pour vous proposer ce qui est bien, afin que vous soyez attachés au Seigneur sans partage. En vous attachant à l’Eglise et à son enseignement c’est au Christ lui-même que vous vous arrimez, car c’est sur Pierre que notre Eglise est bâtie, sur sa foi, et celle de ses successeurs. Unis à l’Eglise, vous ne risquez pas de vous perdre : in Christo per Mariam, semper sub Petro : Dans le Christ, par Marie, toujours soumis à Pierre ! Laissons aujourd’hui encore l’Eglise, par l’autorité du Christ, nous nourrir du Pain de Vie, pour être vraiment et fidèlement les disciples dont Il a besoin. Amen.