Prière pour l’unité des Chrétiens

Point d’orgue de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens une célébration œcuménique a eu lieu samedi 20 janvier 2018 au temple de la rue Fontaine de Rome sous la direction des responsables religieux, ou leur représentants, des églises chrétiennes du secteur de Lons-le-Saunier, avec en ce qui concerne l’Eglise catholique monsieur le curé doyen, le père Arnaud Brelot et l’abbé Jean Villet.

L’assemblée moins nombreuse que l’an passé, une quarantaine de personnes (en cause l’heure, le jour de la semaine, la météo ?)  était bien déterminée et participative. La célébration était fondée sur des textes choisis par les Eglises des Caraïbes pour lesquelles le christianisme est à la fois répulsif car religion des colonisateurs et négriers et consolation pour le soutien apporté aux esclaves et aux survivants des peuples primitifs locaux.

La réflexion sur l’esclavage qui nous concerne a été accompagnée de la formation de chaines réalisées avec des bandes de papier où chacun a noté l’esclavage (principal) dont il souffre. Chaines déposées au pied de la croix.
Chants et prières dont le Credo suivant :

Nous  croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre,

de tous les êtres, visibles et invisibles.

Nous  croyons  en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu,

engendré du Père avant tous les siècles, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu,

engendré, non pas créé, un seul être avec le Père, et, par lui, tout a été fait.

Pour nous les hommes, et pour notre salut, il est descendu des cieux,

il s’est incarné du Saint Esprit et de la Vierge Marie, et s’est fait homme.

Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il a souffert la Passion, il a été mis au tombeau,

il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ;

il est monté aux cieux, il siège à la droite du Père, il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin.

Nous  croyons  en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie ; qui du Père tient son origine ;

Qui avec le Père et le Fils, reçoit même adoration et même gloire ; qui a parlé par les prophètes.

Nous  croyons  à l’Église, une et sainte, à sa catholicité et son apostolicité.

Nous confessons  un seul baptême pour le pardon des péchés.

Nous attendons  la résurrection des morts et la vie du monde à venir. AMEN

 

Ont alterné avec des lectures bibliques : l’éblouissant chant de victoire de Moïse à la gloire de Yavhé (Exode XV 1,21) et la très complexe double guérison de la femme souffrant d’hémorragies et de la fille de Jaïre (Marc 5, 21-43)

Le sermon du père Arnaud Brelot nous a mis en face de nos faiblesse personnelles et collectives. Ce qui, en particulier, empêche que se fasse l’unité des Eglise. Ne pas s’approprier Jésus mais faire comme la femme souffrant d’hémoragies, c’est à dire avoir à la fois l’humilité et l’audace de toucher seulement le vêtement de Jésus sans chercher à le saisir. Pour nous il s’agit d' »oeuvrer » pour annoncer la foi à ceux qui l’ont oubliée et annoncer le Salut à ceux qui l’ignorent ». Programme lourd … à méditer !

Après un dernier chant « Evenou shalom alerhem » et une quête au bénéfice de l’A.C.A.T. la soirée s’est achevée par un « pot de l’amitié » qui a permis des contacts très chaleureux … et quelques péchés de gourmandise !

retour en images…

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une quarantaine de personnes présentes…

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avec la présence de plusieurs pasteurs et prêtres

 

la collecte commune fut faite pour l’ACAT

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avant de partager un verre de l’amitié!

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voici la prédication du père Brelot, d’après l’évangile de Marc,5,21-43

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Etre intégrée à la communauté, pouvoir ne faire qu’un avec elle, voilà certainement le désir le plus ardent de la femme souffrant d’hémorragie qui nous est présentée dans l’évangile. C’était aussi le désir de Jaïres pour sa fille qui a 12 ans allait entrer dans la vie communautaire, devenir une femme dans sa communauté.

Or les hémorragies de la première, par l’impureté permanente qu’elles provoquent depuis 12 ans, l’empêche d’accéder au Temple, et à la synagogue pour prier le Dieu unique avec les siens, avec son peuple. Son désir de ne faire plus qu’un avec sa communauté, avec son Dieu est empêché par sa maladie. De même la mort soudaine de la fille de Jaïres avant même qu’elle ait pu vivre vraiment l’empêche d’entrer dans la communauté, de faire un avec elle.

Le sang pour le peuple juif dont la femme souffrante est issue c’est la vie, le fluide divin. Ainsi à travers ses hémorragies cette femme, d’une certaine manière, sent la vie divine la quitter.  Sa maladie c’est de ne pas pouvoir garder totalement cette vie divine qui devrait la faire vivre et lui donner de célébrer Dieu avec toute sa communauté.

Alors peut-être que nous pourrions imaginer que chacune de nos Eglises est un peu comme cette femme qui est malade. Nous aussi nous laissons peut-être, à cause de certaines maladies spirituelles et morales, la vie plénière du Christ nous échapper. Comme si Dieu voulait répandre sa vie aussi ailleurs alors que nous voudrions la garder uniquement pour nous, dans notre Eglise.

Quelles peuvent être ses maladies dont souffriraient nos Eglises et communautés qui empêcheraient que l’unité des Eglises se fasse ? : L’orgueil de se croire chacune l’unique et vraie Eglise du Christ ? Les jugements à l’emporte-pièce sur la foi des membres des autres Eglises,  qui seraient moins chrétiens que d’autres voir suspectés d’idolâtrie !  Nous pouvons chacun ausculter nos propres opinions sur les autres Eglises et communautés écclésiales….

Tout cela nous pouvons le résumer par un diagnostic difficile à entendre : notre désire de mettre la main sur Dieu, sur le Seigneur Jésus, de manipuler le Seigneur, de le mettre à notre service ! Or le Seigneur, ne peut pas se laisser enfermer dans une Eglise, Il veut au contraire que nous nous mettions tous ensemble à son service.

Ainsi, le remède, c’est cette femme qui nous le donne et elle le donne à chacune de nos Eglises : l’Audace de toucher le Christ malgré nos maladies ! L’audace de la foi en Dieu qui nous fait enfants et serviteurs, sauvés et libérés de nos désirs de puissance et de domination. Le Christ fera cesser toute hémorragie de sa vie dans nos Eglises quand ensemble, dépassant nos préjugés, nos jugements, nos prétentions, nous pourrons nous mettre à son service dans son Eglise qui est le corps formés de tous les baptisés. Unis pour œuvrer à annoncer la foi à ceux qui l’ont oubliée, pour annoncer le Salut à ceux qui l’ignorent.

Cette bataille contre nos penchants, nos maladies qui empêchent la vie de Dieu de se déployer en nous et dans le monde ; le Seigneur seul peut la mener pour nous, comme lui seul a acquis la victoire contre les égyptiens dans le récit de l’exode qui nous fut raconté. L’unité des chrétiens ne peut venir que de Dieu seul, chacun de nous doit oser venir toucher le Christ et laisser sa force nous sauver, nous guérir et nous unir.

Je reprends pour finir les mots des fils d’Israël dans le livre de l’Exode, comme ma prière pour notre unité : Qui est comme toi parmi les dieux, SEIGNEUR ? Qui est comme toi, éclatant de sainteté ? Redoutable en ses exploits ? Opérant des merveilles ?  Tu étendis ta droite, la terre les avale.  Tu conduisis par ta fidélité le peuple que tu as revendiqué. Tu le guidas par ta force vers ta sainte demeure. Amen