homélie du 5° dimanche…

Évangile de J-C selon saint Marc

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

 

Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. » Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »

Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.

Nous poursuivons aujourd’hui la lecture entamée dimanche dernier de la visite de Jésus à Capharnaüm. A peine a-t-il mis les pieds dans la synagogue, qu’avec une autorité nouvelle, Il chasse un esprit mauvais d’un possédé. Il poursuit ce matin en guérissant la belle-mère de Pierre. La suite logique de ces guérisons extraordinaires ne se fait pas attendre : de deux guérisons on passe à des centaines grâce à la publicité ! Pas besoin de journaliste, de télévision, de radio, ou d’internet pour faire le buzz! Un bon miracle, signe bien visible de la puissance et de l’autorité du Christ, ramène plus de monde à Dieu que bien des discours et des enseignements ! Pourtant Jésus ne dissocie pas miracle et enseignements, il fait les 2 ! Il ajoute même une troisième dimension à son action : il prie et par rien qu’un peu : Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Donc pour bien enseigner et guérir pendant la journée, le Seigneur doit d’abord prier. On souligne bien que Jésus a besoin de se mettre à l’écart, il n’est pas comme nous qui affirmons parfois, pour mieux fuir le silence, que nous prions en agissant ! Il faut souligner que le silence est devenu le grand absent de nos vies : désormais on trouve toujours dans les maisons la télé allumée en bruit de fond. Et dehors entre la circulation et les hautparleurs qui vomissent musique et pub, ou des personnes dans la rue avec des écouteurs sur les oreilles et même maintenant des jeunes se promenant avec une enceinte Bluetooth pour partager leur musique à la cotonnade impossible de trouver un peu de silence. Il est aussi absent de nos célébrations : de notre premier pas à l’église jusqu’à notre départ, quand prenons-nous le temps de rejoindre le Seigneur dans un silencieux cœur à coeur ? Sommes-nous là uniquement pour les autres ou d’abord pour Lui afin d’être vraiment disponible pour les autres ?

Dieu est en nous, au cœur de notre cœur. L’expérience de Dieu est comme de la spéléologie spirituelle : il s’agit de descendre dans la profondeur du gouffre de notre vie, de notre corps, de tout notre être ! C’est là qu’est Dieu : au plus intime de notre cœur, de notre conscience et de notre intelligence. C’est parce que Christ est au cœur de nos vies, qu’il nous permet de faire toute chose selon sa volonté ? Et sa volonté, il nous la livre dans l’évangile : Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti.

La bonne Nouvelle proclamée par Jésus est celle du retour à l’ordre : Jésus avec autorité remet de l’ordre dans la vie des personnes qu’il croise : il rend aux personnes malades la capacité de travailler, aux personnes possédées la capacité de vivre à nouveau dans la société. Là où Jésus passe le mal trépasse, chaque guérison vient redire que le diable est vaincu, que la vie a triomphé! Le regard du Christ redit, à chaque homme qui veut bien le croiser, l’immense miséricorde du Père pour lui. Ce n’est que dans le silence de cette rencontre des regards que peut s’imprégner jusqu’au fond de l’âme la certitude de notre salut. Le vrai souci des autres, nous rappelle le Seigneur, c’est d’abord que nous ayons souci de notre propre salut. A l’homme qui dit au Christ : « Seigneur, il y a tant d’hommes qui se perdent…. » Jésus répond : « si moi je te perds, alors j’ai tout perdu ! »

Voilà pourquoi le Seigneur doit aller de ville en ville, rencontrer et sauver chaque homme et chaque femme qu’il croisera. Et cette volonté expresse du Seigneur, de ne perdre aucun de ceux qu’il rencontre, doit devenir notre volonté. Un chrétien l’est pour les autres, pour attirer vers le Seigneur ceux qui sont loin, car je crois qu’il nous sera demandé des comptes de tous ceux que nous n’aurons pas voulu sauver. Paul déjà l’avait compris quand il disait aux Corinthiens : Je me suis fait l’esclave de tous afin d’en gagner le plus grand nombre possible… Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns. Et tout cela, je le fais à cause de l’Évangile, pour y avoir part, moi aussi.

Et aujourd’hui, c’est à nous que Paul le redit. Sommes-nous aussi missionnaire du Christ à cause de évangile ? Où laisserons-nous cela à d’autres, aux protestants évangéliques ou à des courants plus ou moins sectaires? Si Dieu est votre vie, alors donnez la vie à tous les hommes. Nous devons être des chrétiens engagés, dont la vie de foi est une amitié avec le Christ façonnée par la prière dans le silence. Cette amitié avec le Christ creuse au plus profond de soi le désir de le faire connaître et aimer de tous. Puisse l’Eucharistie que nous allons célébrer donner aux uns la force de continuer à annoncer le Seigneur et aux autres le goût de s’y mettre. Amen