homélie 6° dimanche temps ordinaire

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
un lépreux vint auprès de Jésus ;
il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit :
« Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Saisi de compassion, Jésus étendit la main,
le toucha et lui dit :
« Je le veux, sois purifié. »
À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt
en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

Il y a des gens qui ont le chic pour nous compliquer la vie…. vous les aidez avec dévouement et, en retour, vous n’obtenez que des ennuis et vous dites : « à quoi bon aider les gens, c’est toujours pareil : ça vous retombe sur le coin du nez un jour ou l’autre ! ». Jésus devait ressentir un peu de cela, après la guérison du lépreux. Il lui vient en aide et comme remerciement à la guérison qu’il donne, le voilà interdit d’entrer dans les villes ! Mais pour quelles raisons Jésus ne peut-il plus entrer en ville ?….deux réponses possibles.

Première possibilité Jésus est assimilé à un lépreux. Jésus en touchant le lépreux, est devenu impur  car Il a pris sur lui la lèpre de l’homme qu’il a guéri. Or d’après la première lecture : Tant qu’il gardera cette tache, il sera vraiment impur. C’est pourquoi il habitera à l’écart, son habitation sera hors du camp. Vous voyez alors le renversement de perspective : le lépreux qui était hors de la communauté est réintégré par Jésus qui le guérit et c’est Jésus qui ne peut plus réintégrer la communauté car il a pris sur lui la lèpres de cet homme ! Et ce qu’il fait là pour un homme annonce ce qu’il fera pour tous. En effet, Jésus en prenant sur Lui toute la lèpre des péchés du monde, en portant sa croix, sort de Jérusalem. C’est hors de cette ville qu’il sera crucifié.

Ainsi son sacrifice qui guérit tous les hommes du péché leur permet de pouvoir réintégrer la communauté humaine alors que Jésus par sa mort sur la croix est exclu de la communauté humaine.

Seconde possibilité, Jésus ne peut plus accéder aux villes à cause de la personne guérie qui ne lui a pas obéi quand il lui disait de bien respecter les règles édictées par les responsables religieux. En n’obéissant pas aux demandes du Seigneur, le lépreux guéri met Jésus en « délicatesse » avec l’institution, l’empêchant d’entrer dans les villes, donc également dans les synagogues.

Le comportement de cet homme est facilement actualisable. Nombreux sont ceux qui veulent aller à Jésus sans passer par l’Eglise et ses règles, alors qu’elle fut fondée par Lui. Dit autrement, pour eux : Jésus oui, l’institution Eglise non. Je crois en Dieu mais pas besoin de l’Eglise, des curés, etc…

Pourtant dans l’évangile de ce Jésus demande le respect de la procédure juive de validation des guérisons c’est à dire qu’il invite à respecter les médiations humaines. Et en notre temps, c’est encore la même chose, c’est à l’Eglise, aux papes et aux évêques, de dire ce qui est conforme à la foi ou non.

Or, en ce début de XXI° siècle, de nombreux « croyants » réduisent la foi à un donné subjectif : la foi c’est ce que je crois ! Jésus, je le connais et je fais ce que je veux sans ou contre l’avis de l’Eglise ! On appelle cela le règne du relativisme…..cette multiplicité des formes et contenus de la foi au nom d’une liberté donnée par le Christ, empêche une véritable évangélisation qui dépasse la simple affectivité et fait obstacle à l’entrée de Jésus dans le cœur des villes et des gens.

Jamais Jésus n’est dissociable de son Eglise. Le remède au relativisme est donné par Paul : faites-le pour la gloire de Dieu. Ne soyez un obstacle pour personne, ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni pour l’Église de Dieu. Et Paul illustre cela par son propre exemple : sans chercher mon intérêt personnel, je cherche celui de la multitude des hommes, pour qu’ils soient sauvés et il le dit bien fort et invite les autres à faire de même : Imitez-moi, comme moi aussi j’imite le Christ. Ainsi l’Eglise c’est le Christ qui agit dans le monde. Les deux ne font qu’un, comme la tête et le corps ! Et cela se révèle au plus haut point dans l’Eucharistie… En effet, à l’offertoire quand je vous invite à prier en disant prions ensemble, mes frères, au moment d’offrir à Dieu le sacrifice de toute l’Eglise. Vous répondez pour la gloire de Dieu et le Salut du monde.

Remarquez que l’Eucharistie est le sacrifice de toute l’Eglise, c’est à dire du Christ lui-même qui nous donne son Corps et son Sang. Définitivement le Christ et l’Eglise sont inséparables ! À l’offertoire, comme le lépreux, tombons à genoux devant le Seigneur et disons-lui : si tu veux tu peux purifier ma foi et ma vision de l’Eglise. Puisse cette eucharistie faire croître en nous la foi en cette conviction que le Christ et l’Eglise c’est tout un, et augmenter en nos cœurs le désir d’unité et l’amour de l’Eglise. Amen