homélie du 5° dimanche de carême lors du 2nd scrutin de Mégane et Karlos.

Lecture du livre du prophète Ézékiel

Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Je vais ouvrir vos tombeaux
et je vous en ferai remonter,
ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël.
    Vous saurez que Je suis le Seigneur,
quand j’ouvrirai vos tombeaux
et vous en ferai remonter, ô mon peuple !
    Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ;
je vous donnerai le repos sur votre terre.
Alors vous saurez que Je suis le Seigneur :
j’ai parlé et je le ferai. 
– oracle du Seigneur.

 

Quel cadeau pour nous tous et spécialement pour vous, Mégane et Karlos que la prophétie d’Ezéchiel dans la 1° lecture ! Toute l’espérance chrétienne y est résumée : Dieu, par la bouche de son prophète, nous fait trois promesses : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. Trois promesses, donc trois points dans mon homélie ce matin !

1- D’abord le Seigneur ouvrira nos tombeaux. Il existe deux espèces de tombeaux. Il y a le tombeau où chacun de nous reposera, après la mort, en attendant la résurrection, et ceux nombreux qui nous enferment, dès notre vie ici bas, car il n’y a pas besoin d’être mort pour vivre comme un mort! Je voudrais vous entretenir de ces tombeaux que nous nous creusons quotidiennement. St Paul parle dans la seconde lecture de : l’emprise de la chair. La chair, pour st Paul, c’est ce qui fait notre vie ici bas, sa densité etc. l’emprise de la chair, c’est croire qu’il n’y a de vie qu’ici bas. C’est fermer les yeux sur la grande espérance chrétienne qui est la vie éternelle. Nos tombeaux de chair sont donc ceux que nous creusons en cédant à l’esprit du monde et aux tentations de son prince, Satan : c’est à dire vivre de manière individualiste sans voir plus loin que le soin de sa propre personne au risque de relativiser toute valeur, toute règle ; au risque de préférer le plaisir immédiat à la joie éternelle.

Pour dégager l’ouverture de nos tombeaux le Seigneur a offert sa propre vie jusqu’à assumer notre mort. La croix du Christ est comme le pied de biche que Dieu utilise pour ouvrir nos tombeaux.

2- le Seigneur nous fait remonter du tombeau. Si la croix du Christ descelle la pierre du péché qui nous empêchait d’être vraiment libres, maintenant nous devons sortir de nos tombeaux.

Or, c’est par sa résurrection que le Christ a jailli hors de son tombeau. Ainsi il nous fera remonter des nôtres en nous revêtant de sa vie nouvelle, en nous offrant de ressusciter avec lui. Pour sortir de nos tombeaux à la fin des temps il faudra donc l’action du Seigneur, cette action c’est le baptême qui nous revêt de la vie divine! Mais dès ce monde, pour nous sortir de nos tombeaux quotidiens, Il nous faut saisir la main qui nous est tendue. Or la main tendue est celle du Père. Cette main que le Père nous tend, c’est celle de sa miséricorde, celle de son pardon. Chaque fois que nous recevons le pardon du Seigneur, il nous remonte hors de nos tombeaux quotidiens pour vivre de sa vie nouvelle : la vie sobre et simple d’un croyant vivant vraiment de son baptême.

3- le Seigneur nous ramènera sur notre terre. Cette troisième promesse du Seigneur donne sens aux deux premières : Certes, le Seigneur ouvrira nos tombeaux en donnant sa vie sur la croix, plus encore il nous sortira de nos tombeaux en donnant en surabondance son pardon et sa miséricorde, mais s’il fait cela, c’est pour « nous ramener sur la terre d’Israël…. Pour nous installer sur notre terre » ! Or qu’elle est-elle cette terre d’Israël pour nous les chrétiens du 21° siècle ? Cette terre, c’est le cœur même de Dieu ! Nous sommes faits pour vivre d’une relation d’amour avec Dieu ! Notre terre promise, c’est la Jérusalem céleste dont le Christ, l’Agneau de Dieu est la vraie lumière et les saints les citoyens ! La terre où le Seigneur veut nous installer, c’est le Royaume des cieux dont l’Eglise est l’annonce, l’image et la préfiguration !

Frères et sœurs, Mégane et Karlos, dès ici bas, les trois promesses du Seigneur que le prophète Ezéchiel nous transmet sont déjà réalisées : nos tombeaux ont été ouverts par la croix du Christ ; le Seigneur, par le baptême qui nous sauve, nous en a sorti et vous en sortira et l’Eglise, à laquelle notre communauté chrétienne appartient, annonce déjà la terre où Dieu nous installera. C’est bien ces trois promesses que Lazare, l’ami de Jésus, a vécu : Jésus fait enlever la pierre de devant son tombeau, puis il lui dit : « viens-dehors » et il le fait déliez c’est à dire qu’il le libère et enfin, le retour à la vie de Lazare provoque des conversions, et ainsi la communauté des croyants, l’Eglise s’agrandit.

Aujourd’hui encore, et jusqu’à la fin des temps, dans chaque Eucharistie, l’unique Seigneur Jésus Christ donne sa vie pour garder nos tombeaux ouverts, pour nous en sortir et pour nous installer dans notre terre promise, le cœur de son Père ! C’est tout cela que le saint sacrement renferme, c’est tout cela que vous recevrez lors de votre communion à l’autel tout à l’heure ! Alors, quand nous entendons le Seigneur nous dire : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Crois-tu cela ? »  Pourrons-nous, recevant son Corps dans nos mains, lui répondre comme Marthe : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, » ? C’est là tout ce que je vous souhaite, car c’est le seul gage de notre espérance, comme le rappelle st Paul : « si Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi. » belle et sainte montée vers Pâque à tous. Amen