Homélie du 2° dimanche de Pâques

Le 30 avril 2000 lors de la canonisation de Sœur Faustine – Jean-Paul II annonça que : « … dorénavant dans toute l’Eglise, le 2e dimanche de Pâques prendra le nom de Dimanche de LA DIVINE MISERICORDE ». « A l’humanité qui parfois semble perdue et dominée par le pouvoir du mal, de l’égoïsme et de la peur, le Seigneur ressuscité offre le don de son amour qui pardonne, réconcilie, et rouvre l’âme à l’espérance. C’est un amour qui convertit les cœurs et donne la paix. Combien le monde a besoin de comprendre et d’accueillir la miséricorde divine ! » Message posthume de Jean-Paul II (Angélus du 3 avril 2005)…;

évangile selon saint Jean : Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Depuis l’an 2000, le deuxième dimanche de Pâques est désormais la fête de la divine miséricorde, car le Pape Jean Paul II, dès le début de son pontificat a voulu orienter le regard et la foi des croyants vers le l’amour miséricordieux du Père qui rayonne dans le cœur transpercé du Fils. Dès 1980 dans son encyclique, La miséricorde divine (DM) , Jean-Paul II, au N° 7 définit la miséricorde comme : « la dimension indispensable de l’amour; dont elle est le deuxième nom. Elle est en même temps la manière dont l’amour se révèle et se réalise pour s’opposer au mal qui est dans le monde et jusque dans le cœur de l’homme.

La miséricorde est donc à la fois l’autre nom de l’amour divin et le moyen utilisé par Dieu pour venir en aide aux hommes.

Pourtant la miséricorde a mauvaise presse en notre temps, car elle est réduite à ces deux caricatures : la pitié trop facile qui conduit à tout tolérer « par amour »  et la condescendance qui respire le mépris et l’insulte, celle qui regarde l’autre en pensant : « les pauvres, ils en sont encore là ! ». A l’opposé de ces deux caricatures la miséricorde de Dieu est le chemin de l’amour et de l’accueil de l’autre, de tout autre pour le hisser jusque dans les bras de Dieu ! La miséricorde divine n’est ni une tolérance béate et sans exigence…. ni la condescendance méprisante de personnes se croyant déjà parvenues à la sainteté. N’oublions pas que Jésus après avoir accueilli la femme adultère, l’exhorte à ne plus pécher !

Donc la miséricorde nous sauve du péché ! Elle rend à l’homme l’« accès à la plénitude de vie et de sainteté qui vient de Dieu. » (DM 7). La miséricorde est le chemin le plus sûr de la sainteté, le moyen pour exercer au maximum notre vocation baptismale et pour réaliser les paroles du Seigneur dans l’Evangile : À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis.

Mais, soyons clair : notre aptitude à faire miséricorde, découle de notre capacité à recevoir pour nous-mêmes la miséricorde de Dieu qui est donnée principalement par trois des sacrements : le Baptême, l’Eucharistie et la réconciliation. C’est du Christ crucifié qu’ils jaillissent pour nous, car « La croix est comme un toucher de l’amour éternel sur les blessures les plus douloureuses de l’existence terrestre de l’homme(DM8) Ainsi du cœur transpercé du Christ coulent l’eau du baptême qui dissout en nous le péché originel et le sang de l’Eucharistie qui établit en nous, par une communion fréquente ou de désir, le règne du Christ.

On comprend mieux pourquoi Thomas veut alors, dans l’Evangile, mettre « son doigt dans la marque des clous et sa main dans le côté » de Jésus. En quelques sortes il veut pouvoir être sûr que la source de la miséricorde est bien ouverte. Il voulait contempler de ses propres yeux l’océan d’amour qui permet à cette source de ne jamais être à sec ! Peut être avez-vous remarqué que Jésus montre aussi ses plaies aux autres disciples, mais seul Thomas est invité à la foi au-delà des choses visibles ! Il saisit que « Le Christ de Pâques est l’incarnation définitive de la miséricorde, son signe vivant.» (DM 8): Il comprend que le Seigneur s’appelle désormais Miséricorde !

Si Dieu est infiniment miséricordieux, alors à la suite de Thomas et les douze,  nous devons prendre, la route des hommes et prendre notre part dans la mission de l’Eglise: « pour rendre témoignage à la miséricorde de Dieu en la professant tout d’abord comme vérité nécessaire à une vie en harmonie avec la foi, puis en cherchant à l’introduire et à l’incarner dans notre vie ». Pour cela, chacun devra travailler à plus de justice sociale, à plus de reconnaissance de l’autre et à développer la recherche du bien commun.

le pape Jean Paul II affirme que l’Eglise a le droit et le devoir d’implorer la miséricorde divine en face de toutes les formes de mal physique et moral, devant toutes les menaces qui pèsent sur la vie de l’humanité. » (DM12)

Alors chers frères et sœurs, obéissant au pape, au moment d’offrir au Seigneur le sacrifice de toute l’Eglise pour la gloire de Dieu et le salut du monde, reprenons pour nous les paroles du psaume : donne Seigneur, donne le salut, donne Seigneur, donne la victoire. Appelons la miséricorde du Seigneur sur le monde en crise, sur la France, sur nos paroisses, sur les pèlerins qui partent à Lourdes demain, sur les âmes du purgatoire et sur chacune des personnes que nous connaissons et qui souffrent! Amen