homélie du 4° dimanche de Pâques

Des Actes des Apôtres

En ces jours-là, Pierre, rempli de l’Esprit Saint, déclara : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd’hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé. Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant. Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »

En notre époque il se trouve souvent de bonnes âmes qu’on dirait « bien-pensantes » et « catholiquement correcte ! » pour affirmer à qui veut l’entendre que chacun a sa religion et que c’est super comme cela. Certains poussent même à dire que toutes les religions se valent et qu’elles mènent toutes à Dieu ! Ce genre d’affirmation met sur un pied d’égalité le Christ, Mahomet, Bouddha et toutes les divinités hindoues et autres existants sur la terre. On pense se grandir spirituellement en abaissant la personne du Christ ; en méconnaissant qui Il est vraiment. Et ainsi, Celui qui est le Fils éternel de Dieu, ne devient qu’une idée, un symbole, un personnage historique comme un autre. Il est alors perçu comme un pseudo dieu, une pâle copie du sauveur qui ressemblera plus à Che-Guevara ou à Coluche. Et alors il y a un risque pour nous chrétiens de construire une Eglise sans le Christ, de transformer l’Eglise en organisme humanitaire, en une maison de tolérance qui refuse les exigences de la foi. Et derrière ces attitudes se cachent souvent un renoncement à témoigner de sa foi, une peur de s’afficher, d’être catalogué « catho » voir « réac » ou pire « facho ».

Pourtant, il faut remarquer que ce comportement est aux antipodes de celui des premiers chrétiens tels qu’ils nous sont décrit dans les lectures d’aujourd’hui. Ainsi dans la 1° lecture, Saint Pierre affirme de Jésus qu’en nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. De même Jésus dans l’Evangile que nous venons d’entendre dit : J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Le Seigneur l’affirme lui-même : il est celui qui conduira tous les hommes, il est le seul berger d’un unique troupeau qu’il nous faut rassembler de part le monde entier.

Ainsi, L’Evangile n’est pas réservé à quelques uns il est Bonne Nouvelle à proclamer à tous les hommes. Cela fera s’écrier à Paul : malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile !

Voilà pourquoi, dès le jour de pentecôte, pour les apôtres et les premiers disciples, annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus mort et ressuscité pour notre salut, était le fondement de leur mission. Ils n’avaient qu’un seul but : faire connaître le vrai berger à tous les hommes qui n’avaient pas découvert Dieu! Cet acharnement à faire connaître le Christ nous rappelle que la mission de l’Eglise, sa raison d’exister, est de faire connaître par le monde entier le nom du Christ Ressuscité. Car Jésus pour eux comme pour nous je l’espère c’est le salut tout en un. Jésus est le nom qui nous sauve ; Jésus est le corps qui nous nourrit ; Jésus est la valeur sûre pour bâtir notre vie ; Jésus est le rocher inébranlable sur lequel fonder notre foi». Pour copier une publicité célèbre, je dirai que le vrai contrat de confiance, ce n’est pas Darty mais Jésus Christ !

Comme responsable diocésain des vocations, ma conviction est que nous aurons davantage de vocations religieuses et sacerdotales en réaffirmant qu’on ne peut donner sa vie, toute sa vie, qu’en vue de vivre une relation totalement heureuse avec une Personne Unique qui sera le rocher sur lequel construire sa vie. Un jeune donnera sa vie à Celui qui est la Vie même. Il donnera sa vie pour le Christ qui est source de toutes les grâces ; il donnera sa vie pour devenir dispensateur de la vie divine ; il prêtera sa bouche pour prononcer le nom de Jésus car c’est grâce au nom de Jésus le Nazaréen que tout homme peut être guéri !

Alors si parmi vous, ou si dans vos familles un fils, une fille aimerait servir le Seigneur Jésus en lui donnant toute leur vie soutenez-les par vos prières et faites leur lire le message du pape à l’occasion de cette 55ième journée mondiale de prière pour les vocations. Je vous en cite un extrait :

«La joie de l’Evangile, qui nous ouvre à la rencontre avec Dieu et avec les frères, ne peut attendre nos lenteurs et nos paresses ; elle ne nous touche pas si nous restons accoudés à la fenêtre, avec l’excuse de toujours attendre un temps propice ; elle ne s’accomplit pas non plus pour nous si nous n’assumons pas aujourd’hui-même le risque d’un choix. La vocation est aujourd’hui ! La mission chrétienne est pour le présent ! Et chacun de nous est appelé – à la vie laïque dans le mariage, à la vie sacerdotale dans le ministère ordonné, ou à la vie de consécration spéciale – pour devenir témoin du Seigneur, ici et maintenant. » 

Chers amis, pour notre bonheur et notre joie, à la suite de st Vernier, suivons le Christ. Que retentisse notre « oui » à Dieu pour coopérer à son projet d’amour et de salut. Sachons nous aussi, quelque soit le risque que nous courrons, garder vive en nous, comme st Vernier, la présence eucharistique du Christ. Que Nous devenions par notre communion fréquente, de vrais témoins du ressuscité. Amen