homélie du 7° dimanche de Pâques

20180508_115702Évangile de J- C selon saint Jean

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.

Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

Dans l’Evangile que nous venons d’entendre, Jésus prie son Père afin que ses disciples aient en eux sa joie, et qu’ils en soient comblés. La joie, voilà donc le bien suprême à demander et à attendre de Dieu, une joie qui dépasse les épreuves et le plaisir immédiat, une joie qui nous place d’emblée dans l’éternité. Pour goûter et vivre de cette joie-là dès maintenant, le Seigneur émet trois demandes à son Père : 1°/garde mes disciples unis dans ton nom, 2°/ Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, 3°/ Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité : 3 points dans mon homélie.

1°/garde mes disciples unis dans ton nom. Il semble donc qu’il en va de notre relation à Dieu comme de la vie de couple : la joie s’installe et augmente avec la confiance, la foi que l’on a en son conjoint. Pour qu’un couple vive dans la joie il doit s’appuyer sur la fidélité, c’est-à-dire sur l’espérance que son engagement est pour la vie. Pour qu’un chrétien soit divinement joyeux il doit développer sa fidélité au Père et au Christ dans l’espérance de vivre avec eux pour l’éternité. C’est que la fidélité permet à l’amour de s’épanouir totalement en s’ouvrant sans peur à l’autre et en désirant ne faire qu’un avec lui, sans craindre d’être emprisonner par l’autre. C’est cela que st Jean dans la 2° lecture nous fait découvrir : le véritable amour, l’amour de don (l’agapè) permet à Dieu de demeurer en nous et nous en Dieu. Notre joie est parfaite quand nous vivons notre relation à Dieu dans un parfait échange d’amour. Ce n’est pas la crainte de Dieu qui nous rend fidèle, mais l’amour que nous lui portons.

C’est pourquoi au jour de notre baptême nous recevons de Dieu : la foi, l’espérance et l’amour pour vivre unis à lui dans une parfaite fidélité.

2°/ Je ne prie pas pour que tu les retires du monde. Contrairement à ce que proclame le proverbe « pour vivre heureux, vivons cachés », la joie chrétienne naît de l’exposition au monde. Un disciple heureux est un chrétien qui témoigne de l’amour de Dieu dont il vit. Comme le rappelle st jean dans la 2° lecture : l’amour de Dieu demeure dans un cœur qui aime les autres et qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu. Or, au jour de notre baptême, chacun de nous est devenue une demeure de l‘amour de Dieu, comme une humanité de surcroît en laquelle Jésus peut renouveler ses merveilles pour le monde : vous êtes les bras, les mains, le cœur, la bouche de Dieu pour qu’il puisse parler, aimer, servir et porter les hommes de ce temps. Notre joie se trouve donc dans le témoignage public de notre foi, à contre courant des idées de ce monde, fut-ce au risque du martyr. Vivre de la vraie joie exige de la partager avec les autres, en effet, qui, connaissant la source du bonheur, refuserait de la partager et de la faire connaitre à d’autre ?

3°/ Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. Il ne peut y avoir de joie saine dans le relativisme ou l’à peu près. Le Christ l’affirme je suis le chemin, la vérité et la vie. Notre joie de disciple puise donc sa consistance, sa nourriture dans le Christ qui est la Vérité. A cause de cela nous ne devons pas affirmer des choses ou des idées contraires aux enseignements du Christ et de l’Eglise. Car l’Eglise est fondée par Jésus sur les apôtres dont il dit dans l’évangile de ce matin que pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité.» Les Paroles des disciples et de leurs successeurs le pape et les évêques, sont habitées en permanence par cette offrande perpétuelle que le Christ fait de lui-même à son Père pour en garantir la véracité. Pour les questions de foi et de mœurs, quand le pape ou les évêques parlent, c’est le Christ qui parle ! Si toute opinion peut être proclamée dans le monde, toute proclamation n’est pas forcément chrétienne ! Nous devons toujours mesurer la catholicité de nos propos à l’aune du Catéchisme de l’Eglise Catholique !

Donc pour être dans la vraie joie : cherchons d’abord à mieux connaître Christ, qui est la vérité, en plongeant dans l’Ecriture et dans l’enseignement de l’Eglise. Ensuite cette quête fera grandir en nous l’amour du Père et la fidélité à son nom. Enfin, nourris du Christ qui est la vérité et fidèles au Père, nous pourrons témoigner de Dieu dans le monde. Pour que cela se réalise pleinement, Jésus a promis l’Esprit Saint qui seul peut nous faire vivre de la vraie joie. Demandons-lui avec insistance, une nouvelle Pentecôte pour les habitants de notre doyenné de Lons. Amen