homélie pour les jeunes le samedi 02 juin

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc

Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? » Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?” Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. » Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque. Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. » Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.

Je ne sais pas vous, mais moi je suis souvent déçus par les paroles tièdes et très policées que j’entends à la télé, lors de débats ou lors de discussion que je partage. Tous les discours sont aujourd’hui formatés et on fait minutieusement attention à ce que l’on va dire, à quel mot employer de peur de blesser, de discriminer, d’être catalogué, de perdre l’amitié ou l’estime des autres. Au moins, il en est un ce soir qui ne dit pas les choses pour plaire ou pour arrondir les angles ! C’est Jésus. Ecoutez plutôt : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. » Pas moyen de détourner ses propos ou des les édulcorer comme on sait si bien le faire. Ce qui devrait toujours nous gêner, nous mettre mal à l’aise, c’est la radicalité de ces paroles ! Jésus donne sa vie en nourriture, son Corps à manger et son sang à boire dans le pain et le vin qu’il offre à ses disciples lors de son dernier repas.

Si ce soir l’Eglise nous invite à fêter le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, c’est pour nous offrir l’opportunité de réfléchir sur la foi, les attitudes de cœurs et les gestes que nous posons quand nous venons communier au Corps du Christ. Donc 3 points dans mon homélie.

1/ d’abord parler de la foi eucharistique. Jésus dit Ceci est mon Corps, mon Sang. Il ne dit pas c’est comme, ou, sa ressemble. Il dit CECI EST : c’est-à-dire que l’Esprit Saint que les prêtres invoquent au moment de consécration, opère un transfert de la substance : en apparence cela reste du pain et du vin (odeur, gout, forme, couleur) mais en profondeur, réellement, substantiellement, c’est le Corps et le Sang du Seigneur Jésus-Christ : c’est la vie divine prête à se donner. L’hostie demeure alors comme le voile qui permet à nos yeux de contempler Dieu sans mourir, c’est une grâce du Seigneur pour nous maintenir en vie devant Lui. Jésus est vraiment et totalement présent devant nous, sur l’autel, dans nos mains ouvertes lorsque nous nous présentons à la communion.

2/ Donc si Il est là vraiment attachons nos cœurs à sa présence. Chaque samedi de st Dé, quand je descends avec l’ostensoir pour le temps d’adoration ; quand je vous rejoins et que je vous vois humblement vous mettre à genoux avec moi devant le Seigneur Jésus réellement présent dans l’Eucharistie, je suis bouleversé intérieurement. Ce fut aussi le cas, plus fort encore, quand à Lourdes, lors de la messe à la grotte le jeudi soir, sortant de la sacristie j’ai vu tous nos jeunes agenouillés devant le st Sacrement. Alors je suis aussi tombé à genoux, j’ai rendu grâce à Dieu pour votre lucidité spirituelle : je percevais que vous saviez que Jésus était là, là pour vous, comme il va l’être tout à l’heure, à la communion et à l’adoration. La bonne attitude du cœur est alors celle d’une grande pauvreté et d’une grande faim : nous sommes des mendiants affamés d’amour vrai, désirant et attendant de Dieu d’être nourris, rassasiés de sa vie, de son Amour. Dieu ne peut se donner qu’à ceux qui ont faim et soif de Lui, qui ont le grand désir de vivre de sa vie de laisser Dieu vivre en eux. Je donne la parole à St Augustin « ce n’est pas seulement la chair d’un homme, c’est la chair d’un Dieu, chair qui a la puissance de rendre l’homme tout divin, en l’enivrant de sa divinité ». Alors laissons nous enivré par la présence de Dieu, laissons sa vie circuler dans nos veines, irriguer de sa divinité et de son immortalité chacune de nos cellules, chacune des parcelles de notre âme.

3/ Il faut donc aussi préparer nos corps à communier. Quand vous prenez votre place dans la procession de communion, gardez-vous de discuter, de  vous distraire, préparez plutôt votre corps à devenir le tabernacle de la grâce, le temple du Christ. Établissez en vous la paix, redites mentalement à Dieu votre joie de recevoir sa vie, d’être irrigués de son amour et, devant le Seigneur, prenez un temps pour vous incliner ou vous agenouiller avant de communier. Puis tendez avec respect vos mains qui formeront alors un trône pour votre Dieu, ou ouvrez légèrement la bouche et recevez le plus grand cadeau que Dieu puisse vous faire, sa vie même pour faire de vous des vivants, ses enfants, ses héritiers pour l’éternité.

Frères et sœurs qui allez venir communier tout à l’heure, par l’acte de foi que vous poserez, par l’attitude de cœur que vous adopterez, par les gestes que vous ferez, vous proclamerez que Jésus est là, Dieu véritable offert pour vous diviniser ! Vous serez alors le pain de Dieu dans ce monde, dans notre beau Jura. Je vous invite comme le bon pain à croustiller de charité, de paix et de joie. Amen