homélie du 24° dimanche

Paroisse Saint Crépin les Vignes: Le mot du mois de notre ...Lecture de la lettre de saint Jacques

Mes frères,  si quelqu’un prétend avoir la foi,  sans la mettre en œuvre,  à quoi cela sert-il ?  Sa foi peut-elle le sauver ?  Supposons qu’un frère ou une sœur  n’ait pas de quoi s’habiller,  ni de quoi manger tous les jours ;  si l’un de vous leur dit :  « Allez en paix !  Mettez-vous au chaud,  et mangez à votre faim ! »  sans leur donner le nécessaire pour vivre,  à quoi cela sert-il ?  Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre,  est bel et bien morte.  En revanche, on va dire : « Toi, tu as la foi ;  moi, j’ai les œuvres.  Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ;  moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi. »

Moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi. Par ces quelques mots tirés de la deuxième lecture, l’apôtre saint Jacques rappelle aux catholiques que nous sommes le lien nécessaire qu’il y a entre la foi et les œuvres. Il ne s’agit pas pour l’apôtre de dire que ce sont nos bonnes œuvres qui nous sauvent. Il nous fait seulement remarquer que notre foi doit être incarnée, qu’elle passe par des actes.

Ces paroles de st Jacques signifient donc que la foi que Dieu infuse en nous au jour de notre baptême est à destination des autres, pour les autres. Notre foi exige notre témoignage, elle fait donc de nous des missionnaires. Comme vous me l’entendez souvent dire : « ce que l’on donne à voir donne à croire ».

1/ croire exige d’agir. En effet, un chrétien n’adhère pas à une idée, ne met pas sa foi dans un concept. Il croit en un Dieu personnel, Père Fils et Saint Esprit venu dans le monde vivre et agir parmi les hommes. Et en cela la question de Jésus à Pierre dans l’évangile est importante : Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? Il ne s’agit pas pour Pierre, à ce moment précis, de réciter des connaissances sur Dieu mais de dire quelle foi l’anime. A sa suite, avec tous les saints chrétiens de tous les temps nous pouvons redire tu es le Christ. En effet, appuyer sur la foi de st Pierre, nous croyons que Dieu, en Jésus Christ son Fils, est entré en relation avec nous et qu’il nous invite à faire alliance avec lui.

Donc dire « je crois en Dieu » pour un chrétien c’est accepter de faire alliance avec lui, c’est consentir à faire sa volonté c’est à dire de vivre selon le contrat d’union établi entre nous et Lui. Contrat dont les clauses sont les 10 commandements et les 9 béatitudes et que Jésus va encore résumer dans un unique commandement : aimer Dieu de tout son cœur et son prochain comme soi-même. Donc avoir la foi c’est aimer Dieu et son prochain en pensée, en parole et par action ! Cependant il ne s’agit pas de penser, dire et faire n’importe quoi. Et c’est le 2° point !

2/ croire c’est agir comme Jésus. Certains chrétiens, poussés par ce qu’ils croient être de bons sentiments ou le politiquement correct, agissent en contradiction avec les enseignements de l’évangile et de l’Eglise dont le rôle est d’actualiser dans le temps les enseignements de Jésus son époux. Ainsi, croire c’est agir dans ce monde en imitant Jésus qui passait au milieu des hommes en faisant le bien. Faire le Bien ce n’est pas tout accepter et tout tolérer. Faire le bien comme Jésus c’est accueillir toute personne là où elle en est mais en lui disant ce qui est juste de ce qui ne l’est pas, ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas dans son état de vie, dans ses paroles ou ses actes. Jésus n’a jamais laissé quelqu’un dans un état d’erreur ou de péché. Il pardonne les péchés mais invite toujours à la conversion, au changement de vie. Croire c’est donc prendre Jésus comme compagnon de vie. C’est le 3°point.

3/ croire c’est vivre de Jésus, c’est laisser Jésus vivre en nous. Croire c’est agir comme Jésus, c’est laisser Jésus agir à travers nous. Pour cela Il nous a laissé de multiples moyens : sa Parole, son Esprit Saint et 7 sacrements ! Croire pour un chrétien catholique c’est donc méditer l’écriture (ateliers bibliques), invoquer l’Esprit Saint et le laisser diriger nos vies (préparation à la confirmation) et enfin vivre une vie sacramentelle régulière. En effet, pour pratiquer l’amour de Dieu et du prochain, il faut d’abord en être nourri soi-même. Or c’est dans l’Ecriture et les sacrements que Dieu donne sa vie, que Dieu fait une alliance d’amour avec nous pour que nous puissions à notre tour, et comme lui, aimer les hommes, tous les hommes. Laisser vivre Jésus en nous, c’est donc recevoir régulièrement sa vie en nous. En cela nous sommes persuadés que, en communiant ensemble le dimanche nous formons le corps de l’amour qui œuvre le reste de la semaine dans le monde. Quand j’ai fait le plein du Christ le dimanche, je deviens le bon pain que Dieu donne en nourriture au monde : pain de justice, de paix, de partage et de joie.

4/ conclusion : A un journaliste qui demandait à mère Teresa ce qu’il fallait changer en premier dans l’Eglise, elle répondit pleine de sagesse : VOUS et MOI. Ainsi pour évangéliser le monde, il faut d’abord évangéliser notre propre vie, car le premier Evangile que les personnes liront et apprécieront c’est notre vie vécue dans l’amour de Dieu et l’obéissance à sa volonté. Nos actions doivent sans cesse montrer et proposer ce qui humanise vraiment l’homme ; redire que l’homme est pleinement lui-même quand il est tout entier tourné vers Dieu, livré à Lui.

Alors, aujourd’hui encore, communions avec foi au sacrement de l’Eucharistie. Car le Seigneur Jésus nous y donne, par son Corps consommé, les moyens et les grâces nécessaires pour Le servir et l’aimer lui et tous nos frères humains. Laissez-le ce matin se semer en vous, pour qu’avec le psalmiste vous puissiez dire : «Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants » Amen