homélie du 25° dimanche

Gospel | SimonPotamosÉvangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

Je ne sais pas pour vous, mais moi je n’aime pas beaucoup être pris en défaut, être surpris en train de dire l’inverse de ce que mes convictions me dictent ou d’être attrapé en train de faire l’inverse des résolutions que j’avais prises. Et bien c’est exactement cela qui arrive aux disciples dans l’évangile, quand Jésus leur pose une question toute simple : De quoi discutiez-vous en chemin ? Les disciples sont bien embarrassés pour répondre, d’ailleurs nous dit l’évangile : Ils se taisaient. C’est qu’ils sont pris en défaut par Jésus. En effet, ses amis qui marchent avec lui, qui partagent sa vie dans la simplicité, la joie et la fraternité sont pris en défaut d’orgueil car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. Vous avez beau être disciples, et nous le sommes à la suite des 12 amis de Jésus, l’esprit du monde et ses tentations nous attendent au tournant pour nous faire chuter sur le chemin de sainteté que nous empruntons. Il est toujours un esprit malin pour susurrer à nos oreilles d’adultes que dans la communauté, dans la société, dans la famille, nous pourrions aussi exercer un pouvoir, une influence qui flatterait notre égo et nous ferait bien voir des autres. Ou un diablotin, pour proposer aux plus jeunes de jouer « les caïds » les petits chefs ou encore les clowns pour se faire remarquer lors des séances de caté, dans les groupes de servants de messe, à l’école, aux scouts, etc.

Or la place que nous tenons dans l’Eglise ou dans la société, ne doit pas servir notre gloire mais celle de Dieu. Et Dieu trouve sa gloire en nous quand nous nous retenons de dire ou de faire des choses inconvenantes et que nous agissons en vue de faire grandir les autres en sainteté. Cela nous permet de redécouvrir que vivre en chrétien n’est pas facile mais que c’est possible. Pour nous y aider Jésus nous donne 3 conseils dans l’évangile (laisser parler les enfants) : 1/ se considérer comme le dernier. 2 / se faire le serviteur de tous. 3/ demeurer dans l’esprit d’enfance.

1/ se considérer comme le dernier. Ne voyez pas là d’abord un geste d’humiliation, mais peut être le plus beau geste d’humilité qui soit. Il s’agit dans un premier temps, dans nos rencontres scouts, nos réunions d’aumônerie, nos groupes de caté, de mettre de côté tout ce que l’on sait, tout ce qui pourrait épater la galerie pour se mettre à l’écoute des autres, pour être comme celui qui attend des autres. Considérer tous les autres comme supérieurs à soi, c’est regarder chacun comme un trésor à découvrir ; c’est permettre aux autres, parfois timides et peu sûrs d’eux de dévoiler leurs talents et de les partager aux autres et d’en être enrichis. Se faire le dernier c’est dire aux autres j’ai besoin de toi ! Et le Seigneur Jésus lui-même permettait à chaque homme qu’il rencontrait d’exprimer le meilleur de lui-même et de se mettre au service des autres.

2/ se faire le serviteur de tous. Certes il s’agit d’aider les autres à révéler toutes leurs richesses, mais il faut aussi partager les nôtres. Mettre tout ce que nous sommes et savons faire au service des autres pour les aider à devenir saint. Nous n’avons pas à cacher nos connaissances, nos savoir-faire, ni notre intelligence, mais à les mettre à disposition des autres. Nous n’avons de véritables richesses que partagées avec les autres, n’est-ce pas là entre autre l’esprit scout ? C’est que notre vie n’a de sens que vécue au sein d’une communauté, comme des frères et sœurs qui s’entraident et se soutiennent. Alors demandons-nous si c’est ainsi que nous vivons dans la communauté chrétienne ?

3/ demeurer dans l’esprit d’enfance. Quand nous regardons un enfant, plusieurs choses nous viennent à l’esprit (demander aux enfants de dire la différence entre un adulte et eux.) : ils sont simples quand ils vont à la rencontre des autres : la couleur de peau n’a pas d’importance, ni le niveau de richesse des parents, ils sont sans apriori et ouverts à la rencontre de l’autre tel qu’il est. De plus un enfant est toujours dans une relation de besoin avec les autres : il attend de la tendresse de ses parents, il a besoin d’eux pour être protégé, nourri et éduqué. Il est en attente et en confiance vis-à-vis de l’adulte. Et c’est ainsi que Jésus nous demande d’être avec les autres, comme des enfants. Agir avec l’esprit d’enfance ne veut pas dire faire des enfantillages, mais conserver cette spontanéité et cette fraicheur dans les relations aux autres. Garder l’esprit d’enfance avec les autres c’est comme prendre la dernière place, comme se mettre au service des autres.

Alors grands et petits, adultes et enfants choisissons de vivre cette année pastorale ainsi, en regardant chacun de ceux que nous verrons comme un trésor à découvrir, comme un frère, une soeur à servir pour grandir ensemble en sainteté. Amen