homélie du 02 novembre à l’occasion de la messe pour les fidèles défunts.

Pourquoi Dieu infiniment bon a t'il créé des êtres ...Hier, avec toute l’Eglise en fête nous avons célébré la sainteté des élus de Dieu dont la qualité première est la joie de vivre selon l’enseignement du Christ dans l’Evangile. Ce programme de vie, de joie véritable, loin d’être réservé à quelques uns a été le commun de tant de personnes que St Jean dans l’Apocalypse nous écrit qu’au ciel il y a une foule innombrable d’amis de Dieu que nul ne peut compter. Dans cette foule joyeuse qui célèbre sans fin le Dieu trois fois Saint il y a évidemment tous les saints que notre Mère l’Eglise nous donne en exemple ; mais il y a aussi la foules des anonymes, ces saints connus de Dieu seul  et qui sont nos aïeux, nos ancêtres, nos grands-parents, nos oncles et tantes, nos enfants aussi : la simplicité et l’honnêteté de leur vie, la fidélité à la foi et à l’Eglise, leur amour du prochain et leur piété filiale ont fait d’eux cette foule immense. Leur gloire éternelle et aussi notre espérance, car les promesses du Christ sont pour nous ainsi que pour tous nos défunts. Seulement pour certains d’entre eux, comme pour certains d’entre nous, dont je suis, la vie sur terre ne sera peut être pas suffisante pour les préparer totalement à la vie éternelle auprès du Seigneur. Pour ceux-là, une phase supplémentaire d’adaptation, une phase de purification sera nécessaire qu’on appelle le purgatoire.

Il nous faut nous purger de ce qui n’est pas divin en nous, car il faut que ce qui est périssable en nous devienne impérissable ; il faut que ce qui est mortel revête l’immortalité nous rappelle Paul dans la 2° lecture. Notre présence dans cette église aujourd’hui est une conviction de notre foi : nous croyons à la communion des saints et donc que nos prières, comme les intentions de messe que nous donnons, servent au salut de nos défunts autant qu’au nôtre. Chaque messe célébrée, chaque prière méditée avec foi et dévotion, chaque cri de notre cœur qui s’élève vers les oreilles de Dieu est une aide pour tous les nôtres, vivants et morts, à progresser vers la sainteté car rappelle le psaume : Tu combles, à la face du monde, ceux qui ont en toi leur refuge.      

Ce que nous faisons aujourd’hui dans cette église est un grand acte de foi, d’espérance et de charité. Nous posons un acte de foi en croyant que le Christ est ressuscité des morts, nous posons un acte d’espérance en désirant la vie éternelle pour nos défunts et nos familles, nous posons un acte de charité en offrant pour leur salut nos prières, une messe ou des actes d’amour du prochain. Nos offrandes permettent à Dieu d’agir dans le monde sur lequel il déverse les flots de sa grâce, c’est-à-dire toutes les forces dont nous avons besoins pour vivre en ce monde et nous préparer à l’autre.

Ce travail de salut, nous rappelle le Seigneur Jésus dans l’Evangile,  déploie toute son efficacité au plus haut point dans la sainte Eucharistie célébrée et reçue en communion. Jésus le déclare sans détour : Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. L’Eucharistie sème en nous la vie éternelle car elle célèbre la victoire de la vie sur la mort. Chaque fois que nous la célébrons, nous rappelons d’une part le don que Jésus fait de sa vie sur la Croix et nous anticipons le grand banquet pascal dont nous parle Isaïe dans la première lecture. Chaque eucharistie réunit le Ciel et la Terre, elle est le lieu et l’instant où nous sommes, vivants et défunts en communion, dans l’attente de célébrer ensembles, dans la même gloire, la vie sans fin. L’eucharistie est la réalisation de la promesse faite par Isaïe dans la 1° lecture. Chaque messe célébrer rappelle la victoire du Christ sur la mort et notre communion à son Corps affirme que la mort est détruite pour toujours.

Osons donc avec foi, espérance et charité prier pour nos chers défunts, offrir pour eux et célébrer avec eux le sacrifice de la messe, celui de Jésus il y a 2000 ans, le seul qui sauve le monde. Amen