homélie du jour de Noël

Le Verbe s'est fait chair

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. …

Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

… Tous, nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître

Un enfant est né à Bethléem il y a 2000 ans : on ne sait pas quel jour exactement : un enfant couché dans une mangeoire, l’enfant d’une vierge qu’un certain Joseph, charpentier de son état a pris comme épouse. Un enfant contemplé par de pauvres bergers ! Qui aurait pu croire que, 2000 ans après ce banal évènement, on ferait encore mémoire de cette naissance ! Qui aurait parié que la joie de cette naissance envahirait encore les cœurs parfois endurcis des hommes de toutes cultures, langues et nations ?

D’abord toute naissance est un émerveillement, comme la victoire éclatante de la vie. Devant la naissance d’un enfant, devant cette fragilité, cette petitesse, cette si grande pureté, tout homme courbe avec humilité le front et se retrouve comme intimidé quand il la reçoit dans ses bras ! C’est que dans l’enfant qui nait se trouve résumé la gloire perdue de notre état originel et l’espérance de notre éternité.

C’est pour cela que Dieu a choisi de se faire homme en assumant son humanité dès la conception dans le ventre de Marie. Ce processus d’enfantement de Dieu à la réalité humaine provoque chez nous, dans nos cœurs et nos âmes, le même émerveillement, la même contemplation de la grandeur et de la fragilité de la vie humaine! Si Dieu s’est fait homme, combien doit être belle la vie d’un homme, combien doit-elle avoir du prix à ses yeux ! Qu’est-ce que cela a apporté au ce monde que Dieu se fasse petit enfant ? Je répondrai en 4 points, par 4 effets :

1/ Le premier effet de la venue en notre chair du Fils de Dieu est immédiat est tient à son être d’enfant : chacun de nous est invité à retrouver l’enthousiasme et à ressentir une grande joie pour ce beau cadeau qu’est la vie ! Jean dans l’Evangile l’affirme : En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes.

2/ Le deuxième effet de l’incarnation, c’est qu’en se faisant homme, Dieu se rend visible, Dieu se donne à regarder, à contempler. C’est ce que le prophète Isaïe dit à sa façon dans le 1ière lecture : de leurs propres yeux, ils voient le Seigneur qui revient à Sion. C’est évidemment d’abord au peuple juif que Dieu révèle son visage, mais Isaïe va plus loin en affirmant que tous les lointains de la terre ont vu le salut de notre Dieu. Cette révélation de son visage est pour tous les hommes et les femmes de tous les temps, elle est pour nous ce matin ! C’est dans la deuxième lecture qu’on peut lire que cet enfant de la crèche est le rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être. Si Dieu, personne ne l’a jamais vu, en se faisant homme, nous dit Jean dans son prologue, le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. Voilà donc notre destinée : connaître Dieu. Et pour mener à bien ce projet,

3/le troisième effet de l’incarnation est de venir guérir notre humanité du péché qui la défigure, de nous donner les moyens d’être ajustés à Dieu pour saisir et goûter de quel amour nous sommes aimés par notre Créateur ! C’est dans le psaume que cela est le mieux affirmé : Le Seigneur a révélé sa justice aux nations ; il s’est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d’Israël. Pour nous rendre capable de Dieu, il fallait que Dieu restaure l’humanité blessée par le mal et le péché, et cela il ne le pouvait faire que lui seul, le parfaitement pur et innocent ! Enfin libérer et sauver du mal,

4/le quatrième effet de l’incarnation peut se révéler : il s’agit pour Dieu non seulement de nous guérir mais plus encore de nous « adopter » de faire de nous ses enfants. Saint Irénée, évêque de Lyon au II° siècle avait coutume de dire que Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu. C’est cela qu’affirme st Jean dans l’évangile : à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. C’est ce que veut Dieu pour nous, en venant à notre rencontre il nous demande l’aumône de notre foi, c’est-à-dire de le choisir comme Père pour nous donner d’être ses enfants et de pouvoir participer à sa vie divine.

Alors pour ces quatre effets de l’incarnation, pour la joie que nous procure sa venue et sa naissance au milieu de nous, sachons remercier le Seigneur, sachons crier de joie et bondir d’allégresse. Je vous y invite avec les paroles du psaume : Acclamez le Seigneur, terre entière sonnez, chantez, jouez ! Ce matin que tout notre être soit en fête et que la bonne joie de Dieu saisissent toute notre vie et fasse de nous là où nous irons dans la semaine les témoins de la grâce d’être enfants de Dieu ! Amen