les chrétiens partagent aussi autour des thèmes du grand débat…

Après la rencontre du 12 février à Lons, les paroissiens de Saint Pierre-François Néron se sont retrouvés pour dialoguer le 8 Mars 2019, ils nous partagent le fruit de leur débat….

 

grand débat 2

 Quelles sont les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ?

  • La mondialisation subie, la déshumanisation de la société car le monde de la finance prévaut sur l’humain. Ceci provoque désindustrialisation, chômage, pressions sur les travailleurs, qui sont contraints d’accepter des conditions de travail qui se dégradent (« si vous n’êtes pas content, il y en a d’autres qui attendent à la porte ») + affaiblissement des syndicats, donc les petits travailleurs ne sont plus représentés.
  • La cassure entre monde urbain/rural, avec des services publics, des petits commerces (boulangeries, boucheries, cafés…) qui disparaissent + la fracture numérique. Les gens ont de plus en plus de mal pour leurs démarches administratives.
  • Autre conséquence du point précédent : disparition des lieux de rencontre, des lieux de vie et de partage, d’où isolement, solitude des gens qui sortent très peu de chez eux et s’enferment dans l’individualisme (de moins en moins de nouveaux habitants participent à la vie du village : foyer rural…)
  • Sentiment d’injustice de ceux qui peinent à vivre dignement de leur travail, des personnes âgées dont la pension de retraite ne suffit pas pour payer leur séjour en EHPAD », par rapport aux « parachutes dorés » des grands patrons, aux salaires démesurés des joueurs de foot… Une disparité économique de plus en plus grande entre les plus pauvres et les plus riches dans de nombreux pays du monde.
  • Défiance des citoyens à l’égard de la politique au sens large, désengagement politique des citoyens (abstention lors des élections, plus beaucoup de syndiqués, difficultés à trouver des candidats pour les municipales…) suite à toutes les affaires scandaleuses qui affectent tous les partis. Les belles promesses d’Emmanuel Macron ont été suivies de désillusions par l’attitude d’un président qui a trop voulu gouverner seul pour mettre en application ses convictions. Manque de communication, de dialogue pour expliquer les réformes (disparition de l’ISF, de la taxe d’habitation…)
  • Manque de vie spirituelle dans une société de consommation où l’on nous a longtemps fait croire que le bonheur nécessitait d’acheter. Confusion entre : quête du bonheur et recherche du confort, du bien-être.
  • Disparition des repères qui structuraient la société avant : la religion chrétienne, la famille traditionnelle.
  • Hypocrisie des partis politiques qui attisent la violence, sont systématiquement dans la contestation (tant qu’ils ne sont pas au pouvoir !) au lieu d’accepter le dialogue.

Qu’est-ce qui pourrait permettre aux citoyens, dans notre démocratie, de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ?

 Améliorer le fonctionnement de la démocratie, qui est tout de même le moins mauvais des systèmes politiques, en introduisant la proportionnelle pour plus de représentativité, limiter le nombre de mandats, inciter à voter (prise en compte du vote blanc ? obligation de voter ? ou juste mieux inciter à voter ?), attirer davantage de jeunes vers la politique…

  • Rétablir la confiance envers les politiques, en favorisant le contact avec les élus locaux: maires, députés, conseillers départementaux.
  • La notion de centre en politique, de « ni gauche ni droite» est-elle si satisfaisante que cela ?
  • Le président doit renouer avec les corps intermédiaires, pour gouverner de manière plus juste et équilibrée.
  • Les réunions « grand débat » sont positives : elles montrent un président davantage à l’écoute, qui rencontre les maires.
  • Rôle capitale de l’école avec une co-éducation parents/enseignants.
  • Donner l’impression que les décisions sont plus réfléchies et expliquer davantage les décisions prises, faire de la pédagogie (suppression ISF, taxe d’habitation…).
  • Redonner du pouvoir aux régions et aux municipalités au lieu de tout centraliser.
  • Accepter les « compromis » en comprenant que chacun ne peut pas obtenir tout ce qu’il demande

Quels sont les lieux ou les corps intermédiaires qui favoriseraient cette participation ?

  • les Associations: le tissu associatif français est particulièrement développé et il permet aux citoyens de s’insérer dans la vie sociale du pays.
  • Les Syndicats sont en fort recul. Plus forts, ils offriraient aux salariés une meilleure représentation envers leurs patrons.
  • Les Députés, Conseillers départementaux : « on les voit avant les élections, mais plus du tout après ». Nous souhaitons davantage de proximité.
  • Les Maires : avec la création des Communautés de communes, leurs prérogatives ont été rognées et l’intérêt de la fonction est moindre. Peu souhaitent se représenter, vu la difficulté de la tâche…
  • L’école est le lieu privilégié de la socialisation et de l’éducation.
  • Les médias, à condition qu’ils délivrent une information impartiale.

Quel « bien commun » recherché ensemble pourrait fédérer nos concitoyens et les tourner vers l’avenir ?

  • La solidarité, avec pour exemple la Sécurité sociale. Notre Pays serait le champion de l’accompagnement social, mais il reste des actions à entreprendre. Un objectif cité : « qu’il n’y ait plus un seul SDF en France » … sachant qu’il y a 141 000 personnes sans abri dans notre pays.
  • La sécurité des biens et des personnes.
  • La Nous avons la chance de vivre dans un pays en paix.
  • Le respect, vis-à-vis des personnes et du matériel (radars, patrimoine, bâtiments, etc…)
  • Le respect de l’environnement.
  • Nous avons des droits, mais aussi des devoirs
  • L’Évangile nous dit : « Aimez-vous les uns les autres »

 

Quelles raisons d’espérer souhaitez-vous transmettre à vos enfants et petits-enfants ?

  • Un débat s’engage sur l’écologie, plusieurs participants expriment leur angoisse vis-à-vis d’une situation qu’ils jugent très préoccupante notamment en termes d’habitabilité de notre planète. Nous sommes plutôt dans la désespérance ! Néanmoins, quelques pistes plus optimistes sont empruntées :
  • Le dialogue, qui se traduit actuellement par des débats consécutifs à cette crise.
  • L’engagement de très nombreux bénévoles au sein des associations humanitaires, caritatives, sportives ou culturelles.
  • La réaction des jeunes, qui prennent conscience des problèmes de notre société et interpellent les adultes (notamment sur l’état de la planète).
  • Le mélange des civilisations et des idées, qui est un enrichissement.
  • De nombreuses personnes qui changent de vie (retour à la campagne, reconversion professionnelle, même avec perte de salaire, souci de l’environnement et de retrouver du sens).

En conclusion, les 21 personnes présentes ont largement échangé dans une ambiance d’écoute et de fraternité et plusieurs d’entre elles ont exprimé le désir de renouveler l’expérience. Cette rencontre témoigne de la vitalité de notre communauté paroissiale « Saint Pierre-François NERON ». Merci à tous les participants !