méditation du mardi 4° dimanche de Pâques

par le père Christian Panouillot

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Dimanche, 4° Dimanche de Pâques, appelé aussi le Dimanche du Bon Pasteur, la liturgie nous proposait une prière d’ouverture que j’aimerais méditer avec vous aujourd’hui.
Cette prière nommée à juste titre « collecte » en ce sens où le célébrant s’adresse à Dieu au nom de tous les fidèles qui forment l’assemblée. De la sorte, la prière de l’Église devient notre prière, en communion à toutes les eucharisties célébrées dans le diocèse et dans le monde.
Dieu éternel et tout-puissant,
guide-nous jusqu’au bonheur du ciel ;
Que le troupeau parvienne, malgré sa faiblesse,
là où son Pasteur est entré victorieux. Lui qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. R/ Amen.
Souvent les collectes de la messe sont très belles. Le Pape François avait rappelé dernièrement que nous prenions le temps de faire un temps de silence avant de la prononcer, afin qu’elle raisonne encore mieux dans tous les coeurs.
Je dois à un moine de l’abbaye de Kergonan de prêter attention à nos collectes, et il accordait aux retraitants, un temps avant la messe de nous expliquer les prières (collectes, prière sur les offrandes, et la prière après la communion) afin que nous puissions entrer d’avantage dans l’esprit de ce que l’Église propose.
En ce temps de Pâques l’Église s’adresse au Père, comme Jésus l’a enseigné à ses apôtres. « Quand vous priez dites Notre Père ». Souvent donc les collectes sont des oraisons qui s’adressent au Père, première personne de la sainte Trinité.
La toute-puissance de Dieu le Père, est le premier énoncé du Credo. Le chrétien reconnaît que Dieu existe avant toute chose. Nous adorons également sa Sainteté, sa transcendance ineffable : Il est l’Absolu. Il se désigne sous l’appellation :  « JE SUIS ».  Il est l’Éternel, l’Immuable, « chez qui n’existe aucun changement ni l’ombre d’une variation » (Jc 1, 17). Et cependant, il est le « Dieu vivant », « en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Ac 17, 28). Sagesse infinie, volonté toute-puissante, « Dieu est Esprit » (Jn 4, 24). Invisible, « il habite une lumière inaccessible ; nul homme ne l’a vu ni ne peut le voir » (I Tm 6, 16). Sa puissance de vie fut manifestée par la résurrection de son Fils.

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Nous demandons au Père, principe de Vie, de nous conduire durant notre vie sur la terre, le coeur tourné vers le bonheur du Ciel. C’est le désir même de Dieu que ses enfants participent au bonheur éternel. Nous sommes créés pour partager ce bonheur d’être en pleine communion avec le Seigneur, « Je suis descendu du Ciel, non pour faire la volonté, mais pour faire ma volonté de celui qui m’a envoyé. Or la volonté de celui qui m’a envoyé c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donné, mais que je les ressuscite au dernier jour. Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn 6,35-40)
C’est aussi le vœux du Fils qu’aucun de nous ne soit perdu. Au soir de son Ascension il assure à ses disciples qu’il va nous préparer une place et que là où il sera, nous serons aussi. (Jn 14,1-2)
Le bonheur du Ciel n’est pas seulement le désir du Seigneur à notre égard. Il est aussi l’expression de notre désir. Savoir vers quelle direction nous allons, nous donne l’énergie de combattre les penchants mauvais, nos faiblesses. Loin de nous décourager sur nous même, nous sommes conviés à mettre notre espérance en la force du Dieu. C’est son amour qui nous tient dans les épreuves que nous traversons. Il nous donne aussi l’espérance qu’après cette vie, notre vie s’épanouira dans la vie Éternelle de Dieu, notre âme ira rejoindre le cortège des éternels vivants.

Jésus ressuscité, victorieux de la mort est bien le bon Pasteur, c’est lui qui est à la tête de son Eglise en marche vers le royaume du Ciel.
L’homme est un être qui cherche, et la plus grande de ses recherches est celle de Dieu. Or, ainsi que l’écrit le Pape Benoît XVI dans une très belle lettre adressée aux évêques de l’Église catholique, : « A ce moment de notre histoire, le vrai problème c’est que Dieu semble disparaître de l’horizon des hommes, et tandis que s’éteint la lumière provenant de Dieu, l’humanité manque d’orientation et les effets destructeurs se manifestent toujours plus en son sein ».
Que nous catholiques, nous ne perdions pas la foi en la résurrection du Seigneur Jésus et demeurions dans la ferme espérance d’être dans la pleine communion en Dieu dans sa gloire. « Les pieds bien sur terre, mais le cœur et la tête dans le ciel » comme on dit parfois.