homélie du 19° dimanche ordinaire

Lecture du premier livre des Rois

En ces jours-là, lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et y passa la nuit. Le Seigneur dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. » À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère. Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne.

Évangile de J-C selon saint Matthieu

Portal:Christianity/Selected scripture - WikipediaAussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

 

Il nous arrive souvent de confondre ce que Dieu dit de lui par les miracles qu’Il opère et la rencontre avec Lui. Assister à une manifestation de Dieu ne veut pas dire qu’on le rencontre ! Le peuple juif sauvé de l’esclavage en Egypte a assisté aux merveilles que Dieu fit pour le sauver des mains des Egyptiens et de nombreux ennemis, mais pour rencontrer le Seigneur il devait se rendre à la tente de la rencontre. Dans le secret, Dieu se tenait derrière le voile où était l’arche d’alliance, et chacun pouvait, dans la discrétion et le silence, rencontrer le Seigneur.

De même pour le Christ. Des dizaines de milliers de personnes ont assisté aux miracles de Jésus (multiplication des pains, guérisons, exorcisme, etc.) Mais peu ont eut l’audace de la rencontre, de la rencontre qui change une vie et l’oriente vers le Bien, le Vrai et le Beau.

Le miracle est fait pour être vu de tous, la rencontre est personnelle. Le miracle est extérieur, la rencontre est intérieure. Le miracle interpelle, mais c’est le désire qui permet la rencontre. Désire de Dieu de se faire connaître et désire de l’homme de le rencontrer.

1/ désirer rencontrer le Seigneur qui vient à nous.

Telle est l’expérience d’Elie dans la première lecture. Dieu invite Elie à venir à sa rencontre : « sors et tiens toi sur la montagne devant le Seigneur car il va passer. »  Et le prophète Elie de sa grotte  assiste au déchainement des éléments, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan, ni dans le tremblement de terre, ni dans ce feu. Pourtant tout cela Dieu l’a créé, ce sont des créatures, mais ils ne permettent pas de rencontrer Dieu. Ce n’est pas le déchainement des éléments mais le murmure d’une brise légère qui annonce la présence du Seigneur.

C’est également l’expérience de Pierre dans l’évangile. Les éléments aussi se déchainent, le vent contraire abat de grandes vagues contre la barque des disciples. Et le Seigneur Jésus n’était pas dans la tempête. Mais quand Jésus apparait sur la mer déchainée Pierre s’écrie : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. ». Pierre désire rencontrer le Seigneur qui est venu, vers la fin de la nuit, à sa rencontre en marchant sur les eaux et il quitte les disciples pour le rejoindre.

2/ audaces et dangers dans notre quête.

Rien ne pourra jamais remplacer l’expérience de la rencontre, du cœur à cœur. L’évangile aujourd’hui rappelle deux évidences : d’abord ce que peut produire le désire ardent de celui qui veut rencontrer Dieu. Imaginez frères et sœurs, pour aller à Jésus Pierre va passer par-dessus la barque, il va lui aussi marcher sur les eaux.

Ensuite que cela n’est jamais gagné, que s’est toujours difficile de garder ardent le désir et ferme la volonté quelque soit les vents contraires et la forces des épreuves qui nous assaillent. La mauvaise posture de saint ¨Pierre qui voyant la force du vent, eut peur et, commençait à enfoncer, nous le rappelle.

De fait, une rencontre exige deux présences, et le regard de l’un plongé dans celui de l’autre. Comme celui de Pierre vers Jésus, comme celui des amoureux, comme celui des amis. Et alors l’impossible survient, Pierre marche sur les eaux car son regard plonge dans celui de Jésus. Les amoureux projettent une vie à deux dans le mariage car dans le regard de l’aimé il contemple l’absolu de l’amour donné sans réserve. Les amis savent qu’ils seront toujours là l’un pour l’autre car dans leurs regards ils lisent  la promesse de fidélité et de soutien.

Mais il y a aussi des risques, celui de décrocher son regard quand les choses vont mal quand la peur l’emporte sur la confiance, quand le doute l’emporte sur la foi, quand les évènements du monde interfèrent sur nos choix et nos engagements. C’est Pierre qui détourne son regard du Christ pour le poser sur les vagues déchaînées. Ce sont les amoureux dont les regards sont détournés par la tempête de la routine et des habitudes et qui ne voient dans l’autre que ce qui ne va plus, ce qui agace ou ennuie. Ce sont les amis déçus par une attitude, une parole et qui coupent les ponts.

3/ Seigneur sauve-moi !

Le risque existe, le risque est grand et même inévitable. Alors dans toutes les situations il n’est qu’un cri, qu’une parole. Il n’y a que le cri de Pierre  à Jésus « Seigneur, sauve-moi ! », Sauve mon couple, sauve mon amitié. Pourquoi ? Parce que Jésus répond illico : Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit.  

Dans quelques instants nous allons célébrer l’Eucharistie, alors faites de la communion un moment personnel de rencontre avec Jésus vient jusqu’à vous par son corps et dites lui au plus intime de votre cœur « vraiment tu es le Fils de Dieu. ». Mais si vous doutez, si vous hésitez, si les épreuves sont lourdes et la peur tenace, dites lui « Seigneur sauve moi ! » et aussitôt il vous tendra la main, vous saisira quand vous-même l’accueillerez dans vos mains car « Le seigneur donnera ses bienfaits » Amen