Homélie du 1er Janvier

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc : En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et
ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils
racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent
s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements
et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce
qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. Quand fut arrivé le huitième jour,
celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa
conception
.

En ce premier jour de l’année, ce sont les bergers qui sont mis en avant dans l’évangile du jour. Ce
n’est certainement pas un hasard si l’Eglise nous propose ces pauvres-là comme modèle de vie pour
l’année à venir. En quoi sont-ils des exemples pour nous ? tâchons de le comprendre et l’ayant
compris de les imiter. Pour nous aider je vais reprendre leurs trois actions dans l’Evangile : ils se
hâtèrent d’aller à Bethléem, pour y découvrir Marie Joseph et l’enfant et leur raconter tout ce qu’il
leur avait été annoncé au sujet de cet enfant, puis ils repartirent, glorifiant et louant Dieu.


1- Se hâter d’aller à Bethléem.

Les bergers se dépêchent de prendre la route vers Bethléem. Prévenus par l’ange ils savent que là-
bas un sauveur leur est né ! Et cette Bonne nouvelle leur donne des ailes. Leur désir est tellement
grand d’un changement dans leur vie, leur attente est tellement forte d’une personne qui sera
capable de les aider à grandir et à se bonifier qu’ils partent sans tarder à la recherche de l’enfant.
Avons-nous frères et sœurs le même désir de changer de vie, de la rendre plus conforme à l’évangile
? Qu’attendons-nous du Seigneur Jésus pour l’année qui vient : qu’il nous guide ? qu’il nous fasse
meilleurs ? qu’il nous sauve ? Comme les bergers courrons à la crèche, prenons le temps devant la
représentation du grand mystère de l’Incarnation.


2- Découvrir Marie, Joseph et l’enfant et leur raconter ce qu’il leur avait été annoncé.

Le grand mystère de l’incarnation de Dieu se laisse saisir en contemplant la Sainte Famille. Le salut du
monde est blotti dans les bras de Marie et protégé par Joseph. Jésus par sa fragilité de nourrisson
assure aux bergers que leur petitesse n’est pas un obstacle, mais une condition nécessaire pour
accueillir le salut. J’aime imaginer que Marie, l’humble mère de Dieu a permis aux bergers
émerveillés de prendre son enfant dans leurs bras. Et chacun a pu aussitôt raconter ce qui leur avait
été annoncé au sujet de cet enfant. Passant de bras en bras, le salut se transmettait déjà au monde
en commençant par les plus petits et les plus humbles. Oui Dieu s’est fait petit enfant pour que nous
n’ayons plus jamais à avoir peur de lui, pour que nous puissions nous aussi le prendre dans nos bras.
C’est peut-être cela que Marie retenait et les méditait dans son cœur : le salut se transmet d’humble
en humble comme il le fait encore en notre temps, dans le grand mystère de l’Eucharistie : se livrant
sans défense dans les mains des pécheurs que nous sommes pour nous apporter le salut et nous
nourrir de sa propre vie.
Ce matin encore, comme les bergers sachons à la fois adorer humblement celui qui se donne à nous
et le recevoir aussi simplement que les bergers le firent. Osons implorer Marie et Joseph pour qu’ils
nous apprennent cette humilité-là : sans en être jamais dignes, recevoir le Sauveur du monde dans nos mains, puisque que c’est à nous aujourd’hui qu’il confie sa propre vie, tout aussi offert qu’Il
l’était il y a 2000 ans !

3- Repartir en glorifiant et louant Dieu.

Les Bergers ne restent pas devant le beau spectacle de la crèche. Leurs yeux et leurs oreilles remplis
des merveilles de Dieu, ils repartent. La joie et l’allégresse remplissent leur cœur qui déborde en
louange. Comme j’aimerai que ce soit ainsi que chaque chrétien qui sort de la messe se comporte !
Le trop plein de joie que nous avons reçu doit déborder en direction des autres, de tous nos frères en
humanité.
Dieu qui a pris soin de nous en nous donnant son fils attend qu’à notre tour nous distribuions les
grâces que nous avons reçues, prenant soin à notre tour des autres comme nous y invite le pape
dans la conclusion de son message en cette 54° journée mondiale de prière pour la paix :
« Tous ensemble, collaborons pour avancer vers un nouvel horizon d’amour et de paix, de fraternité
et de solidarité, de soutien mutuel et d’accueil réciproque. Ne cédons pas à la tentation de nous
désintéresser des autres, spécialement des plus faibles, ne nous habituons pas à détourner le regard,
mais engageons-nous chaque jour concrètement pour « former une communauté composée de
frères qui s’accueillent réciproquement, en prenant soin les uns des autres » ». Amen