homélie 2° dimanche de carême

Kristi forklaring – Wikipedia

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc : En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts »

Quand il nous faut discerner une décision à prendre ou lorsque nous avons besoin de silence pour nous retrouver nous-même, nous sortons et nous allons marcher par monts et par vaux au milieu de la nature pour nous connecter à l’essentiel, au Seigneur. Cette démarche dans notre beau Jura prend vite la forme d’une ascension car monts et collines sont partout. Pourquoi. C’est que les monts et montagnes sont le lieu des expériences spirituelles et cela pour plusieurs raisons bien évidentes : leur hauteur rapproche de Dieu ; leur ascension est une préparation à la rencontre dont leur sommet est le lieu.

1/ leur hauteur rapproche de Dieu.

Celui qui désire toucher le ciel ou du moins s’en rapprocher grimpe sur une montagne car elle l’en rapproche concrètement. Vous aurez remarqué que dans toutes les religions le plus souvent les sanctuaires, temples et églises sont construits sur les hauteurs. Et d’ailleurs même symboliquement on conseille à celui qui est confronter à un dilemme de prendre de la hauteur. En effet, prendre les choses de haut, c’est les voir d’un autre point de vue, c’est adopter le regard de Dieu. Et pour incarner cette démarche on va gravir une colline proche voir partir en montagne.

Ai-je moi-même près de chez moi cette colline qui serai mon lieu pour accéder à Dieu, à ses conseils ? Autour de Lons les monts et collines ne manquent pas !

2/ leur ascension : une préparation à la rencontre. Avec l’âge ou la condition physique une ascension est un chemin long et difficile. Elle symbolise la volonté tenace dans le désir de l’homme d’aller à Dieu et sa persévérance et son endurance dans ses efforts pour y parvenir. Elle exige de partir avec l’unique nécessaire : Le feu et le bois pour Abraham gravissant le mont Moriah; la croix pour Jésus gravissant le Golgotha.

Et pour nous, quel est notre unique nécessaire, au-delà des bâtons de marche ! De quoi devons-nous nous dépouiller pour la rencontre afin de monter avec le moins possible pour là-haut recevoir le plus possible. Et en même temps qu’avons à prendre absolument que nous voudrions donner à Dieu ?

3/ leur sommet est le lieu de la rencontre. Arrivés au sommet, notre but est atteint la rencontre peut avoir lieu. Elle prend alors plusieurs formes :

– Celle d’une révélation : comme sur le mont Horeb quand Dieu se fit connaître à Moïse, ou dans l’évangile ce matin quand Jésus révèle sa divinité à Pierre, Jacques et Jean. Dieu se dévoile à nous, nous fait saisir sa grandeur et sa majesté. Nous le vivons parfois face à un paysage grandiose qui s’étend devant nous au sommet de notre ascension. Mais aussi, quand fermant nos yeux nous sentons le Seigneur se déployer en nous. J’ai vécu cela bien des fois dans le Haut-Jura ou encore à Bornay au monument de St P-F Néron.

– celle d’une Alliance : entre Dieu et ses serviteurs, comme Moïse recevant la Loi au mont Sinaï ou Jésus proclamant les béatitudes sur la montagne.

Et si pendant ce carême, je prenais ma Bible et j’allais en balade me poser sur les hauteurs de Lons pour y relire ces récits ou d’autres comme les chapitres 5 à 7 de Mathieu ?

– celle de l’offrande : offrande qu’Abraham consentit à faire en sacrifiant Isaac son fils ; offrande sur la croix consentie par le Père de son Fils Jésus au mont Golgotha.

Sommes-nous prêts comme Abraham et Jésus à offrir ce que nous avons de plus cher à Dieu ? D’autant que nous savons que Dieu pourvoit toujours, il dispose le bouc contre le sacrifice d’Isaac, il ressuscite son Fils offert par amour pour le salut du monde. Sommes-nous prêts à nous donner tout à Lui pour que tout de nous soit habité par Lui ?

Frères et sœurs, demeurer sur les hauteurs, saisis tout entier par le Seigneur à qui nous offrons notre vie est aussi un risque, une tentation à laquelle st Pierre succomba quand en pleine expérience de la transfiguration il s’écria : « il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie ». Tentation que j’eu moi-même car je reviens de retraite au carmel de Flavignerot : demeurer dans le silence imprégné de la prière des sœurs et à l’écoute du Seigneur. Tout à Lui certes, mais tout pour vous !

En effet, toujours il faudra à l’homme descendre de la montagne et revenir dans la réalité d’en bas afin de résoudre son problème, d’exécuter sa décision ou d’y témoigner aux autres de ce que Dieu a fait connaître de lui pour ce qu’il a transfiguré en nous. Oui, sur la montagne il a imprimé en nous sa lumineuse présence pour que nous le fassions connaître et aimer, même si les mots que nous dirons seront toujours en deçà de notre expérience. 

Pour désirer monter à nouveau au plus près du Seigneur Jésus et conserver en nous sa Présence, il a institué l’Eucharistie. Dans le Pain consacré nous Le contemplons transfiguré puis nous nous nourrissons de sa Vie. C’est là l’unique nécessaire pour préparer, au jour connu de lui seul, notre dernière Ascension vers la plénitude de la Vie dans la Jérusalem céleste. Comme l’affirme Paul aux Romains, avec Jésus, Dieu nous a tout donné, alors recevons-le humblement. Amen